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Bien dans ses bottes

À visage découvert

Dix-huit mois après avoir suivi la formation « bien dans ses bottes », Henry Ragon, éleveur de vaches laitières en Puisaye a poursuivi avec des formations complémentaires.

Par Charlotte Sauvignac
Bien dans ses bottes
En ces derniers mois, Henry Ragon confie s'être émancipé et se sentir prêt à avancer, après plusieurs formations "pour aller mieux".

Il y a dix-huit mois, Henry Ragon ouvrait les portes à la formation « bien dans ses bottes » organisée par Jean-Luc Marx et Sandrine Eidelstein. Le sentiment, il le ressent encore. « De nombreux stagiaires se connaissaient, par le biais d'un groupe technique, mais, à ce moment-là, je ne connaissais qu'une seule personne. Dès le premier jour, j'ai vidé mon sac et ça m'a fait tellement de bien », se remémore-t-il. Les questionnements qui tournaient dans sa tête ont été « gérés par Jean-Luc. Il est formé à la questionnologie. C'est-à-dire qu'il pose les bonnes questions au bon moment. La réponse ne l'intéresse pas, c'est le questionnement que ça crée en nous, ce qu'on appelle le fil rouge », se souvient-il. Et dès lors que le formateur trouve le chemin qu'il faut emprunter pour aller mieux, « il tire le fil rouge et nous amène à nous libérer de certains sentiments ». Cette démarche s'intègre dans un travail fait en « collectif », dans « l'empathie et la bienveillance de chaque pair », permettant de se sentir en confiance. En sortant de cette formation, Henry Ragon explique avec honnêteté que « cela n'a pas réglé tous les questionnements que je rencontrais, mais il m'a permis d'avoir une caisse à outils, un raisonnement différemment, et surtout, ce que j'en retiens, c'est qu'au lieu de fuir des situations, j’ai agi ». Après ces six jours de formation, l'éleveur laitier de Puisaye ressent un profond « apaisement, ce qui lui a permis d'en ressortir une très grande source de satisfaction. Mes proches l'ont également ressenti ». Il a d'ailleurs décidé de « prendre ses premières vacances, au bout de neuf ans d'activité, faisant de ces moments un sanctuaire pour se retrouver en famille et sortir du quotidien ».

Un long cheminement

Transformé par cette première formation, Henry reste en contact permanent avec les autres stagiaires et se rend compte qu'une formation complémentaire sur « la méthode Ikigai » pourrait lui permettre, ainsi qu'à ses pairs, de poursuivre le cheminement qu'il a entamé. La méthode Ikigai est un concept japonais né de l’équilibre entre les passions (ou ce que vous aimez), les talents (ou ce que vous faites bien), les missions (ou ce qui aide les autres) et la profession (ou ce qui rapporte un revenu). Cette méthode a pour objectif d'encourager les stagiaires à trouver du sens et à trouver un équilibre parfait entre les quatre piliers. Pour cette session, organisée les 9 et 10 mars derniers, les stagiaires ont travaillé sur « leur ikigai professionnel », et pour Henry, sa volonté première était « d'améliorer les conditions de travail au sein de ma structure avec les tiers ». Le regard ailleurs, cet éleveur confie « s'être oublié pendant toutes ces années, le but n'est pas d'être égoïste, mais simplement de se connaître soi-même, de prendre conscience de mes besoins et de mes envies ». Désormais, « je suis en phase avec ce que je représente professionnellement et à travers toutes les actions que je mène ». Et même après plus d'un an, Henry constate encore des changements. « Cela m'arrive de constater que je passe des moments à sourire, que je vis des moments de quiétude, et que je me suis réhabitué à sourire ». Après deux jours de retrouvailles, « j'ai encore du mal à répondre à certaines questions posées par Jean-Luc Marx, mais les autres peuvent arriver à y répondre. On se connaît bien et nous avons développé une bienveillance qui nous amène à nous élever collectivement ». En faisant le tour dans son exploitation, il annonce que « cette formation vient clôturer la boucle. Je suis désormais prêt à avancer car je suis armé de tous ces outils fournis au travers des formations ».