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Des nouvelles formations du GDS 58

Assimiler la médecine de troupeau et réduire les pertes

Emboitant le pas du GDS du Puy-de-Dôme, qui travaille avec le cabinet vétérinaire M5Vet depuis 2008, le GDS58 vient de tenir deux nouvelles formations, les 10 et 11 avril, consacrées au développement en élevages bovin et ovin. Animées par un vétérinaire expert, Pierre-Emmanuel Radigue, la méthode propose une approche plus précoce et plus globale de la santé des animaux. Un «concept global de prévention» afin de réduire la mortalité.
Par Emmanuel Coulombeix
Assimiler la médecine de troupeau et réduire les pertes
Réfléchir en amont à la logique sanitaire globale du troupeau, comme par exemple l'impact des sols fourragers sur la qualité du colostrum, tel est la clé que se propose de transmettre le cabinet M5Vet.
«Production fourragère et santé des bovins» le 10 avril, «santé des agneaux et gestion des brebis autour de l'€™agnelage» le 11: le Groupement de défense sanitaire de la Nièvre (GDS58) vient de tenir deux nouvelles formations, qu'€™il avait déjà expérimentées en 2012 à Luzy et au Marault, destinées aux éleveurs et aux salariés ainsi qu'€™aux techniciens et aux vétérinaires. 12 stagiaires nivernais le premier jour, 13 le lendemain ont suivi les indications d'€™un expert vétérinaire, le Dr Pierre-Emmanuel Radigue, qui, après des études à l'€™école véterinaire de Lyon et une pratique de terrain durant 17 ans, s'€™est spécialisé dans le concept de «médecine de troupeau» et a co-fondé le cabinet M5Vet en 2009. Sa spécificité, une approche globale de la santé animale reposant sur l'€™observation et la prévention dès l'€™amont du vêlage ou de l'€™agnelage, se veut «pratico-pratique», ne s'€™interdisant rien, ni des vaccins ni des antiparasitaires ou anti-inflammatoires éventuels, mais cherchant à développer la logique globale vertueuse de la santé des troupeaux. De l'€™intérêt des mélanges fourragers à l'€™amélioration des pratiques, de l'€™autonomie en protéines à la qualité du colostrum, de l'€™analyse des sols à l'€™optimisation de la dose de sel...

[INTER]Améliorer sa technicité[inter]
Se partageant entre une activité d'€™audits et des formations, le cabinet M5VET propose aux éleveurs ainsi qu'€™aux différents intervenants techniques de l'€™élevage d'€™améliorer leur technicité. Et çà marche. Depuis 2009 que le GDS du Puy-de-Dôme propose des formations par son biais, 1450 stagiaires se sont formés à «la médecine de troupeau» au cours de 86 formations (dans un catalogue qui compte une vingtaine de thématiques) et 5MV ­et intervient
désormais aussi auprès des GDS d'€™une dizaine de départements. Boîteries, mammites et santé des bovins, des ovins et des chèvres n'€™ont plus de secret pour les professionnels qui ont suivi, avec les experts, la méthode des 5M: «mesurer les performances, montrer les dysfonctionnements, mettre en place des recommandations, maîtriser les procédures, mesurer les effets». Le Dr Radigue n'€™assure aucune activité de soin ou de médecine individuelle. A ce titre, il s'€™interdit toute vente de médicament ou de produit nutritionnel, ce qui lui confère une indépendance recherchée auprès de ses stagiaires. Le cabinet peut, dans le cadre d'€™audits, mais de façon exceptionnelle, établir un ultime rapport d'€™analyse, chez l'€™exploitant, quand tous les niveaux d'€™analyses ont été épuisés devant un problème donné. Le but premier reste de former les éleveurs et les intervenants afin qu'€™ils puissent eux-mêmes identifier «en amont» les sources de difficultés sanitaires pour leurs troupeaux. «C'€™est du développement, de l'€™appui technique. Les éleveurs de la Nièvre ne sont pas moins compétents que ceux du Puy-de-Dôme pour se perfectionner. Ils ont de plus en plus besoin de technicité parce que les troupeaux évoluent en tailles et en performances et qu'€™ils peuvent de moins en moins se permettre de pertes» explique Rodolphe Morizot, le technicien du GDS58.

[INTER]Marges de progrès[inter]
Le point de départ de la réflexion du Groupement nivernais, en 2012, a été [I]«cette marge de progrès»[i] à rechercher. [I]«L'€™éleveur est parfois dans une impasse quand il se plonge dans son quotidien. Or, l'€™équilibre du troupeau tient parfois à très peu: il ne faut rien écarter» [i] insiste-t-il. [I]«Les structures sont telles que les éleveurs ne peuvent plus se permettre de soigner tous les veaux en hiver. Ils n'€™ont plus le temps ni les moyens de financer des traitements pour des veaux malades. Il faut que tout le monde joue le jeu, vétérinaires et salariés inclus, pour faire baisser la mortalité, la morbidité, et de trouver plus de tranquillité»[i]. Sur le plan de la charge de travail comme sur celui de l'€™impact économique, le GDS58 en est convaincu: [I]«le plus gros levier, c'€™est de réduire la mortalité»[i]. Elle est en moyenne de 8,5% à 9% en bovins et de 13,8% en agneaux. « Inacceptable »! La faire baisser à 5% serait déjà un indéniable atout. M5Vet, avec le GDS58, peut donc y aider par son expertise et sa transmission de technicité. Une nouvelle série de formations est prévue dans la Nièvre à l'€™automne 2013.