Méthanisation
Après le solaire, encore un projet collectif innovant à Corbigny
Souvent jugés trop lourds et en manque de rentabilité, les projets de méthanisation à la ferme sont quelque peu délaissés par les agriculteurs (lire Terres de Bourgogne n°1353). Pour autant, des concepts expérimentaux, basés sur le collectif et intégrant des opérateurs-investisseurs, créateurs d’emplois, commencent à apparaître. C’est le cas à Corbigny, où déjà 4 éleveurs ont témoigné de leur intérêt.
Décidément, Corbigny fait figure d’élève modèle en terme de développement des énergies renouvelables. Après le 2è projet collectif photovoltaïque de la semaine passée (lire Terres de Bourgogne n°1352), une réunion s’est tenue lundi 14 décembre au marché au cadran pour étudier les prémices d’un projet collectif de production de biogaz.
Cette idée avait déjà germé dans l’esprit de quelques éleveurs il y a cinq ans, et, en dépit d’une étude de faisabilité, avait avorté en 2013, jugée trop compliquée et pas assez rentable. Plus rien, donc, jusqu’au début de semaine dernière, où les espoirs ont pu renaître. Pilotée par Fabienne Cardot, l’adjointe de la ville de Corbigny - cadre d’EDF, cette nouvelle mouture se veut «innovante et à l’encontre de la tendance au repli de la méthanisation en France», telle que Terres de Bourgogne l’avait indiqué dans ses colonnes la semaine dernière. Là, il s’agit bien de permettre à des agriculteurs de transformer leur fumier en biogaz et de récupérer le digestat pour la fertilisation, mais collectivement et non pas individuellement. «Le principe est très différent de ce dont on parle habituellement. Il ne s’agit pas pour un agriculteur de créer son digestat et de s’endetter mais bien d’investir et de participer à un projet collectif, qui se veut rentable dès le départ», explique l’élue corbigeoise.
La preuve ? C’est que le site serait créé et financé par un opérateur spécialisé, Verdesis, une filiale d’EDF, «qui n’investit que lorsque c’est rentable». L’étude d’opportunité et la pré-étude de faisabilité, réalisée par la société, va dans ce sens. Et les agriculteurs du secteur sont déjà quatre à être convaincus. «Ce sont des éleveurs qui investissent déjà dans le solaire, qui ont entre 35 et 40 ans et qui nous disent : si on n’investit pas maintenant, on ne le fera jamais. Nous sommes confiants dans le développement de valeur ajoutée autour de ces énergies d’origine agricole !»
Rayon de 5-6 km autour de Corbigny
Car tel est bien l’enjeu du projet. «Seul un projet agricole peut recueillir le maximum d’aides de l’Ademe, de la Région et de l’Europe. Et seuls les éleveurs disposent de la matière première nécessaire sur place». Les agriculteurs pourront être soit associés de la future entité, soit seulement apporteurs de fumier sous contrats. En l’état actuel, le projet s’appuie sur un investissement prévisionnel de 3 millions d’euros, avec un retour financier prévu sur 8 ans. Avec un fumier à 25% de MB, il faudrait compter sur 12000 t par an, en voie sèche discontinue, pour produire 330 kWe. «Nous avons mis du temps à trouver un schéma de rentabilité, depuis un an que nous y travaillons, mais aujourd’hui le Crédit agricole nous dit que c’est un bon projet. La Banque publique d’investissement (BPI) nous a donné un accord de principe pour participer au financement». Samedi dernier, lors de la finale cantonale de jugement de bétail, ont d’ailleurs commencé à tenter de convaincre d’autres de leurs collègues, dans un rayon de 5 ou 6 km autour de Corbigny. Cinq autres professionnels se disent potentiellement intéressés. D’autant que la rentabilité s’appuiera sur un site géré par Verdesis, dans un lieu encore inconnu, «ce qui dégagera les agriculteurs de toute contrainte et ce qui, en temps qu’élue, m’intéresse aussi en terme de création d’emplois. Un poste et demi pourraient voir le jour» dit Fabienne Cardot. Et ce n’est pas tout. «Nous sommes en train de voir comment nous pourrions intégrer d’autres intrants plus méthanogènes avec le Sivom et d’autres opérateurs, d’une part, et Dalkia, une autre filiale d’EDF a commencé à étudier un projet parallèle de réseau de chaleur, qui pourrait desservir par exemple les bâtiments communaux, la zone du marché au cadran, l’abbaye, le lycée, et/ou les HLM» et qui renforcerait de fait la rentabilité de l’ensemble. «Nous avons encore beaucoup de travail mais nous avançons. Nous voulons affiner l’approvisionnement, les chiffres et constituer un tour de table avec les quelques éleveurs déjà partants» précise Fabienne Cardot, qui se veut optimiste «car la filiale d’EDF est prêt à investir, ce qu’elle ne fait qu’en rentabilité assurée». Des réunions d’informations publiques devraient suivre les deux premières, «autant qu’il faudra et aussi une visite d’installation existante». Il faudra sans doute beaucoup de communication auprès des Corbigeois, au sujet des infrastructures, «si nous voulons éviter un autre Erscia».
Cette idée avait déjà germé dans l’esprit de quelques éleveurs il y a cinq ans, et, en dépit d’une étude de faisabilité, avait avorté en 2013, jugée trop compliquée et pas assez rentable. Plus rien, donc, jusqu’au début de semaine dernière, où les espoirs ont pu renaître. Pilotée par Fabienne Cardot, l’adjointe de la ville de Corbigny - cadre d’EDF, cette nouvelle mouture se veut «innovante et à l’encontre de la tendance au repli de la méthanisation en France», telle que Terres de Bourgogne l’avait indiqué dans ses colonnes la semaine dernière. Là, il s’agit bien de permettre à des agriculteurs de transformer leur fumier en biogaz et de récupérer le digestat pour la fertilisation, mais collectivement et non pas individuellement. «Le principe est très différent de ce dont on parle habituellement. Il ne s’agit pas pour un agriculteur de créer son digestat et de s’endetter mais bien d’investir et de participer à un projet collectif, qui se veut rentable dès le départ», explique l’élue corbigeoise.
La preuve ? C’est que le site serait créé et financé par un opérateur spécialisé, Verdesis, une filiale d’EDF, «qui n’investit que lorsque c’est rentable». L’étude d’opportunité et la pré-étude de faisabilité, réalisée par la société, va dans ce sens. Et les agriculteurs du secteur sont déjà quatre à être convaincus. «Ce sont des éleveurs qui investissent déjà dans le solaire, qui ont entre 35 et 40 ans et qui nous disent : si on n’investit pas maintenant, on ne le fera jamais. Nous sommes confiants dans le développement de valeur ajoutée autour de ces énergies d’origine agricole !»
Rayon de 5-6 km autour de Corbigny
Car tel est bien l’enjeu du projet. «Seul un projet agricole peut recueillir le maximum d’aides de l’Ademe, de la Région et de l’Europe. Et seuls les éleveurs disposent de la matière première nécessaire sur place». Les agriculteurs pourront être soit associés de la future entité, soit seulement apporteurs de fumier sous contrats. En l’état actuel, le projet s’appuie sur un investissement prévisionnel de 3 millions d’euros, avec un retour financier prévu sur 8 ans. Avec un fumier à 25% de MB, il faudrait compter sur 12000 t par an, en voie sèche discontinue, pour produire 330 kWe. «Nous avons mis du temps à trouver un schéma de rentabilité, depuis un an que nous y travaillons, mais aujourd’hui le Crédit agricole nous dit que c’est un bon projet. La Banque publique d’investissement (BPI) nous a donné un accord de principe pour participer au financement». Samedi dernier, lors de la finale cantonale de jugement de bétail, ont d’ailleurs commencé à tenter de convaincre d’autres de leurs collègues, dans un rayon de 5 ou 6 km autour de Corbigny. Cinq autres professionnels se disent potentiellement intéressés. D’autant que la rentabilité s’appuiera sur un site géré par Verdesis, dans un lieu encore inconnu, «ce qui dégagera les agriculteurs de toute contrainte et ce qui, en temps qu’élue, m’intéresse aussi en terme de création d’emplois. Un poste et demi pourraient voir le jour» dit Fabienne Cardot. Et ce n’est pas tout. «Nous sommes en train de voir comment nous pourrions intégrer d’autres intrants plus méthanogènes avec le Sivom et d’autres opérateurs, d’une part, et Dalkia, une autre filiale d’EDF a commencé à étudier un projet parallèle de réseau de chaleur, qui pourrait desservir par exemple les bâtiments communaux, la zone du marché au cadran, l’abbaye, le lycée, et/ou les HLM» et qui renforcerait de fait la rentabilité de l’ensemble. «Nous avons encore beaucoup de travail mais nous avançons. Nous voulons affiner l’approvisionnement, les chiffres et constituer un tour de table avec les quelques éleveurs déjà partants» précise Fabienne Cardot, qui se veut optimiste «car la filiale d’EDF est prêt à investir, ce qu’elle ne fait qu’en rentabilité assurée». Des réunions d’informations publiques devraient suivre les deux premières, «autant qu’il faudra et aussi une visite d’installation existante». Il faudra sans doute beaucoup de communication auprès des Corbigeois, au sujet des infrastructures, «si nous voulons éviter un autre Erscia».