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La secrétaire d’Etat chargée des Droits des Femmes à Pouilly

À la rencontre d’agricultrices et de viticultrices

En marge d’un déjeuner avec «les femmes qui font la Nièvre» et la présentation du «Téléphone grave danger», dispositif contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard, la secrétaire d’État chargée des Droits des femmes, était à Pouilly-sur-Loire, lundi matin, pour rencontrer des agricultrices et des vigneronnes.
Par Emmanuel Coulombeix
À la rencontre d’agricultrices et de viticultrices
Valérie Laporte (à gauche sur la photo) a interpellé la secrétaire d’État aux Droits des Femmes (au fond, au centre de la table), sur la FCO et ses conséquences sur les exportations de bovins nivernais.
Plus que des violences faites au femmes, objet de la suite de la visite de la ministre dans la Nièvre, la rencontre de lundi 19 octobre au matin, à la Tour de Pouilly-sur-Loire, était placée sous le signe de l’égalité des droits. Plus qu’une simple discussion entre femmes, le rendez-vous faisait figure de symbole. Celui de la reconnaissance par l’État de «ces femmes qui œuvrent dans la vie économique du pays mais aussi comme relais dans la démocratie», puisque la ministre était entourée de plusieurs élues municipales et de deux parlementaires nivernaises, Mmes Carrillon-Couvreur et Emery-Dumas. Cette opération séduction, coup de communication pré-électoral, voulait aussi témoigner de ce qu’il «est important pour moi, de rencontrer des femmes issues du milieu agricole et pas seulement des femmes citadines» a insisté Pascale Boistard, en conclusion du tour de table où chacune des invitées de la matinée a pu se présenter et faire part de ses propres difficultés, attentes et aspirations... Il y avait là quatre viticultrices de l’appellation Pouilly-sur-Loire, Mmes Katia Mauroy-Gauliez (présidente du syndicat viticole de l’AOC Pouilly), Sophie Guyollot du Domaine Landrat-Guyollot, Marielle Michot, jeune vigneronne installée depuis un an et Mélanie Masson-Jeannot du Domaine Masson-Blondelet, en présence de Mme Corbeau-Mellot, co-présidente du Bureau interprofessionnel des Vins du Centre (BIVC) à Sancerre. Toutes les cinq ont largement témoigné de «l’évolution de la parité depuis une dizaine d’années», sachant que «si les hommes restent largement majoritaires dans ce métier, plutôt à la production qu’à la commercialisation», «nous sommes très bien acceptées et reconnues dans ce métier de passion, même si les entraves sont nombreuses» selon Katia Mauroy. La preuve est faite avec la prise de responsabilités de deux des invitées, dont elle-même, dans les structures inter-professionnelles viticoles. La preuve aussi avec Sophie, diplômée de Sciences Po Strasbourg, que ses parents ont poussé à «aller voir ailleurs», avant qu’elle fasse «le choix raisonné de revenir prendre la suite familiale» dans une exploitation «tenue depuis sept générations». La preuve encore avec cette femme viticultrice, maman d’une enfant handicapée qui a su trouver «un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, en se forçant à continuer son activité tout en créant une association d’aide aux enfants handicapés moteurs».

Les réalités de la ferme Nièvre
Le préfet avait indiqué à la ministre que «toute la ferme Nièvre est ici représentée, ses atouts, ses types de production, son innovation et ses modes de commercialisation». Aussi, autour de la table, figuraient également Valérie Laporte, productrice de viande charolaise et de volailles fermières près de Moulins-Engilbert, qui a témoigné de l’aventure du lancement d’un magasin de producteurs près de Nevers il y a quatre ans. Elle a aussi expliqué qu’après des études en pharmacie, elle avait fait le choix d’aider son mari dans son EARL (aujourd’hui transformé en Gaec), tout en suivant une formation «pour devenir plus qu’une femme d’agriculteur». Elle aussi a parlé «d’équilibre, lui à la production, moi à la vente directe et à la commercialisation», même si ce n’est «pas toujours rose», notamment dans cette période de FCO qui prive les Nivernais de tout revenu depuis plus d’un mois. Une céréalière membre de la Chambre a aussi dressé le portrait de son exploitation «atypique» puisqu’elle pratique «le semis direct sous couvert» et qu’elle a dû affronter une double méfiance, «en tant que femme, et avec des méthodes différentes»...
Une rare éleveuse laitière et maman de deux enfants, près de Decize, a aussi fait part de la difficulté des deux traites par jour et de la mise en place de la traite décalée, du dimanche soir au lundi, «avec le bonheur de pouvoir profiter d’une après-midi avec ses enfants». Enfin, Marie-Claude Masson qui, outre les céréales et l’engraissement des bovins, s’est diversifié dans le maraîchage et la vente directe, a aussi indiqué son parcours riche et diversifié au sein des organisations professionnelles agricoles, depuis 25 ans, tout en admettant «qu’il est de plus en plus difficile de trouver des responsables qui s’investissent et notamment des plus jeunes qui s’installent de moins en moins». En conclusion de ce catalogue presque exhaustif de l’agriculture nivernaise vue par les femmes, la ministre a fait quelques observations: «Vous apportez un gain de confiance aux consommateurs qui recherchent des produits de qualité (vins, viande, fromages, légumes)». Citant l’amélioration de la garde des enfants, Pascale Boistard s’est aussi engagée à «ce que toutes les femmes, dans tous les domaines, notamment en milieu rural, puissent être accompagnées des dispositifs de l’État et des collectivités locales», via les réseaux d’assistantes maternelles ou le fonds de garantie à l’initiative des femmes. Sur la FCO, la secrétaire d’État a dit «savoir vos difficultés et vos souffrances sur le territoire et que le but du gouvernement était de débloquer au plus vite la situation pour ré-exporter ces productions». «Vous êtes la France et vous participez au rayonnement de la France» a-t-elle conclu.