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Inondations

A l’heure de la décrue, les interrogations sont nombreuses

Les crues des jours derniers sont encore dans toutes les mémoires. Refusant d’y voir une fatalité, les syndicats agricoles se mobilisent et sont allé quérir un début d’explication auprès du Syndicat Intercommunal pour la Réalisation des Travaux d’Aménagement de la Vallée de l’Armançon
Par Dominique Bernerd
A l’heure de la décrue,  les interrogations sont nombreuses
Les responsables syndicaux sont venus chercher des explications auprès du Syndicat Intercommunal pour la Réalisation des Travaux d’Aménagement de la Vallée de l’Armançon
Ils sont une cinquantaine d’agriculteurs à avoir répondu à l’enquête diffusée par la FDSEA et les JA de l’Yonne pour recenser les dégâts occasionnés par les inondations de la semaine dernière. A ce jour, déjà 1187 ha de cultures et prairies recensées et plusieurs pertes d’animaux. Avec partout, le même sentiment d’impuissance face aux éléments, mais également de nombreuses interrogations : pourquoi tous les éleveurs n’ont-ils pas été prévenus ? Les rivières sont-elles assez entretenues ? La gestion des canaux, barrages et retenues est-elle coordonnée ?
C’est pour tenter d’obtenir un début d’explications et des informations supplémentaires, que les présidents des deux syndicats agricoles, ont souhaité rencontrer Eric Coquille, le président du Syndicat Intercommunal pour la Réalisation des Travaux d’Aménagement de la Vallée de l’Armançon, un secteur particulièrement touché, une fois encore, par les crues de la rivière qui
le traverse.

 Indemniser la perte de fourrage engendrée par les inondations
«Comment 110 mm de pluie peuvent-ils suffire pour inonder des centaines d’hectares… ?» Une équation simple dans l’énoncé, mais aux multiples réponses. A commencer par une configuration naturelle du terrain propice à ce type d’évènements, comme l’explique, Vincent, technicien au SIRTAVA : «avec en amont, en secteur Côte d’Or, trois vallées parallèles et encaissées, avant le nœud de Vénarey les Laumes et une vallée qui s’élargit ensuite jusqu’à Montbard…» Un relief qui, cumulé au fait de recevoir 50 mm de précipitations en un week-end sur des sols gorgés d’eau peut être l’amorce d’une explication. Ont été évoqués également les soupçons mettant en cause une intervention humaine dans le déroulé des évènements. Et sur ce point, le président Coquille et ses deux collaborateurs sont catégoriques : «aucun élément anthropique en la matière ! Il n’y a personne qui puisse jouer sur les débits pour occasionner des phénomènes anormaux…» Pour autant, les crues se répètent au fil des années, à un rythme qui semble s’accélérer et faute de solutions ad hoc pour y faire face, une amélioration du système d’alerte en amont est réclamée par la profession agricole. Secrétaire général adjoint de la FDSEA 89, mais également éleveur allaitant sur le secteur, Gilles Robillard ne décolère pas : «en plus des pertes animales, se pose le problème de l’herbe souillée dans les pâtures. Où retrouver tous ces hectares ? Le facteur temps n’est pas négligeable non plus, car rattraper des vaches quand on vient de les lâcher, avec les crues, ça devient un peu sportif… !»
Pour le président du SIRTAVA, le souci premier depuis plusieurs années, reste bien d’améliorer l’alerte des riverains : «on a connu une période où c’était les gendarmes qui téléphonaient ! Et le plus souvent, à la décrue…» Pour ce faire, l’obtention d’un 2ème programme d’actions de prévention des inondations est en cours, «l’idée étant d’avoir accès à un automate d’alerte à l’attention des élus, complété par un système de cartographie et de modélisation pour mieux visualiser l’empreinte de l’étendue de la crue…»
Pour le président de la FDSEA 89, Francis Letellier : «on en revient aux éléments de base évoqués : si les inondations sont inévitables, il est impératif de trouver un moyen d’indemnisation des agriculteurs, pour la perte de fourrages engendrée et ce, du 1er mai au 30 octobre !» Pour l’heure, un dossier va être porté en ce sens auprès du Conseil Départemental. L’ensemble des personnes ayant répondu à l’enquête, seront par ailleurs invitées à participer à des réunions sur le terrain, courant juin, pour faire le point sur le dossier et les tenir informées des avancées.