Accès au contenu
Rencontres CER France Alliance Centre

2014 est «une très mauvaise année»

Le Centre de gestion faisait son traditionnel raoult annuel, lundi 24 novembre, au Casino de Pougues-les-Eaux. Ce qui ressort des chiffres de 2013 et des estimations de 2014, c’est que la situation économique de la ferme Nièvre, sans surprise, a du mal à tirer son épingle du jeu.
Par CER France Alliance Centre
2014 est «une très mauvaise année»
Comme chaque année, Nicolas Roche a présenté et mis en perspectives les résultats économiques de la ferme Nièvre en 2014.
Comme chaque année, Nicolas Roche a dressé, de façon précise et argumentée, le panorama des résultats des exploitations agricoles nivernaises et en a tiré une analyse comparative. Et ses conclusions sont sans appel  : «2014 est une très mauvaise année» qu’il faut raisonner sur la durée (cycle de cinq ans en grandes cultures après une année 2013 en déficit et chute des résultats depuis huit ans en bovins viande), et qui est conditionnée par une forte variabilité, grandissante et multiforme. Depuis huit ans, «l’agriculture est confrontée à d’importantes fluctuations de prix» dans une succession de hausses et de baisses, «qui ne s’appliquent pas au même moment par productions et pour les charges» écrit-il dans le résumé des tendances. Ces effets ciseaux impactent particulièrement le secteur des grandes cultures, pour une deuxième année de déficit, le secteur allaitant subissant les mêmes fluctuations de charges mais avec des cours des animaux qui évoluent différemment. «Les coûts de production, qui avaient été au plus haut pour la récolte 2009 et étaient retombés en 2010, sont orientés à nouveau à la hausse depuis 2011. En 2014, seuls les postes liés à l’énergie reculent (engrais, carburants) ainsi que les aliments et les charges «mécaniquement» liées aux revenus précédents (charges sociales).
Par ailleurs, le montant moyen des DPU a reculé de 6,5% et, «à l’exception du secteur laitier, les produits sont en baisse». Après la chute de 2013, les revenus 2014 accusent encore une baisse. Passage en revue des productions nivernaises:

Grandes cultures
Nicolas Roche constate que «le résultat courant, inexistant en 2013, perd 50 euros/ha en 2014. L’année est exceptionnelle non par l’ampleur du déficit (voisin de celui de 2009) mais par la succession de deux années déficitaires. Si l’on en reste aux deux dernières années, les résultats sont catastrophiques  ; en revanche, si on les replace dans les cycles de variation du produit et des charges, ces résultats sont moins alarmants car ils compensent les très bons revenus des années précédentes. En euros constants, la moyenne du résultat courant par Utaf de la période 2010-2014 est de 19000 euros ; c’est autant que la moyenne de la période 2007-2009 (1er cycle) ; c’est 15% au-dessus de la moyenne de la période 1999-2006».

Élevage allaitant
«La remontée des cours amorcée en 2011 s’est confirmée en 2012, s’est prolongée en 2013 et s’est inversée en 2014. En début d’année, seules les vaches (maigres comme grasses) avaient leurs cours en-deçà de leurs niveaux de 2013. A partir de mai, toutes les catégories d’animaux avaient leurs cours en repli... Globalement, les prix de vente reculent de 3% en système maigre et de 5% en système gras. Sous l’effet de la baisse des prix des bovins, de la baisse des prix des cultures et du recul des aides directes (-3% globalement malgré la revalorisation de 15% de l’ICHN), le produit total est en baisse de 3% (systèmes maigres) et 5% (systèmes gras). Les charges sont en léger recul (-2 à -3%) mais le résultat courant régresse de 20 à 50%, après avoir perdu 40 à 50% en 2013  : il n’est plus que de 30 à 60 euros/ha, soit 4 à 7000 euros par Utaf. C’est inférieur d’un tiers à la moyenne des huit années qui ont précédé».

Polyculture élevage allaitant
Selon Nicolas Roche, «le fait nouveau des quatre dernières années est que les revenus de ces exploitations se situent à la moyenne entre exploitations spécialisées viande et spécialisées cultures. Auparavant, leur revenu se situait en deçà de cette moyenne. En système maigre, les exploitations mixtes semblent avoir trouvé une efficacité relative qui leur avait fait défaut jusque là. En 2014, le revenu des exploitations de polyculture élevage reste tiré vers le bas par la part céréalière. Le résultat courant est très faible  ; comme en grandes cultures, il est voisin du niveau de 2009».

Élevage ovin
«L’élevage ovin dans la Nièvre est généralement associé aux bovins viande, sur de plus petites structures qu’en bovins spécialisés. Commercialement, la conjoncture ovine est repartie à la hausse en 2008, après cinq ans de recul  ; cette hausse semble plafonner en 2014, avec le recul de 3% du prix des agneaux. Le recul des cours se répercute par 3% de baisse du produit total. Les charges baissent un peu (-2%) grâce aux engrais et aux aliments. Le résultat courant baisse de 15%. Il se monte à 110 euros/ha, soit 10000 euros par UTAF».

Élevage laitier
«Le prix du lait a subi de fortes fluctuations depuis 7 ans... Globalement, le produit des exploitations laitières augmente de 3%, alors que les charges reculent de 2%  : le résultat courant, qui était nul en 2013, remonte à peine à 100 euros/ha, soit 8000 euros/UTAF. Alors que le prix du lait n’a jamais été aussi élevé qu’en 2014, le revenu reste à l’un de ses plus bas niveaux (excepté 2009 et 2013). Plus que les autres exploitations, les laitiers sont confrontées à un très fort niveau de charges depuis trois ans».