Allez hop, rebelotte
Des représentants de la profession, y compris des membres de la FDSEA et des JA, ont proposé une visite d'exploitation à la nouvelle préfète.
Il faut avoir beaucoup de patience dans le syndicalisme, et ne pas avoir peur de se répéter. Seulement 18 mois après l'arrivée de Paul Mourier à la préfecture, celui-ci est déjà parti et c'est à Violaine Démaret, qu'il faut présenter les contours et les problématiques de l'agriculture côte-d'orienne. Une rencontre en ferme était organisée dans cet objectif le 7 mai à Saint-Julien, dans les locaux de la SARL Agro DFG où, pour l'anecdote, une première rencontre avec la nouvelle directrice de la DDT Manuelle Dupuy s'était déjà déroulée l'an passé. « Nous n'avons guère le choix, il faut à nouveau se prêter à l'exercice au vu de nos futurs travaux, de nos prochaines revendications… », commente Antoine Carré, président de la FDSEA de Côte-d'Or. Celui-ci était accompagné d'autres représentants de la profession : « pour ma part, j'ai ciblé mon intervention sur des points où la préfète a théoriquement la main, c'est-à-dire les administrations. Franck Robine, préfet chez nous entre 2022 et 2024, avait su tenir ses équipes et faisait le taf, il se mouillait dans les dossiers agricoles. C'est le meilleur préfet que j'ai connu, j'espère que Violaine Démaret en fera autant ».
Les messages sont passés
Parmi les dossiers abordés par Antoine Carré, nous en retiendrons trois dans cet article : « il y a tout d'abord l'OFB, avec qui les problèmes continuent malheureusement… Je reçois presque tous les jours des coups de fil d'agriculteurs verbalisés. Un exemple : l'un d'eux a coupé des frênes morts au bord d'une rivière. Pas de bol : ce n'était pas la bonne période pour les couper… L'OFB nous fait croire qu'ils sont dans la discussion, qu'ils veulent arranger le coup… C'est peut-être le cas de leur direction mais sur le terrain, nous n'en voyons pas la couleur et les gars n'en peuvent plus. Ça manque clairement de pédagogie ». Le président de la FDSEA a bien évidemment évoqué la crise céréalière : « nous avons des prix de vente historiquement bas, des charges historiquement hautes et des contraintes environnementales historiquement nombreuses et coûteuses ! La préfète a la main sur plusieurs choses : elle peut lâcher du lest sur ces contraintes, cela permettrait aux agriculteurs de respirer un peu. Ces derniers sont des personnes responsables et non des bandits de l'environnement ». L'élevage et le sanitaire ont également été abordés : « nous sommes en train de perdre un euro du kilo, c'est incroyable… Alors certes, la préfète n'est bien sûr pas en mesure de remonter les cours mais elle a quand même le pouvoir sur la DDPP. Nous voulons que cette administration soit plus souple et comprenne un peu plus les problématiques des éleveurs ».
Une préfète à l'écoute
Organisée par la Chambre d’agriculture et son président Jacques de Loisy, cette visite a réuni l’ensemble des acteurs du territoire : syndicats agricoles (FDSEA, JA, Confédération paysanne, Coordination rurale, syndicat des irrigants), ainsi que Dijon Céréales, CER France, la MSA et le GDS. Tous ont pu partager les réalités et les enjeux majeurs de l’agriculture départementale. Devant les représentants de la profession, la préfète a réaffirmé sa volonté « d’avancer main dans la main » avec les agriculteurs. Elle a salué l’engagement d’Agro DFG, exploitation innovante et en recherche constante de solutions pour répondre aux défis actuels. Parmi les sujets abordés : la nécessité de travailler collectivement à la sécurisation de la ressource en eau, dans un esprit d’usage partagé, mais aussi la tuberculose bovine, qui reste un enjeu sanitaire important. Des pistes doivent être explorées pour les exploitations en zones intermédiaires et éviter de les fragiliser davantage. Les énergies renouvelables sont vues comme un relais de croissance pour les exploitations. La préfète a également entendu les attentes fortes en matière de simplification des normes.