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Enseignement

Agir sur place

Dans un contexte où le manque de vétérinaires se fait ressentir sur le territoire icaunais, Océane Larcier, étudiante en école vétérinaire crée de l'espoir.

Par Charlotte Sauvignac
Enseignement
Océane Larcier, étudiante en école vétérinaire originaire de l'Yonne.

Originaire de la Fierté-Loupière, Océane Larcier grandit dans une famille où son père est éboueur et sa mère femme de ménage. Après avoir réalisé un stage de troisième au sein d'une pâtisserie, la jeune femme « ressent une déception pour cette filière » et décide de « se recentrer sur elle-même, regrouper les centres d'intérêt qu'elle détient et se rend compte que le métier idéal pour elle, c'est d'être vétérinaire ». Dans un premier temps, elle souhaite à tout prix être « vétérinaire en médecine rurale » car « j'ai toujours eu une attirance pour les plus gros animaux, je suis curieuse de découvrir tout type d'espèce et en canine, on peut vite être restreint. Il y a une motivation sous jacente également, je souhaite soutenir les éleveurs, avec le manque de spécialistes auxquels ils font face et m'engager dans cette voie-là me paraît donc évident ». Sauf que, la réalité la rattrape rapidement, « la médecine rurale n'est pas rentable à ce jour, donc nous sommes obligés de nous diversifier ». En intégrant le lycée Agricole d'Auxerre la Brosse avec un bac PA en 2022 et par la suite un BTS Anabiotec, elle confie que « ce n'est pas un parcours classique, mais cela permet de cumuler de l'expérience dès le plus jeune âge ». Un parcours qui lui confère toutefois « la possibilité la plus élevée d'obtenir le concours vétérinaire ». C'est au cours de la seconde année, qu'elle réalise un dossier scolaire et un second dossier sur le thème « du rôle de l'aromathérapie sur les mammites en productions laitières ». Après quelques mois d'attente, elle passe à l'étape supérieure : l'épreuve écrite avec pour sujet « la biotechnologie alimentaire ». Le sourire aux lèvres, elle confie que parmi les 100 premiers élèves sélectionnés pour la suite, elle était « la 64e ». En juin, c'est l'oral qui a finalisé le concours.

« Le plus dur est passé »

En intégrant la « classe passerelle » qu'elle définirait davantage « comme une remise à niveau », elle déménage donc à Valence, en Rhône-Alpes et « se bat pour les épreuves finales afin d'obtenir un bon classement et pouvoir avoir un bon placement ». Face à cet esprit déterminé, elle obtient une place au sein de l'École Vétérinaire de Lyon, « Vet Agro Sup » où elle entre rapidement dans des matières plus détaillées, comme « de l'anatomie, base morphologique ou encore physiologie ». Passant d'une classe de douze à un amphithéâtre, elle confie « la difficulté par laquelle je suis passée pour m'adapter ». Après quelques mois, elle a déjà réalisé de nombreux stages, comme « au Gaec de Chichery » afin de « comprendre le contexte dans lequels se trouvent les exploitations d'élevage ». Au moment où elle se confie, elle est en stage pendant une semaine au sein de la Clinique Vétérinaire de Saint-Sauveur. « Cela me permet de pratiquer des gestes simples sur le terrain », décrit-elle. Après avoir terminé ses études, elle a la conviction de « retourner dans l'Yonne ». « Pourquoi chercher quand il y a un besoin sur place ? », questionne-t-elle.