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Visite ministérielle

Annie Genevard dans le Doubs, pour parler « œufs »

L'enjeu de la reconquête de la souveraineté alimentaire et le rôle des coopératives étaient au cœur de sa visite chez Coquy, de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, le 5 juin, à Flagey, entre Besançon et Pontarlier.

Par Ludovic Barbarossa
Annie Genevard dans le Doubs, pour parler « œufs »
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a visité l'unité de production du site Coquy à Flagey.

Chez Coquy, filière de la coopérative Terre Comtoise, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ne marchait pas sur des œufs ! Elle était plutôt en terrain de connaissance à Flagey, sur ses terres du Doubs. Un déplacement officiel anglé autour du rôle des coopératives dans la reconquête de la souveraineté alimentaire. Et plus particulièrement la filière avicole. « Nous sommes encore 100 % souverains. Mais on dénombre 10 % d'importations supplémentaires chaque année ! On le sait. Les Français aiment les œufs » soulignait Annie Genevard dans son propos introductif devant la profession agricole et un parterre d'élus, après une visite de l'unité de production. Du côté de chez Coquy, on est prêt. Enfin presque. « Aujourd'hui, nous produisons annuellement 82 millions d'œufs avec un objectif de 100 millions en 2027. Nous avons en projet cinq poulaillers de 30 000 poules, pour un investissement de 1,5 à 2 millions d'euros par équipement. On compte sur la loi d'urgence pour lever quelques écueils » indiquait Clément Tisserand, président de Terre Comtoise. 

Valorisation des ovoproduits

Sur sa lancée, il glissait aussi que Coquy avait encore et toujours de la suite dans les idées pour valoriser d'ici la fin d'année les ovoproduits (œufs « déclassés » utilisés par l'industrie agro-alimentaire et la Restauration hors domicile (RHD), notamment pour des raisons de praticité, d'hygiène, de coûts) mais aussi le projet de redonner une seconde vie à un abattoir de la périphérie bisontine. « Nous sommes bien évidemment attentifs au sujet de la comptabilité sociale des bâtiments d'élevage. Mais je tiens à rassurer les Français : on sait faire aujourd'hui des bâtiments bien intégrés, où les effluents d'élevage sont bien gérés, où les animaux sont bien traités. Ce sont des investissements vertueux. On parle ici de poulaillers de 40 000 animaux quand on sait qu'en Ukraine, par exemple, ils en accueillent 1,8 million » rebondissait la ministre. 

Projet global et structurant

Autre coopérative : Franche-Comté Élevage (FCE) qui a pu présenter un projet global structurant déployé autour d'un bâtiment stratégique à Besançon (acquis en 2024) et attenant aux sites de transformation existants. Ces deux activités clés ont été baptisées : Grand export et Gamme été. La première revient à conditionner de façon normalisée certains morceaux (pieds, queues, abats) de bœuf et de porc issus des outils de Besançon et Valdahon. La seconde est en fait la création d'une ligne de production de saucisses, merguez, et brochettes pour conserver la valeur ajoutée et distribuer les produits en région. De quoi satisfaire la ministre qui voit que sur ses terres aussi, on travaille d'arrache-pied à relever le défi de la souveraineté alimentaire.