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IBR

65% de cheptels qualifiés dans la Nièvre

La campagne de dépistage de l’IBR, supervisée par la DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) et mise en œuvre sur le territoire par les services du GDS, a pris fin le 30 avril. Bilan de cette campagne : 65% de cheptels qualifiés dans la Nièvre. Un chiffre que le GDS aimerait encore voir augmenter afin de rattraper le niveau national.
Par Céline Clément
65% de cheptels qualifiés  dans la Nièvre
Didier Ramet
«Nous avons réalisé d’énormes progrès dans le nombre de cheptels qualifiés et le nombre de cheptels négatifs». C’est le bilan positif tiré par Rodolphe Morizot, technicien en charge de l’IBR au GDS, au lendemain de cette campagne 2017. Une prophylaxie qu’il convient encore d’améliorer dans les années à venir afin de rattraper la moyenne nationale, qui est de 90% de cheptels négatifs (89% au niveau régional). Le dépistage de l’IBR, rendu obligatoire depuis une dizaine d’années, est désormais mieux accueilli par les éleveurs qu’auparavant. Et certains d’entre eux ont même fourni des «efforts remarquables», souligne Rodolphe Morizot, même si «cela peut représenter une perte économique ou génétique de se séparer de bovins». Lorsque des cas positifs sont détectés au sein d’un cheptel, la vaccination et le dépistage des jeunes animaux sont recommandés puis dans un deuxième temps, la réforme afin d’éliminer les sujets atteints. Si l’IBR n’est pas un virus transmissible à l’homme, il pèse néanmoins de plus en plus dans la balance commerciale. «Les bovins positifs vont être de plus en plus difficiles à commercialiser, assure Rodolphe Morizot et on sait que cela représentera une moins-value pour l’éleveur». Et en effet, aujourd’hui les acheteurs de bovins vivants reproducteurs demandent une garantie de cheptels, l’objectif final étant l’éradication totale de l’IBR. «Objectif dont la Nièvre doit se faire un exemple». À terme il est prévu que les marchés créent deux circuits de commercialisation : un circuit à risque maîtrisé et un circuit sain, et que tous les bovins non-qualifiés soient soumis à des tests avant départ. Une décision qui pourrait être prise dès l’automne par la Cropsav (conseil régional d’orientation de la politique sanitaire). D’où l’importance, pour Rodolphe Morizot, de «poursuivre cette dynamique de réforme» car «l’éleveur, s’il n’est pas qualifié, va avoir du mal à commercialiser dans les années à venir». Dans la Nièvre 82% des cheptels sont négatifs et 2/3 d’entre eux ont le statut indemne d’IBR. Plus de 200 nouveaux cheptels ont été qualifiés cette année, ce qui représente un peu plus de 20% sur les deux campagnes. «C’est donc une prophylaxie qui évolue très favorablement», résume Rodolphe Morizot. Il n’en reste pas moins 9 000 bovins positifs sur le département, un chiffre en nette diminution mais concentré sur un nombre réduit d’élevages. «Car si certains éleveurs acceptent de collaborer,explique Alain Bonnel, directeur du GDS, il y en a d’autres avec qui c’est plus compliqué et chez qui l’assainissement n’est pas en vue». Le GDS se propose pourtant d’accompagner la trentaine d’élevages concernés dans cette dynamique d’assainissement.

«Il faut rentrer dans le rang le plus vite possible»

À Limon, Didier Ramet, secrétaire général de la FDSEA de la Nièvre et éleveur naisseur engraisseur, est engagé dans une dynamique de réforme depuis une dizaine d’années. Il a fait le choix de ne pas vacciner systématiquement tout le cheptel mais seulement celles qui réagissaient positivement à la prise de sang. «J’ai essayé que toutes les positives soient dans les mêmes lots et que les jeunes négatives restent isolées», précise-t-il.  Sur ses 160 bêtes, il lui en reste une trentaine à éliminer. Il a fait le choix d’un assainissement progressif, choix réfléchi et lié à la proximité d’autres exploitations aux alentours. «Je ne voudrais pas être une source de contamination pour les voisins et si je peux revendre des animaux maigres, je ne pourrai pas le faire. Il faut rester en adéquation avec le marché.» Pour cela, il espère obtenir bientôt le statut indemne. Quant à sa position face à une prophylaxie avant tout commerciale, elle reste mitigée. «On pourrait dire que c’est un gâchis mais il faut rentrer dans le rang le plus vite possible pour ne pas ternir l’image du département et du troupeau charolais à l’export». Une position à laquelle viennent d’ajouter inquiétude et solidarité vis-vis d’éleveurs plus concernés que lui ou qui ont tardé à entrer dans le jeu de la réforme : «ceux qui ont beaucoup d’animaux maigres positifs peuvent être mis en difficulté car les règles de commercialisation et de transport sont très stricts. Les animaux risquent d’être vendus moins chers». Des éleveurs à qui le syndicat souhaite proposer, rapidement, «un cheminement le plus réaliste possible pour éliminer les vaches positives et trouver une solution avec un chiffrage et une évaluation financières».