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Filière bois-forêt

Aprovalbois trace les voies de l’avenir

Le 9ème congrès d'Aprovalbois qui vient de se tenir à Dijon, était consacré pour la troisième fois à l'innovation. Un thème récurrent et pourtant difficile à épuiser, tant les innovations sont au cœur du développement de la filière bois-forêt. En jeu des gains de productivité pour un secteur très concurrentiel soumis à de lourds investissements.
Par Anne-Marie Klein
Aprovalbois trace les voies de l’avenir
Capter les poussières à la source.
Comme l'avait annoncé Jean Philippe Bazot, président d'Aprovalbois, dès l'ouverture de ce 9ème congrès, il y a eu [I]«de quoi s'étonner, surprendre et rêver»[i] pendant ces deux demi-journées axées une fois encore sur le thème de l'innovation. Des puces dans les grumes, des process de plus en plus sophistiqués, des robots intelligents... la filière forêt-bois a bien négocié le virage du XXIème siècle et entre de plein pied dans l'ère numérique. Ces technologies qui bousculent les habitudes représentent d'importants leviers de croissance et de productivité.
Car c'est un fait relevé par le président d'Aprovalbois que [I]«l'innovation a toujours été la solution à toutes les crises, à condition de savoir s'adapter»[i].

[INTER]Un thème transversal[inter]
Pour la troisième fois donc, l'innovation est au cœur des échanges mais, comme le souligne Jean-Philippe Bazot, le sujet est loin d'être épuisé. En 2009, le congrès a exploré les infinies possibilités du bois, en 2011, ce furent les progrès liés à l'organisation du travail, en 2013, Aprovalbois s'intéresse aux outils qui font progresser la filière. Tous les maillons de la chaîne sont concernés, de la forêt à la 2ème et 3éme transformation qui décorent de nos lieux de vie et de travail. Les différentes interventions et les tables-rondes ont témoigné de la transversalité du thème choisi. La robotisation et les outils de coupe améliorent le rendement matière, la maîtrise des poussières garantit la santé et la sécurité des hommes, la lutte contre le bruit aussi, l'imagerie supporte le contrôle qualité.... Ce domaine encore peu exploré de l'imagerie ouvre également un large champ de possibles.
La filière forêt-bois est dynamique et innovante comme en témoigne les différents apports et, comme l'a indiqué François Patriat, président du Conseil régional, elle est aussi bien structurée. Pour bien l'accompagner il faut relever plusieurs challenges: celui de la ressource qu'il faut assurer, celui de la transformation pour conserver la valeur ajoutée et celui de l'innovation, car la différenciation dans un secteur très concurrentiel se fera là, pour la production et pour la transformation. C'est aussi une filière qui demande de gros investissements, ce qui nécessite de concentrer les moyens pour relever les défis posés et conforte comme l'a fait remarquer Jacques Rebillard, vice-président du Conseil régional [I]«dans la nécessité politique d'accompagner une filière d'avenir»[i].

[INTER]15 000 emplois en Bourgogne[inter]
La forêt d'aujourd'hui est indissociable de son passé. On exploite toujours les chênes séculaires plantés par Colbert, s'est plu à rappeler Jean-Philippe Bazot, relevant au passage que les forestiers de ce siècle entendent bien [I]«transmettre davantage encore que ce qu'ils ont reçu»[i]. La filière bois en Bourgogne représente 15 000 emplois directs et plus de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Elle a à son actif des réalisations emblématiques comme la charpente révolutionnaire du stade de Nice, sortie des ateliers de Fargeot Lamellé-Collé en Saône et Loire. Car ce sont bien les entreprises qui portent l'innovation et qui investissent pour assurer le développement du secteur. Ainsi, [I]«Bois et sciages»[i] de Sougy dans la Nièvre, va injecter 13 millions d'euros dans la modernisation d'une ligne de sciage et, dans le Morvan, [I]«Forêts et sciages d'Autun»[i], investit dans la transformation des gros douglas. A la clé,des dizaines d'emplois. Mais le principal défi pour cette filière forêt-bois porteuse d'innovation et bien ancrée dans son territoire, c'est aussi celui de bousculer les habitudes. Jean-Roch Gaillet, directeur de la Draaf s'en ait fait l'écho dans sa conclusion : [I]«il faut oser, emmener les personnels et convaincre les financeurs»[i].

Quatre tables rondes autour de l’innovation

- Robotisation coupe et usinage. L’exploitation forestière est en pleine mutation, en amont des entreprises de transformation, elle doit récolter plus et mieux avec comme objectif prioritaire de réduire son impact sur l’environnement. Améliorer la portance des machines en réduisant leur pression sur le sol, c’est l’une des voies choisies avec des «machines qui fonctionnent comme des araignées d’eau». Il faut aussi attirer les jeunes vers des métiers qui n’ont pas toujours bonne presse. L’informatisation, l’ergonomie des machines peuvent y contribuer. La seule limite à l’innovation dans ce domaine c’est le coût du chantier, pour rester compétitif. - L’homme : santé et compétitivité. Les poussières de bois font l’objet de toutes les attentions dans les ateliers depuis leur classement en 2009 comme particules cancérogènes. Le captage à la source reste le point le plus important, avec des économies d’énergie à la clé quand l’air chaud débarrassé des poussières est réintroduit dans l’atelier. La valorisation des poussières recueillies en granulés bois ouvre aussi de nouveaux débouchés. - De l’arbre à l’habitat : l’ère du numérique. Pour assurer la traçabilité des grumes et rassurer les acheteurs, les puces font leur entrée sur les chantiers, des puces RFID, utilisées aux péages des autoroutes. La plus grande scierie de France, Siat-Braun, en est équipée, ce qui lui permet de suivre ses produits de la forêt jusqu’à l’usine. - L’image : contrôle, classement, simulation. Comment améliorer nos espaces de vie ? La réponse passe par le «Living lab», un concept qui associe les utilisateurs à la création de nouveaux produits ou services. C’est en observant «in situ» les utilisateurs, dans leur cadre de vie ou de travail, que l’on peut comprendre leurs besoins, améliorer les produits ou en créer de mieux adaptés. Ce concept est en devenir, il devrait prochainement bénéficier de l’imagerie virtuelle pour faciliter sa mise en œuvre et le rendre plus accessible.