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2/9 Dossier bâtiment: Analyser le coût de fonctionnement des bâtiments pour les vaches allaitantes

Une étude comparative de dix bâtiments a été menée par des Chambres d’agriculture afin d’observer les coûts de fonctionnement de chaque bâtiment.

Par CP
2/9 Dossier bâtiment: Analyser le coût de fonctionnement des bâtiments pour les vaches allaitantes
Le coût est plus que jamais un élément essentiel à prendre en compte dans le choix de son bâtiment pour vaches allaitantes (VA). Cependant pour comparer les bâtiments entre eux, il est important d’aller au-delà des seuls coûts d’investissement et d’intégrer les coûts liés à leur utilisation : les coûts de fonctionnement. C’est l’objectif d’une étude menée sur les coûts annuels de fonctionnement de dix types de bâtiments. Elle montre notamment que les coûts de fonctionnement, qui peuvent représenter jusqu’à 40 % des coûts annuels liés aux bâtiments, inversent parfois les conclusions des simples comparaisons des coûts d’investissement. Par exemple, les bâtiments de type raclage lisier, peu répandus sur le terrain parce que chers en investissement, se démarquent pourtant clairement avec un coût total annuel parmi les moins chers de l’étude.



[INTER]Investir dans le bâtiment.[inter]
L’annuité d’investissement moyenne des bâtiments pour vaches allaitantes, comprenant logement des animaux, stockage paille et stockage des déjections, est de 259 € par place. Les bâtiments associant aire de couchage en litière accumulée et couloir raclé sont parmi les plus chers car ils nécessitent deux ouvrages de stockage, une fumière non couverte et une fosse géo-membrane, soit près de 24 € de plus par place (1 728 € de plus par an pour un bâtiment de 72 places) que pour une aire paillée intégrale avec stockage des déjections au champ.
Les investissements les moins chers sont réalisés par les bâtiments avec aire d’exercice non couverte en conduite lisier (234 € d’annuité/place) en raison d’une surface de couverture réduite associée à un ouvrage de stockage unique ; le fumier étant géré en litière accumulée et stocké au champ. Les aires paillées intégrales raclées avec veaux intercalés sont parmi les plus chères (297 €/place) à cause d’une surface de béton plus importante et des deux ouvrages de stockage nécessaires. L’écart entre ces deux familles de bâtiment est de l’ordre de 40 %.



[INTER]Coût de fonctionnement[inter]


Les coûts de fonctionnement intègrent les différents postes de dépenses nécessaires à l’utilisation du bâtiment : le paillage (mécanique ou manuel), le curage, le raclage, l’épandage des déjections, le malaxage du lisier, l’éclairage, le coût lié à la quantité de paille nécessaire et le temps que consacre l’éleveur à ces différentes tâches. Le coût de fonctionnement de l’alimentation n’a pas été retenu dans l’étude, car il n’est pas discriminant. Les trois postes de dépense les plus importants sont liés à la gestion de la litière : La quantité de paille représente environ 40 % du coût de fonctionnement total, le paillage 20 % et l’épandage 20 %. Le coût de fonctionnement annuel moyen des bâtiments étudiés est de 119 €/place de vache. En comparaison aux systèmes lisier tout couvert (101 €/place VA), le coût des systèmes raclés lisier non couverts sont un peu plus élevés (110 €/place VA) parce que le volume d’effluent liquide est plus important à épandre, et le temps consacré au raclage est aussi plus long. Ces systèmes restent cependant parmi les moins chers des différents bâtiments étudiés.
À contrario, les systèmes paillés ont les coûts de fonctionnement les plus élevés, de l’ordre de 118 à 148 €/place VA. La part du poste [I]«achat de paille»[i] explique en grande partie cette différence. Pouvant représenter jusqu’à 60 % du coût de fonctionnement total du bâtiment, la moindre fluctuation du coût de la paille a des conséquences directes sur le coût total du bâtiment. De plus, la quantité importante de paille pèse aussi sur sa mise en œuvre : paillage, curage et épandage.
L’aire paillée intégrale a un coût de fonctionnement annuel élevé : 148 €/place VA, qui s’explique par la quantité de paille utilisée, le temps de paillage et de curage. Ce bâtiment consomme environ deux fois plus de paille que les bâtiments avec couloir de raclage. Compte-tenu du poids du poste [I]«paille»[i] pour ce type de bâtiment, il est impératif d’intégrer ces coûts de fonctionnement dans la réflexion du projet bâtiment, surtout si l’élevage n’est pas autosuffisant en paille.



[INTER]Quand le prix de la paille flambe

[inter]
Une augmentation de 30 € du prix de la tonne de paille achetée entraîne une augmentation moyenne de l’ordre de 4 % du coût de fonctionnement annuel. Le coût total annuel du bâtiment augmente alors en moyenne de 16 €/place. Les bâtiments les moins impactés (+ 14 €/place/an) sont les aires paillées raclées. La consommation de paille y est inférieure aux systèmes sur litière accumulée. Les aires paillées intégrales subissent la hausse la plus importante : plus 25 €/place/an. Les coûts liés à la quantité de paille nécessaire passent alors de 50 % à 66 % des coûts de fonctionnements totaux. L’étude montre également que la mécanisation du paillage permet de limiter le coût de fonctionnement, mais aussi de diminuer la pénibilité du travail.



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Modélisation des coûts


Pour rendre comparables les coûts totaux annuels, le fonctionnement de chaque type de bâtiment a été modélisé (paillage, curage, raclage, éclairage, épandage). Les temps de travaux utilisés dans les calculs ont été déterminés à partir d’enquêtes de terrain. Les différentes activités chiffrées dans les coûts de fonctionnement annuels comprennent les activités de paillage, de curage de la litière, de raclage des aires d’exercices, de malaxage des lisiers, et d’épandage des déjections solides et liquides.