La SAS 58 Solaire est née
16 agriculteurs nivernais (ré)inventent le «mutualisme énergétique»
Ils étaient 61 agriculteurs nivernais au lancement du projet, il y a six mois. Lundi 22 juin, ils n’étaient plus que 16 membres fondateurs de la SAS 58 Solaire, à la mairie de Corbigny. Ces éleveurs, vont construire leurs bâtiments agricoles en les équipant de panneaux photovoltaïques aux quatre coins du département. Avec un bâtiment financé et un bénéfice final pour chacun, au bout de 20 ans...
Les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Et les agriculteurs ne sont pas les derniers à s’y intéresser. Pour preuve, l’assemblée générale constitutive de la SAS 58 Solaire, lundi, à la mairie de Corbigny, a réuni les 16 agriculteurs issus des quatre coins de la Nièvre (de Montigny-en-Morvan à Varennes-Vauzelles), qui ont décidé de se lancer dans la démarche photovoltaïque. Objectif: construction et mise en service de leurs stabulations et/ou hangars de stockage agricoles respectifs à la fin du printemps 2016. Equipés de panneaux solaires «made in France», ces bâtiments, à terme, ne leur auront (presque) rien coûté et pourront même leur rapporter entre 10 000 et 12 000 euros par stabulation ou entre 7 et 8 000 euros par hangar, au terme des 20 premières années d’exploitation de l’énergie solaire. Pour 16 structures de 860 m2 et de 3 MW en moyenne, l’investissement moyen de 290 000 euros, accompagné par les banques (investissement total de 4,6 millions d’euros) aura été remboursé dès la 7ème année. Et en cas de bénéfices à répartir, selon les statuts qui ont été paraphés individuellement lundi, ceux-ci seront reversés, non pas au nombre de parts détenues dans la nouvelle société (Société par action simplifiée) mais à la surface de panneaux réellement détenue par chacun des associés...
Des candidats retoqués
En créant cette sorte d’entreprise mutualiste de l’énergie, les 16 agriculteurs, qui ont versé 1 000 euros chacun au capital social, ces 16 agriculteurs donc, marchent sur les pas de projets de même sorte qui ont déjà vu le jour dans le Cher et dans la Creuse. Initialement, c’est Fabienne Cardot qui a été la grande inspiratrice dans la Nièvre. Adjointe à la ville de Corbigny, celle-ci, professionnellement, est cadre de l’opérateur national d’électricité EDF. Très vite, début 2015, elle s’est rapprochée d’Etienne Bourgy, le conseiller énergie de la Chambre d’agriculture, qui a fait tourner l’idée auprès des agriculteurs du département. Et si plus de 60 d’entre eux se sont montrés intéressés et motivés, tous n’ont pas pu aller jusqu’au bout, pour des raisons de zones inondables ou Natura 2000, de désaccord de leurs propriétaires fonciers, ou de trop grand éloignement des réseaux d’électricité (avec des coûts de raccordement trop onéreux). Quelques candidats n’ont pas pu se positionner non plus, soit parce que jeunes agriculteurs, ils n’ont pas les capacités financières de s’engager, soit parce qu’un associé a disparu de l’exploitation... L’engouement restant intact, et même si les statuts de la société signés lundi permettraient l’entrée de nouveaux associés, Fabienne Cardot a annoncé qu’un deuxième projet de ce type était en cours d’élaboration dans la Nièvre. Tout n’est donc pas perdu. Une autre société, dédiée à la méthanisation, devrait aussi voir le jour prochainement dans le département.
Didier Ramet, président
Si c’est Emmanuel Abit, éleveur à Bazolles, qui a accompli les premières démarches de création, de fait, jusqu’à lundi, un seul candidat s’est déclaré à la présidence de la nouvelle entité. Secrétaire général de la Chambre d’agriculture et naisseur-engraisseur à Limon, Didier Ramet a été élu premier président de la SAS 58 Solaire. Il sera entouré de deux directeurs généraux, tels que les prévoient les statuts : Thierry Vernillat, de Pazy, et Nicolas Pechery, de Billy-sur-Oisy. L’équipe constituée va désormais s’atteler à la présentation du dossier à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), instance gouvernementale qui donne les autorisations d’exploiter. La prochaine aura lieu en septembre et le projet individuel de chaque associé sera examiné après un dépôt collectif via la SAS 58 Solaire. «Nous avons bon espoir d’obtenir les autorisations nécessaires. Nous avons bordé le projet au plus juste, ce qui nous a pris beaucoup de temps et d’énergie depuis six mois. Le business plan est prêt, même si nous ne connaissons pas encore le tarif de rachat de l’électricité mais la Banque publique d’investissement (BPI France) s’est engagée à hauteur de 3 millions d’euros et à se porter caution pour le groupement bancaire. Et le préfet de la Nièvre nous soutient à fond» s’enthousiasme Emmanuel Abit. «Nous avons calibré le dossier pour qu’il entre en fonction en 2015-2016 qui sera peut-être la dernière année de rentabilité pour le solaire» renchérit Fabienne Cardot. La balle est dans le camp d’EDF ENR Solaire, filiale d’EDF, qui doit lancer son appel d’offre.
Des candidats retoqués
En créant cette sorte d’entreprise mutualiste de l’énergie, les 16 agriculteurs, qui ont versé 1 000 euros chacun au capital social, ces 16 agriculteurs donc, marchent sur les pas de projets de même sorte qui ont déjà vu le jour dans le Cher et dans la Creuse. Initialement, c’est Fabienne Cardot qui a été la grande inspiratrice dans la Nièvre. Adjointe à la ville de Corbigny, celle-ci, professionnellement, est cadre de l’opérateur national d’électricité EDF. Très vite, début 2015, elle s’est rapprochée d’Etienne Bourgy, le conseiller énergie de la Chambre d’agriculture, qui a fait tourner l’idée auprès des agriculteurs du département. Et si plus de 60 d’entre eux se sont montrés intéressés et motivés, tous n’ont pas pu aller jusqu’au bout, pour des raisons de zones inondables ou Natura 2000, de désaccord de leurs propriétaires fonciers, ou de trop grand éloignement des réseaux d’électricité (avec des coûts de raccordement trop onéreux). Quelques candidats n’ont pas pu se positionner non plus, soit parce que jeunes agriculteurs, ils n’ont pas les capacités financières de s’engager, soit parce qu’un associé a disparu de l’exploitation... L’engouement restant intact, et même si les statuts de la société signés lundi permettraient l’entrée de nouveaux associés, Fabienne Cardot a annoncé qu’un deuxième projet de ce type était en cours d’élaboration dans la Nièvre. Tout n’est donc pas perdu. Une autre société, dédiée à la méthanisation, devrait aussi voir le jour prochainement dans le département.
Didier Ramet, président
Si c’est Emmanuel Abit, éleveur à Bazolles, qui a accompli les premières démarches de création, de fait, jusqu’à lundi, un seul candidat s’est déclaré à la présidence de la nouvelle entité. Secrétaire général de la Chambre d’agriculture et naisseur-engraisseur à Limon, Didier Ramet a été élu premier président de la SAS 58 Solaire. Il sera entouré de deux directeurs généraux, tels que les prévoient les statuts : Thierry Vernillat, de Pazy, et Nicolas Pechery, de Billy-sur-Oisy. L’équipe constituée va désormais s’atteler à la présentation du dossier à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), instance gouvernementale qui donne les autorisations d’exploiter. La prochaine aura lieu en septembre et le projet individuel de chaque associé sera examiné après un dépôt collectif via la SAS 58 Solaire. «Nous avons bon espoir d’obtenir les autorisations nécessaires. Nous avons bordé le projet au plus juste, ce qui nous a pris beaucoup de temps et d’énergie depuis six mois. Le business plan est prêt, même si nous ne connaissons pas encore le tarif de rachat de l’électricité mais la Banque publique d’investissement (BPI France) s’est engagée à hauteur de 3 millions d’euros et à se porter caution pour le groupement bancaire. Et le préfet de la Nièvre nous soutient à fond» s’enthousiasme Emmanuel Abit. «Nous avons calibré le dossier pour qu’il entre en fonction en 2015-2016 qui sera peut-être la dernière année de rentabilité pour le solaire» renchérit Fabienne Cardot. La balle est dans le camp d’EDF ENR Solaire, filiale d’EDF, qui doit lancer son appel d’offre.