Drainage
Attention aux études préparatoires !
Le drainage suscite l’intérêt et engendre de nombreux projets dans la Nièvre depuis plusieurs années. Cependant, cette technique a ses impératifs à prendre en compte en amont et les études d’avant-projet doivent être réalisées de manière complète et indépendante. Pour ne pas risquer de mauvaises surprises, une fois les travaux réalisés.
Depuis trois ans, ce sont près de 700 ha qui ont fait l’objet de travaux de mise en place de drainage sur des parcelles hydromorphes dans la Nièvre. Depuis 2013, ce regain d’intérêt est motivé par les évolutions de la Pac et l’opportunité de retourner les prairies sans condition restrictive mais, de 2011 à 2013, la justification était liée au prix de vente élevé des céréales et la succession de deux hivers pluvieux accroît encore l’intérêt pour le drainage. Sous la plume de son conseiller hydraulique, Arnaud Vautier, la Chambre d’agriculture de la Nièvre rappelle que les programmes de développement aidés financièrement ont été arrêtés il y a vingt ans mais que, plus que jamais, les projets d’aménagement doivent faire l’objet d’une maîtrise d’oeuvre complète et indépendante.
La technique du drainage ne doit pas se décider à la légère : «c’est une opération foncière lourde engageant les exploitations dans un mode de production et de rentabilité sur le moyen terme» écrit le conseiller, ce qui implique «une attention à la conduite du projet», et notamment dans la Nièvre, «où le contexte est marqué par une forte diversité des sols et du sous-sol et la présence de matériau argileux plastique ou compact difficile à drainer, qui appelle à encore plus de prudence».
Trop de standardisation
Arnaud Vautier pointe du doigt «des mauvaises pratiques en vogue et à hauts risques d’erreurs». Sous prétexte que le drainage est une technique éprouvée, «l’idée générale qu’il serait possible de s’affranchir d’une partie des règles» commence à se répandre dans les campagnes nivernaises.
Et qu’elle semble d’autant «plus vraisemblable qu’elle est partagée par un plus grand nombre». Pourtant, l’ingénieur met en garde : «la simplification et la standardisation des règles de drainage occasionnent des baisses de performances des réseaux!» Par exemple, la pose des drains à une profondeur systématique de 90 cm, y compris en situation de sol de vallée à nappe «où la dynamique de la nappe est à prendre en compte» se rencontre de plus en plus fréquemment. Trop de standardisation, et jusqu’à l’absence d’étude de sol, conduisent «à déterminer l’écartement entre les drains en fonction de l’importance de l’excès d’eau visible à la surface ou constatée sur les cultures. Le raisonnement est alors très incomplet car les causes de l’excès d’eau ne sont pas prises en considération» explique Arnaud Vautier.
Pourtant, ce critère compte autant que les excès d’eau eux-mêmes, surtout que les observations visuelles de surface peuvent s’avérer trompeuses : «une part de l’excès d’eau peut s’exprimer plus profondément dans le sol. Une prairie bien entretenue paraîtra bien moins hydromorphe qu’une prairie dégradée pour un excès d’eau de même intensité» prévient-il. Un autre risque consiste, pour les agriculteurs nivernais, à faire appel à des entreprises qui n’interviennent qu’occasionnellement dans la Nièvre, sollicitées pour faire marcher à plein la concurrence. Or, selon l’ingénieur, «ces entreprises ont souvent une méconnaissance des règles locales et font courir des sanctions administratives ou pénales à leurs clients» si les études préliminaires n’ont pas été réalisées correctement.
Maîtrise d’œuvre indépendante
«Une maîtrise d’oeuvre indépendante est un gage de qualité» souligne le conseiller de la Chambre d’agriculture. «Certains défauts de conception peuvent être masqués par un resserrement des drains. Or, il peut s’avérer plus avantageux pour les entreprise de drainage de rechercher des solutions à fort débit de chantier, offrant certes une meilleure rentabilité à l’ha, mais au détriment du coût final pour l’agriculteur». Et d’assurer les agriculteurs : «recourir à un maître d’oeuvre indépendant permet de garder la liberté de faire jouer la concurrence. Lorsque la conception d’un réseau de drainage est commandée à une entreprise, le décompte métré du plan de drainage appartient à l’entreprise de drainage. Le plan avant-projet est remis en un seul exemplaire à l’agriculteur, qui ne dispose pas des éléments pour demander des devis de travaux à d’autres entreprises... Et le maître d’œuvre, dans ce cas, n’est pas autorisé à transmettre directement ces éléments à l’agriculteur, par le contrat qui le lie à l’entreprise». Et Arnaud Vautier redouble de précautions : «le défaut d’une vraie maîtrise d’oeuvre conduit assez fréquemment à faire endosser ce rôle à l’agriculteur qui, du coup, devient le principal décideur des espacements de drains. En cas de défaut de drainage, les responsabilités ne sont pas clairement établies. Les entreprises prétextent qu’il s’agit de l’expression d’un besoin du client tandis que l’agriculteur met en avant une erreur de l’entreprise». D’où le conseil vigilant adressé aux agriculteurs de faire confiance à un maître d’œuvre indépendant, comme par exemple la Chambre d’agriculture.
La technique du drainage ne doit pas se décider à la légère : «c’est une opération foncière lourde engageant les exploitations dans un mode de production et de rentabilité sur le moyen terme» écrit le conseiller, ce qui implique «une attention à la conduite du projet», et notamment dans la Nièvre, «où le contexte est marqué par une forte diversité des sols et du sous-sol et la présence de matériau argileux plastique ou compact difficile à drainer, qui appelle à encore plus de prudence».
Trop de standardisation
Arnaud Vautier pointe du doigt «des mauvaises pratiques en vogue et à hauts risques d’erreurs». Sous prétexte que le drainage est une technique éprouvée, «l’idée générale qu’il serait possible de s’affranchir d’une partie des règles» commence à se répandre dans les campagnes nivernaises.
Et qu’elle semble d’autant «plus vraisemblable qu’elle est partagée par un plus grand nombre». Pourtant, l’ingénieur met en garde : «la simplification et la standardisation des règles de drainage occasionnent des baisses de performances des réseaux!» Par exemple, la pose des drains à une profondeur systématique de 90 cm, y compris en situation de sol de vallée à nappe «où la dynamique de la nappe est à prendre en compte» se rencontre de plus en plus fréquemment. Trop de standardisation, et jusqu’à l’absence d’étude de sol, conduisent «à déterminer l’écartement entre les drains en fonction de l’importance de l’excès d’eau visible à la surface ou constatée sur les cultures. Le raisonnement est alors très incomplet car les causes de l’excès d’eau ne sont pas prises en considération» explique Arnaud Vautier.
Pourtant, ce critère compte autant que les excès d’eau eux-mêmes, surtout que les observations visuelles de surface peuvent s’avérer trompeuses : «une part de l’excès d’eau peut s’exprimer plus profondément dans le sol. Une prairie bien entretenue paraîtra bien moins hydromorphe qu’une prairie dégradée pour un excès d’eau de même intensité» prévient-il. Un autre risque consiste, pour les agriculteurs nivernais, à faire appel à des entreprises qui n’interviennent qu’occasionnellement dans la Nièvre, sollicitées pour faire marcher à plein la concurrence. Or, selon l’ingénieur, «ces entreprises ont souvent une méconnaissance des règles locales et font courir des sanctions administratives ou pénales à leurs clients» si les études préliminaires n’ont pas été réalisées correctement.
Maîtrise d’œuvre indépendante
«Une maîtrise d’oeuvre indépendante est un gage de qualité» souligne le conseiller de la Chambre d’agriculture. «Certains défauts de conception peuvent être masqués par un resserrement des drains. Or, il peut s’avérer plus avantageux pour les entreprise de drainage de rechercher des solutions à fort débit de chantier, offrant certes une meilleure rentabilité à l’ha, mais au détriment du coût final pour l’agriculteur». Et d’assurer les agriculteurs : «recourir à un maître d’oeuvre indépendant permet de garder la liberté de faire jouer la concurrence. Lorsque la conception d’un réseau de drainage est commandée à une entreprise, le décompte métré du plan de drainage appartient à l’entreprise de drainage. Le plan avant-projet est remis en un seul exemplaire à l’agriculteur, qui ne dispose pas des éléments pour demander des devis de travaux à d’autres entreprises... Et le maître d’œuvre, dans ce cas, n’est pas autorisé à transmettre directement ces éléments à l’agriculteur, par le contrat qui le lie à l’entreprise». Et Arnaud Vautier redouble de précautions : «le défaut d’une vraie maîtrise d’oeuvre conduit assez fréquemment à faire endosser ce rôle à l’agriculteur qui, du coup, devient le principal décideur des espacements de drains. En cas de défaut de drainage, les responsabilités ne sont pas clairement établies. Les entreprises prétextent qu’il s’agit de l’expression d’un besoin du client tandis que l’agriculteur met en avant une erreur de l’entreprise». D’où le conseil vigilant adressé aux agriculteurs de faire confiance à un maître d’œuvre indépendant, comme par exemple la Chambre d’agriculture.
Les éléments essentiels d’une étude technique avant travaux
Grâce à une maîtrise d’oeuvre indépendante, aucune des étapes techniques avant les travaux n’est oubliée. L’étude technique avant travaux, dans l’étude de drainage, est réputée complète si elle contient :
- la vérification du respect de la loi sur l’eau,
- un relevé topographique du modelé de terrain et des éléments singuliers,
- la détermination des réseaux enterrés,
- la vérification des dimensionnements hydrauliques des émissaires du réseau de drainage,
- une étude de sol répondant aux normes,
- la conception du réseau de drainage,
- le récapitulatif linéaire des drains et des collecteurs,
- un mémoire technique explicitant les choix techniques,
- un cahier des charges pour l’entreprise de pose.
Durant la phase de travaux, le rôle du maître d’oeuvre est de s’assurer du respect des préconisations techniques par l’entreprise et d’apporter des solutions techniques lorsque des imprévus surviennent. La maîtrise d’œuvre a également pour finalité d’adapter les choix techniques aux attentes de l’agriculteur, d’offrir à celui-ci une liberté de choix lorsque différentes possibilités techniques peuvent être envisagées et de lui fournir des explications suffisantes pour une bonne compréhension du projet.
- la vérification du respect de la loi sur l’eau,
- un relevé topographique du modelé de terrain et des éléments singuliers,
- la détermination des réseaux enterrés,
- la vérification des dimensionnements hydrauliques des émissaires du réseau de drainage,
- une étude de sol répondant aux normes,
- la conception du réseau de drainage,
- le récapitulatif linéaire des drains et des collecteurs,
- un mémoire technique explicitant les choix techniques,
- un cahier des charges pour l’entreprise de pose.
Durant la phase de travaux, le rôle du maître d’oeuvre est de s’assurer du respect des préconisations techniques par l’entreprise et d’apporter des solutions techniques lorsque des imprévus surviennent. La maîtrise d’œuvre a également pour finalité d’adapter les choix techniques aux attentes de l’agriculteur, d’offrir à celui-ci une liberté de choix lorsque différentes possibilités techniques peuvent être envisagées et de lui fournir des explications suffisantes pour une bonne compréhension du projet.