élections européennes le 25 mai 2014
1/3 L’agriculture et l’Europe, deux destins communs !
L’histoire de l’Europe est indissociable de celle de l’agriculture et inversement. Depuis 60 ans, le chemin parcouru est considérable. Il manque cependant aux dirigeants européens actuels le souffle des pionniers. Avec la multiplication des élargissements, les écarts entre membres de l’Union se sont creusés et la volonté d’harmoniser les politiques nationales manque. Du coup, les peuples doutent de cette Europe dont nous avons pourtant le devoir d’en poursuivre la patiente construction.
Le 25 mai, nous sommes tous invités à voter pour les élections européennes et chacun s’interroge de savoir si cette Europe mérite nos suffrages ? L’idéal des générations de l’après-guerre s’est perdu dans un élargissement brutal, ouvert à des pays dont l’histoire, les cultures, le niveau de développement économique et social ne pouvaient qu’introduire des disparités telles que l’Union européenne s’en est trouvée affaiblie alors qu’il fallait en approfondir la construction.
Pourtant, que d’espoirs mis dans cette longue et enivrante aventure! Car il faut rappeler aux jeunes dont un sondage récent nous dit que deux sur trois d’entre eux n’iront pas voter, qu’entre 1870 et 1945, sur une période de 75 ans, la France et l’Allemagne se sont affrontées trois fois entraînant la mort de plus de 37 millions de personnes! Nous devons à cette construction européenne la plus longue période de paix et, même si les jeunes générations semblent peu sensibles à cet argument, notre histoire est meurtrie par ces tragiques hécatombes. Cependant, l’Europe doit mériter le soutien qu’elle espère de ses peuples. Et reconnaissons qu’elle a, cette dernière décennie, beaucoup déçu et nombre de ses plus farouches partisans d’hier l’accablent aujourd’hui. Pour en rester à des considérations professionnelles, les agriculteurs lui reprochent, à juste titre, son obsession à vouloir, à tout prix et pour tout, ouvrir ses frontières pendant que les autres pays ou continents organisés imposent leurs contraintes douanières ou sanitaires qui préservent leurs intérêts.
[INTER]Huit milliards d’euros par an de Pac[inter]
Entre le danger protectionniste et la coupable naïveté des libéraux, il doit exister une voie médiane qui évite de se heurter à l’un sans tomber dans l’abîme de l’autre. Raymond Lacombe fustigeait déjà cette [I]«Europe ouverte aux quatre vents»[i] et parfois aux vents mauvais d’un dumping social, sanitaire et environnemental inacceptable. C’est une simple question de bon sens et un agriculteur, pas plus qu’un consommateur, ne comprend qu’un produit phytosanitaire interdit en France, au prétexte qu’il est dangereux, soit autorisé en Espagne qui nous envoie ses fruits ! Comment commercer avec des pays dont les règles sociales sont à ce point différentes ? Dans les années 80 déjà, la France appelait à une harmonisation sociale à l’échelle des 12 pays de l’Union d’alors. 35 ans plus tard, alors que l’Union compte 28 pays, du bout des lèvres, l’Allemagne se résout enfin à adopter un mini Smic à 8,50 euros brut de l’heure (9,53 euros en France) quant le salaire horaire moyen brut en Hongrie stagne à 4,98 euros et à 2,20 euros en Bulgarie !
Mais l’agriculture sait plus que tout autre secteur économique ce qu’elle doit à l’Europe. Avec 500 millions de consommateurs, c’est un marché de proximité demandeur de produits agricoles et agroalimentaires d’une gamme de qualité élevée.
Par ailleurs, l’agriculture a le grand privilège d’avoir longtemps été la seule véritable politique européenne dotée d’un puissant budget. Songez que la Pac, si souvent décriée, verse chaque année aux agriculteurs français 8 milliards d’euros de compensations ! Cette somme représente les deux tiers du revenu agricole français et certains producteurs, sans les aides Pac, auraient un revenu agricole définitivement négatif ! Enfin, l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, a la capacité de garantir à sa population une souveraineté alimentaire que cherchent à atteindre tous les peuples du monde.
On voit les menaces qui pèsent sur nos approvisionnements en énergie avec une Europe trop dépendante du gaz russe. Il serait irresponsable devant les générations futures que l’Union européenne n’assure pas à ses citoyens, en toute indépendance, l’accès à leurs besoins alimentaires en volume comme en qualité. C’est pour cela aussi que le 25 mai nous irons voter pour la poursuite de la construction d’une Europe qui compte dans le monde !
2/3 L’agriculture et l’Europe, deux destins communs !
3/3 L’agriculture et l’Europe, deux destins communs !
Pourtant, que d’espoirs mis dans cette longue et enivrante aventure! Car il faut rappeler aux jeunes dont un sondage récent nous dit que deux sur trois d’entre eux n’iront pas voter, qu’entre 1870 et 1945, sur une période de 75 ans, la France et l’Allemagne se sont affrontées trois fois entraînant la mort de plus de 37 millions de personnes! Nous devons à cette construction européenne la plus longue période de paix et, même si les jeunes générations semblent peu sensibles à cet argument, notre histoire est meurtrie par ces tragiques hécatombes. Cependant, l’Europe doit mériter le soutien qu’elle espère de ses peuples. Et reconnaissons qu’elle a, cette dernière décennie, beaucoup déçu et nombre de ses plus farouches partisans d’hier l’accablent aujourd’hui. Pour en rester à des considérations professionnelles, les agriculteurs lui reprochent, à juste titre, son obsession à vouloir, à tout prix et pour tout, ouvrir ses frontières pendant que les autres pays ou continents organisés imposent leurs contraintes douanières ou sanitaires qui préservent leurs intérêts.
[INTER]Huit milliards d’euros par an de Pac[inter]
Entre le danger protectionniste et la coupable naïveté des libéraux, il doit exister une voie médiane qui évite de se heurter à l’un sans tomber dans l’abîme de l’autre. Raymond Lacombe fustigeait déjà cette [I]«Europe ouverte aux quatre vents»[i] et parfois aux vents mauvais d’un dumping social, sanitaire et environnemental inacceptable. C’est une simple question de bon sens et un agriculteur, pas plus qu’un consommateur, ne comprend qu’un produit phytosanitaire interdit en France, au prétexte qu’il est dangereux, soit autorisé en Espagne qui nous envoie ses fruits ! Comment commercer avec des pays dont les règles sociales sont à ce point différentes ? Dans les années 80 déjà, la France appelait à une harmonisation sociale à l’échelle des 12 pays de l’Union d’alors. 35 ans plus tard, alors que l’Union compte 28 pays, du bout des lèvres, l’Allemagne se résout enfin à adopter un mini Smic à 8,50 euros brut de l’heure (9,53 euros en France) quant le salaire horaire moyen brut en Hongrie stagne à 4,98 euros et à 2,20 euros en Bulgarie !
Mais l’agriculture sait plus que tout autre secteur économique ce qu’elle doit à l’Europe. Avec 500 millions de consommateurs, c’est un marché de proximité demandeur de produits agricoles et agroalimentaires d’une gamme de qualité élevée.
Par ailleurs, l’agriculture a le grand privilège d’avoir longtemps été la seule véritable politique européenne dotée d’un puissant budget. Songez que la Pac, si souvent décriée, verse chaque année aux agriculteurs français 8 milliards d’euros de compensations ! Cette somme représente les deux tiers du revenu agricole français et certains producteurs, sans les aides Pac, auraient un revenu agricole définitivement négatif ! Enfin, l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, a la capacité de garantir à sa population une souveraineté alimentaire que cherchent à atteindre tous les peuples du monde.
On voit les menaces qui pèsent sur nos approvisionnements en énergie avec une Europe trop dépendante du gaz russe. Il serait irresponsable devant les générations futures que l’Union européenne n’assure pas à ses citoyens, en toute indépendance, l’accès à leurs besoins alimentaires en volume comme en qualité. C’est pour cela aussi que le 25 mai nous irons voter pour la poursuite de la construction d’une Europe qui compte dans le monde !
2/3 L’agriculture et l’Europe, deux destins communs !
3/3 L’agriculture et l’Europe, deux destins communs !