Réunion de la Commission «PV» de la FRSEA Bourgogne
Attention aux taux de protéïnes sur un marché export très concurrentiel
Vendredi 22 mai, au siège du Crédit agricole Champagne Bourgogne, à Dijon, la Commission Productions végétales de la FRSEA Bourgogne, s’est réunie autour de François Gâtel, le directeur de France Export Céréales, qui a dressé le bilan des exportations françaises sur les marchés internationaux. Un résultat en trompe-l’oeil...
Vingt cinq à trente professionnels de toute la région ont écouté le directeur de l’organisme de promotion et d’accompagnement des céréales françaises à l’export, brosser un tableau en demi-teinte. Certes, la campagne 2014-2015 n’a pas été catastrophique, d’un point de vue des marchés étrangers de la France, mais c’est un résultat un peu artificiel. Selon François Gâtel, la parité euro/dollar et la baisse des prix du pétrole a encouragé un certain nombre d’acheteurs inhabituels, tels la Chine, à se procurer du blé français. Mais ces opportunités de marché ne doivent pas masquer une certaine artificialisation du bilan, qui est en repli sur des marchés Pays tiers plus traditionnels. Ainsi, le Maghreb, l’Egypte, des clients qui sont devenus de plus en plus exigeants sur la qualité et le service qui leur est proposé, font-ils appel de plus en plus à des livreurs plus diversifiés, tels que la Russie ou l’Ukraine. Les marchés sont à la fois de plus en plus concurrentiels et de moins en moins captifs. «C’est passé cette année grâce à la Chine mais nous devons faire attention pour l’avenir vers nos débouchés aux portes de chez nous» résumait Benoît Mathé, le président de la section Grandes cultures de la FDSEA58, à l’issue de la réunion. Ce n’est pas anodin : l’export représente 50% des débouchés du blé français. Et, «contrairement à l’Europe ou le blé panifiable sert à une alimentation de plaisir, il rentre directement dans l’alimentation de base traditionnelle, beaucoup moins diversifiée, des pays du Maghreb, d’Afrique ou du Moyen-Orient, pour lesquels c’est une nécessité» a-t-il retenu. Même si la nature des contrats de livraison divergent d’un pays à l’autre, selon que les organismes de commercialisation français aient affaire à des États (comme l’Egypte) ou à des organismes privés (comme au Maghreb), la raison de la lente érosion tient à un critère-clé : la qualité...
Taux de protéïnes «moins généreux»
Selon Sandrine Vatinel, l’animatrice icaunaise de la FDSEA 89, François Gâtel a exposé les conditions d’une qualité devenue variable d’ajustement des contrats commerciaux à l’export. Si l’humidité du blé français peut poser problème aux clients egyptiens, si le taux de gluten a son importance, si le Poids spécifique fait aussi partie des exigences commerciales (le PS du blé français se dégrade depuis une dizaine d’années en France), la principale difficulté réside dans la détérioration progressive du taux de protéïnes. Parce que des blés autour de 10,2% sont beaucoup moins facilement panifiables que ceux autour de 13, la France se heurte à un avantage compétitif de pays producteurs plus «généreux», comme la Russie ou l’Ukraine, qui, s’ils respectent les mêmes cahiers des charges, peuvent «ajouter un petit bonus gratuitement» selon Benoît Mathé. «Même s’il n’est pas nécessaire d’atteindre 13 pour pouvoir faire du pain, les acheteurs sont sensibles à ces petits plus que d’autres opérateurs peuvent leur offrir sur un marché ouvert» synthétise Sandrine Vatinel.
Le directeur de France Export Céréales a d’ailleurs lui-même insisté sur la nécessité de produire un blé à au moins 11,5% de protéïnes. La capacité meunière, qui passe aussi par les temps de chute de Hagberg, dont on a beaucoup entendu parler l’été dernier, sert donc de référence sur une offre et une demande internationale, où les services sont aussi un impératif. De ce côté-là, la France dispose encore d’avantages concurrentiels tant nos organismes commerciaux sont fiables et capables «d’assurer des livraisons à temps et respectant scrupuleusement les cahiers des charges» ajoute Sandrine Vatinel. Ce qui explique aussi que des débouchés comme la Chine se soient ouverts cette année, le frêt, qui est une charge lourde, étant encouragé par une parité euro/dollar et un prix du pétrole beaucoup plus favorables aux exportations.
Taux de protéïnes «moins généreux»
Selon Sandrine Vatinel, l’animatrice icaunaise de la FDSEA 89, François Gâtel a exposé les conditions d’une qualité devenue variable d’ajustement des contrats commerciaux à l’export. Si l’humidité du blé français peut poser problème aux clients egyptiens, si le taux de gluten a son importance, si le Poids spécifique fait aussi partie des exigences commerciales (le PS du blé français se dégrade depuis une dizaine d’années en France), la principale difficulté réside dans la détérioration progressive du taux de protéïnes. Parce que des blés autour de 10,2% sont beaucoup moins facilement panifiables que ceux autour de 13, la France se heurte à un avantage compétitif de pays producteurs plus «généreux», comme la Russie ou l’Ukraine, qui, s’ils respectent les mêmes cahiers des charges, peuvent «ajouter un petit bonus gratuitement» selon Benoît Mathé. «Même s’il n’est pas nécessaire d’atteindre 13 pour pouvoir faire du pain, les acheteurs sont sensibles à ces petits plus que d’autres opérateurs peuvent leur offrir sur un marché ouvert» synthétise Sandrine Vatinel.
Le directeur de France Export Céréales a d’ailleurs lui-même insisté sur la nécessité de produire un blé à au moins 11,5% de protéïnes. La capacité meunière, qui passe aussi par les temps de chute de Hagberg, dont on a beaucoup entendu parler l’été dernier, sert donc de référence sur une offre et une demande internationale, où les services sont aussi un impératif. De ce côté-là, la France dispose encore d’avantages concurrentiels tant nos organismes commerciaux sont fiables et capables «d’assurer des livraisons à temps et respectant scrupuleusement les cahiers des charges» ajoute Sandrine Vatinel. Ce qui explique aussi que des débouchés comme la Chine se soient ouverts cette année, le frêt, qui est une charge lourde, étant encouragé par une parité euro/dollar et un prix du pétrole beaucoup plus favorables aux exportations.