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Journée porte ouverte

Alimenter l'esprit d'innovation…

Le 21 janvier, Lely Center Monéteau, organisait une journée porte ouverte à Sampanges (Gimouille) dans l'exploitation de Valentin Fassier.

Par Chloé Monget
Alimenter l'esprit d'innovation…
Le Lely Vector est la solution qui semblait à Valentin Fassier la plus adaptée à son exploitation, mais il en existe d'autres comme l' Automatic Feeding de Jeantil ou encore le Trimatic WB ou HP Robot de Triolet.

« Au-delà de présenter nos solutions, six fournisseurs de Valentin Fassier sont également présents (Ets Ponge, les JA du canton, la SA des Grivelles, Philicot, Gan, la Chambre d'agriculture de la Nièvre, Alsoni Conseil Élevage, Okwind) » introduit Gaylord Falque, directeur du Lely Center Monéteau (89), lors de la journée porte ouverte organisée à Sampanges (Gimouille), le 21 janvier. Il poursuit : « Pour nous, ce principe de faire de ce moment celui de tous a plusieurs vertus puisqu'il permet la mise à l'honneur de l'exploitant par son implication le jour J, et la mise en lumière des acteurs locaux, avec les partenaires, mais également avec les produits de restauration mis à disposition – dont d'ailleurs l'animation est proposée par les JA du canton. Avec cette implication de tous, chaque porte ouverte que nous organisons revêt une dimension locale ce qui prouve qu'une multinationale peut être attachée aux territoires. En plus, ce procédé nous permet de cibler un thème spécifique, avec ici l'élevage allaitant, détaillé au travers du matériel mais aussi de la technique via la conférence sur l'alimentation. Dans tous les cas, le but reste d'inciter les échanges conviviaux entre professionnels et de favoriser la mixité entre jeunes, moins jeunes, allaitants ou laitiers ; avec une question centrale : Qu'est-ce qu'apporte la machine à l'éleveur ? ».

Le déclic !

Pour répondre à cette question, Valentin Fassier revient 6 ans en arrière : « J'ai commencé à réfléchir à des solutions, et j'ai toujours eu en tête d'orienter mes investissements vers l'automatisation. J'ai notamment investi dans une presse à couteau, ou créé un bâtiment adapté ». Outre cela, il évoque : « Pour moi, la nourriture est un point important pour la réussite du troupeau, mais l'acte de distribution est extrêmement chronophage et peu valorisant. En parallèle, j'ai rencontré un manque de main-d’œuvre et ai dû passer un hiver seul… Je ne voulais plus revivre cela et le déblocage des subventions PCN fin 2024 a terminé de me convaincre de faire cet investissement ». En fonction depuis deux hivers, le Vector a permis à Valentin de modifier son quotidien : « J'aime mon métier car je peux faire plein de choses pour innover en permanence. Sur le terrain le Vector m'a permis d'assouplir l'astreinte de l'alimentation et de me dégager du temps. Autrefois je devais faire un mélange tous les deux jours, soit trois heures alloué à chaque fois, plus deux repousses matin et soir, en plus de la distribution. Ces temps ne pouvaient se compresser ni se décaler. De fait, beaucoup d'autres choses passaient au second plan. Désormais, je passe environ 1 heure pour remplir la cuisine, environ tous les 4 jours (mais cela peut aussi se faire quand on le souhaite, au bout de 2 jours ou de trois). Cette flexibilité et ce temps réduit m'ont permis de me rendre disponible pour d'autres missions comme l'attention porter aux vêlages ou encore le soin aux animaux. De plus, j'ai une plus grande liberté de temps au quotidien, tout en remédiant au manque de main-d’œuvre. En ce qui concerne mon choix de marque, j'ai étudié pas mal de formules proposées sur le marché, et celle-ci s'adaptait le mieux à mon exploitation et mes attentes : un concept simple allié à un tarif attractif ». Pour ce dernier point, il détaille : « Avec un coût global de 210 000 euros, incluant, la machine et les ajustements pour la charpente, la cuisine, et la réfection de l'allée du bâtiment, etc. Au final, 110 000 euros ont été subventionnés (PSN + vente de la mélangeuse), pour le reste j'ai fait un prêt bancaire… ».

Décalage mais but identique

Si pour lui cet investissement est donc passé, il évoque tout de même l'avenir : « À mon sens ce genre de solutions font partie du futur de l'élevage, de plus cela permet au chef d'exploitation ou au salarié de s'investir dans d'autres choses comme la montée en compétences et en ressources ». Mais, il nuance : « Les éleveurs allaitants sont souvent à la traîne par rapport aux laitiers, que ce soit en génétique ou en automatisation. Je le justifie par le fait que notre performance est compliquée à quantifier à la différence des laitiers qui ciblent leur action sur la production de lait. Eux, peuvent voir les performances évoluer rapidement s'ils effectuent des changements. Pour nous, allaitant, la performance est plus difficilement mesurable puisque nous ne sommes pas dans l'obligation d'avoir un suivi de pesée. Sur ce point, et pour avancer, je pense que c'est à nous d'aller la chercher la technicité qui nous fait défaut. Mais, sans volonté de l'exploitant, rien n'évoluera ». De son côté, Gaylord Falque explique : « Le Vector a environ 10 ans mais commence seulement à être connu pour l'élevage allaitant, car les éleveurs s'intéressent de plus en plus à l'automatisation de la distribution de nourriture pour se simplifier le travail tout en se dégageant du temps. Plus globalement, cette automatisation est clairement l'avenir du métier car la nouvelle génération a manifestement envie de liberté en dehors du travail, fait face à un manque criant de main-d’œuvre, dans des exploitations de plus en plus grandes et diversifiées, le tout sans oublier la recherche de productivité. Preuve de cette mouvance, autrefois, pour les exploitations laitières, nous avions des demandes pour 1,8 robot / exploitation. Aujourd'hui, nous avons une dizaine de projets pour 4 à 5 robots / exploitations. Cette volonté de simplification se cumule aussi avec la question environnementale car il y a de plus en plus d'investissements dans des solutions électriques ». Gaylord Falque conclut : « Même si cela fait très longtemps que la data est utilisée par les exploitants, nous sommes presque dans une révolution complète du métier à l'image de ce qui a été fait ici chez Valentin ». Délaisser les tâches rébarbatives pour se concentrer sur une élévation du système tout entier semblait finalement être au cœur de cette journée censée alimenter l'esprit d'innovation de chacun ; l'avenir seul dira si cela a fonctionné.