Ovin
8/9 Dossier bâtiment: Un bâtiment fonctionnel pour l’agnelage
L’adaptation d’un bâtiment à l’agnelage est un point important pour réussir cette période délicate et stressante pour les éleveurs.
L’agnelage est une période clé pour un éleveur. En période d’agnelage, des lots de mises bas sont constitués se différenciant par leur stade physiologique. Cela demande donc de disposer d’espaces pour isoler ces quatre groupes. Il faut limiter la taille des lots à une trentaine pour les brebis et même moins pour les agnelles. Cette technique limite les mises bas simultanées dans le même lot et par conséquent les mélanges d’agneaux. Réduire la surface disponible diminue également les risques d’abandon et la mortalité lors d’un agnelage de multiples. Il faut prévoir environ une longueur d’auge de 45 à 50 cm/femelle et une surface d’environ 1,5 m2/femelle d’aire paillée.
Les techniciens ovins conseillent d’aménager à l’intérieur du bâtiment des cases d’agnelages, des claies et des râteliers. Cette pratique est d’autant plus efficace que le temps de présence dans la bergerie est restreint en particulier en l’absence de surveillance nocturne.
Installer les brebis en cases d’agnelage
Les femelles sont maintenues un à deux jours en case d’agnelage. Les cases fixes doivent être placées dans une partie du bâtiment facilement accessible par un couloir depuis les parcs des brebis gestantes. Une case d’agnelage doit avoir une dimension d’environ 120 x 100 cm. Ces cases ne sont pas déplacées durant l’agnelage et sont équipées d’abreuvoirs automatiques et de râteliers (communs à deux cases). Le matériel de soin est disposé à proximité. Les agnelages étant concentrés sur ces surfaces, une rigueur particulière est à apporter sur l’hygiène avec un chaulage régulier, le retrait des délivrances et l’assèchement de la litière avec un produit adapté.
Du point de vue du coût, il faut compter entre 170 euros et 200 euros par case fixe en métal avec un râtelier et un abreuvoir contre 60 à 100 euros pour une case fixe en bois avec le même équipement. Pour faciliter le travail, les cases mobiles doivent être légères et faciles à installer avec des anneaux et des fiches de mêmes dimensions. Le métal est plus facile à nettoyer que le bois, bien que moins “chaleureux”. Malgré un coût légèrement plus élevé, ces installations sont beaucoup plus simples et stables que les palettes et la ficelle. Les parois peuvent être pleines en cas de risque de courants d’air. Ce type de case présente l’avantage de la modularité. Il est cependant plus exigeant en main d’œuvre : constitution des cases et alimentation. Dans la mesure du possible, ces cases sont à disposer le long d’un couloir pour faciliter la surveillance et les interventions, en veillant à limiter l’emprise à l’auge.
Pour faciliter l’abreuvement des brebis en cases d’agnelage, un tuyau long et souple avec pistolet automatique peut être utilisé. Ce tuyau pourra être suspendu et coulissant au-dessus des cases d’agnelage.
Dans le cas des brebis en parc de pré-lâcher
Pendant une durée de 8 à 10 jours après agnelage, les brebis sont regroupées en lots d’effectif limité et de taille croissante (5 brebis puis 10 brebis). Ainsi en réalisant des parcs de pré-lâcher, on évite que des brebis se désintéressent de leurs agneaux. Certains éleveurs envoient directement les mères d’agneaux simples, qu’ils considèrent maternelles, en parc de pré-lâcher, sans passage en case d’agnelage. Cette pratique facilite le travail mais il faut rester vigilant quant à la désinfection du cordon et à la prise de colostrum. Afin de limiter les risques d’accidents, il est recommandé de faire des lots de 50 brebis maximum pour les allaitantes de simples et de 35 brebis pour celles de doubles.
La désinfection des bâtiments
L’objectif premier de la désinfection est de préserver la santé des animaux et la rentabilité de l’élevage : réduire les pertes (morbidité, mortalité, baisse des performances) ainsi que le coût des prophylaxies médicales. La désinfection ne se résume pas à la simple application d’un désinfectant. Elle doit toujours être associée à un nettoyage approfondi selon cinq phases successives : le nettoyage, le trempage, le décapage, la désinfection et le vide sanitaire.
Le vide sanitaire est primordial. La durée minimale du vide sanitaire doit correspondre au temps nécessaire pour assécher entièrement le bâtiment, soit en moyenne une quinzaine de jours. Cette période sera plus longue en saison froide et humide.
Les produits désinfectants sont utilisés pour détruire les agents pathogènes présents dans l’environnement des animaux (locaux d’élevage, matériel d’élevage et de transport). Ils doivent être utilisés préférentiellement sur des surfaces propres et ne doivent pas être mélangés à un détergent. Pour les surfaces en terre battue, les abords non bétonnés où il peut y avoir une présence de matière organique inactive partiellement ou totalement, l’efficacité des préparations du commerce n’est pas optimale. On préfèrera la chaux vive, voire la soude caustique qui est toutefois un produit dangereux et corrosif. Concernant la chaux vive, son utilisation peut présenter un risque d’incendie par échauffement des litières. À utiliser avec précaution.
1/9 Dossier bâtiment: Une tradition pour le Gaec Colson
2/9 Dossier bâtiment: Analyser le coût de fonctionnement des bâtiments pour les vaches allaitantes
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4/9 Dossier bâtiment: Bâtiment d’élevage à énergie positive
5/9 Dossier bâtiment: De nombreuses innovations, mais des coûts trop élevés
6/9 Dossier bâtiment: Les pentes, pas un problème !
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9/9 Dossier bâtiment: États des lieux du parc bâtiments
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