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Clôtures et bâtiments

Adapter son exploitation à la mixité des espèces

Réutiliser les bâtiments existants, mutualiser certaines infrastructures ou faire pâturer les deux espèces sur les mêmes parcelles peut offrir de la souplesse et limiter les investissements. Mais cette complémentarité repose sur des aménagements précis. Lors d’un webinaire organisé dans le cadre du projet Accomplir, des spécialistes de l’Institut de l’élevage et de la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire ont détaillé les adaptations nécessaires pour répondre aux besoins des bovins comme des ovins.

Par L. R.
Adapter son exploitation à la mixité des espèces
Réussir
Dans les parcelles bovines, l’efficacité d’une clôture électrique repose sur la configuration des fils, leur hauteur et la qualité de la mise à la terre, condition clé de son efficacité.

« À chaque espèce ses particularités », a rappelé Patrick Massabie, ingénieur bâtiment à l’Institut de l’élevage, lors d’un webinaire consacré à l’évolution des systèmes d’élevage mixtes ovins-bovins (projet Accomplir). Les bovins allaitants disposent généralement d’une aire de couchage et d’une aire d’exercice, complétées par des équipements spécifiques comme les cornadis, les quais d’alimentation ou les cases de vêlage. Les ovins, eux, présentent des besoins bien différents, avec une organisation plus modulable des espaces.

Analyser l’existant pour limiter les coûts d’aménagement

Avant toute transformation, les intervenants insistent sur l’importance d’un diagnostic complet du bâtiment existant. Dimensions, circulation interne, emplacement des portes, état du bardage, réseau d’eau ou ventilation : chaque élément doit être analysé afin d’identifier ce qui peut être conservé et ce qui doit évoluer. Dans de nombreux cas, certaines structures peuvent être maintenues afin de limiter les investissements, comme le sol bétonné ou la fosse à lisier. D’autres éléments doivent en revanche être adaptés, voire supprimés, notamment les chaînes de curage ou certains systèmes d’abreuvement inadaptés aux ovins. Les ouvertures des pignons et des longs pans peuvent également être modifiées pour améliorer la ventilation. Les coûts varient fortement selon le niveau de transformation. Une réhabilitation destinée à 270 brebis représente environ 200 € par tête, contre 110 € dans un projet plus simple. À l’inverse, certaines configurations mixtes peuvent atteindre des niveaux d’investissement bien plus élevés : jusqu’à 330 € par brebis et 1 500 € par vache dans le cas d’un bâtiment utilisé successivement par les deux espèces. Au-delà du budget, les intervenants rappellent un principe essentiel : la capacité réelle d’un bâtiment ne dépend pas uniquement de sa surface. Une aire paillée de 200 m² peut théoriquement accueillir 100 brebis en lactation, mais la longueur d’auge disponible devient parfois le facteur limitant.

Vérifier l’électrification et la mise à la terre des clôtures

L’adaptation des clôtures constitue un second levier essentiel des systèmes mixtes ovins-bovins. Les configurations varient fortement selon le sens de conversion des parcelles, comme l’a détaillé Laurent Solas, conseiller à la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Pour faire pâturer des ovins dans des parcelles initialement destinées aux bovins, plusieurs solutions existent : ajout de fils électriques supplémentaires, installation de trois à quatre fils fixes ou mobiles, ou encore utilisation de filets de contention. En présence de clôtures en barbelés, cinq rangs au minimum sont nécessaires, voire six en cas de présence d’agneaux, avec des espacements réduits sur les parties basses. À l’inverse, lorsque des bovins pâturent dans des parcelles ovines, des adaptations sont également nécessaires. Sur grillage, l’ajout d’un fil électrique ou d’un barbelé à environ 80 cm du sol permet de sécuriser l’ensemble. Pour les jeunes animaux, deux fils positionnés à 43 cm et 80 cm peuvent être requis. La hauteur du fil supérieur doit systématiquement être vérifiée pour garantir l’efficacité du dispositif. Le webinaire a également rappelé les fondamentaux de la clôture électrique. Au-delà du nombre de fils et de leur hauteur, l’efficacité dépend du matériel et de son installation. Les caractéristiques de l’électrificateur doivent être adaptées à la longueur des clôtures et à la végétation. Mais un point reste déterminant : la qualité de la prise de terre, condition indispensable au bon fonctionnement du système.