Allez zou, dehors
Deux jeunes éleveurs de la vallée de l'Ouche évoquent la mise à l'herbe de leurs bovins.
C'est le travail des derniers jours, des jours actuels et même des jours à venir. La mise à l'herbe, c'est en ce moment dans la région. À l'heure où nous écrivons ces lignes, le « pic d'activité » n'était pas encore atteint, il le sera très certainement le jour de la sortie de ce journal. À Chaudenay-la-Ville, Rémy Doyer et ses parents ont commencé à lâcher dès le 20 mars, comme à leurs habitudes. En début de semaine dernière, un tiers des 250 têtes de l'exploitation étaient déjà au grand air. Tout allait très vite s'enchaîner, à tel point que l'opération devrait être terminée ce vendredi 24 avril. « Pour 17 de nos vaches, il n'y a pas eu à les sortir puisqu'elles ont passé l'hiver dehors ! Elles n'ont pas l'air de s'en plaindre. Leur état est supérieur à celles qui étaient en stabulation. Le foin à volonté et surtout les premières pousses d'herbe, leur ont fait du bien », fait remarquer le jeune homme de 20 ans, apprenti en bac pro à la MFR de Pouilly-en-Auxois.
Pour le bien de tous
Ces derniers jours, David, Sarah et Rémy Doyer n'ont cessé de faire des va-et-vient dans leur douzaine de prés. « Il nous faut généralement 10 à 12 jours pour sortir tout le monde. Cela se fait progressivement, selon les catégories d'animaux. Une chose est sûre : les vaches sont bien mieux dehors », ajoute celui qui rejoindra la ferme aussitôt après le bac. Rémy Doyer préfère lui aussi le travail à l'extérieur. « La belle saison reprend, c'est quand même plus sympa que d'être sous les bâtiments… Nos tâches ne sont plus les mêmes : la surveillance demande beaucoup plus de temps, mais le nourrissage est moins important. Du moins, les premiers mois, car une sécheresse peut vite arriver, avec toutes les complications que cela peut engendrer ».
Un hiver délicat
Le futur installé (la création d'un atelier de taurillons est en réflexion) dresse un bilan mitigé de l'hivernage à Chaudenay. « Mitigé, voire un peu compliqué ! Tout d'abord, nous avons beaucoup de retard dans les vêlages. Aujourd'hui (lundi 13 avril, ndlr), nous attendons encore 18 veaux, sur la centaine de vêlages que nous avons chaque hiver. En temps normal, tout est fini ou presque à cette date. Au printemps dernier, nous avions mis 15 vaches échographiées pleines dans un pré : seules cinq d'entre elles ont fait un veau, la FCO était passée par là… Et cet hiver, nous avons perdu 11 veaux, dont 7 à cause de cette même maladie ».
Cap à Bessey
Allons rendre une petite visite à un autre jeune du canton de Bligny-sur-Ouche, Adrien Parigot, salarié sur le Gaec familial à Bessey-en-Chaume : « Pour ma part, j'ai arrêté le BTS à la MFR de Pouilly-en-Auxois en cours de route, j'avais trop envie de travailler ici ! Rejoindre la ferme, c'était signé dès ma naissance… J'ai également un contrat tesa d'une journée par semaine dans une autre exploitation ». Ce jeune homme qui fêtera ses 20 ans ce dimanche nous présente le troupeau dont il est en charge avec Vincent, son père et Frédéric, son oncle : « nous avons 170 vêlages, majoritairement en charolais mais aussi avec des vaches limousines, de plus en plus nombreuses dans le cheptel, environ 20 % aujourd'hui. La mise à l'herbe, nous la débutons généralement autour du 10 avril, mais nous avons pris un peu de retard à cause de travaux de clôtures. Nous avons aussi passé l'épareuse jusqu'à la date limite. Nous sommes aujourd'hui le 13 avril, je pense que les premières bêtes seront lâchées dans quelques jours car la météo s'annonce favorable. Tous les bovins seront au pré autour du 1er mai, sauf la centaine que nous engraissons en bâtiment ».
Également des pépins
Adrien Parigot signale lui aussi des problèmes liés à la FCO : « l'hiver 2024-2025, tout s'était très bien passé chez nous mais là, nous avons trinqué. Il va nous manquer entre 20 et 30 veaux. Il y a tout eu en termes de problèmes : des vaches vides, des avortements, des veaux morts à la naissance ou quelques jours plus tard. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas dans le secteur. Je pense notamment à mon ancien patron qui a 140 vêlages et qui n'est même pas sûr d'arriver à 100 veaux cette année ». Hormis ça, tout va plutôt bien et la mise à l'herbe est vécue par tout le monde comme un « soulagement » : « personnellement, je préfère voir nos bêtes pâturer dans nos prairies ! Et même elles seront bien mieux, elles ont hâte de sortir quand elles voient les rayons du soleil passer par la porte de la stabulation ».