Accord conclu entre la laiterie Triballat et les producteurs Rians Centre
Alors qu’un accord-cadre entre l’organisation des producteurs Rians Centre et la laiterie Triballat vient d'être signé, à Rians, dans le Cher, le prix du lait de vache est toujours dans la balance. Des producteurs nivernais sont concernés.
Un accord-cadre a été conclu entre l’Organisation des producteurs Rians Centre (OPRC) et la laiterie Triballat, en décembre, afin de fixer les modalités entre les deux parties, fournisseurs et collecteur. Ce document administratif permettra de définir les règles sur la vente du lait. Pour l’instant stables, les prix payés au producteur pourraient être revus à la baisse dès le début de cette année. Suite à la restructuration de l’Association des producteurs de lait du bassin Centre (APLBC) qui devenait trop importante, et afin de répondre à la loi Égalim, les producteurs de lait de vache fournisseurs de l’entreprise Triballat ont créé une nouvelle entité en 2024. L'OPRC regroupe 46 producteurs de 5 départements : le Cher, l’Allier, l’Indre, la Nièvre et le Loiret. Avec cet accord-cadre, qui comporte beaucoup de paramètres, les deux parties répondent aux exigences de la loi. Les négociations sur le prix de base du lait se déroulent tous les trimestres ou tous les mois pour trouver un accord.
Inquiétudes face aux négociations à venir
« La laiterie Triballat a toujours eu des bonnes relations avec ses producteurs depuis des générations donc il n’y a pas d’inquiétude à avoir », ajoute Henri Triballat, directeur de production de l’entreprise. Le prix du lait s’établit en fonction de plusieurs critères. Le calcul du prix de base prend en compte divers indicateurs nationaux en lien avec le niveau de production pour la partie producteur et en lien avec la transformation pour la laiterie de Rians. De quoi l'avenir proche sera-t-il fait ? Si, aujourd’hui, les producteurs sont satisfaits de leur laiterie, le prix de base est équivalent à 450 €/1 000 l, ils s’inquiètent pour les prochaines négociations. La qualité des fourrages cette année et le gain des céréales qu’il est préférable de garder pour l’alimentation des animaux que de vendre sur le marché où les cours sont au plus bas, conduisent à une meilleure qualité et quantité de lait. « D’un côté, notre bassin de production est comparé à celui de la région Normandie, alors que nous n’avons pas les mêmes volumes, et de l'autre nous devons faire face à une production mondiale qui explose. Il ne faudrait pas que le prix amorce une tendance à la baisse alors que nos coûts de production et nos conditions météorologiques ne sont pas les mêmes que les producteurs dans l’Ouest », développe Damien Deneuve, président de l’OPRC. Ce prix de base pourrait varier dans les prochaines semaines. « Il fluctue en fonction de l’offre et de la demande. Nous observons une baisse de la consommation des produits laitiers en France, justifie Henri Triballat. Le prix du lait fait partie des matières premières agricoles, selon la loi Égalim, qui ne peuvent pas être négociées lors des négociations commerciales entre la laiterie et les Grandes et moyennes surfaces (GMS) ». Néanmoins, le président de l’OP rétorque : « le prix de base du lait ne doit pas baisser étant donné que les charges n’ont pas baissé. Si la laiterie n’arrive pas à maintenir le prix du lait sur notre bassin, son avenir dans la région sera compromis. »