Installation-transmission
Activité soutenue et rééquilibrage

Berty Robert
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Le Comité orientation transmission-installation de la Chambre d’agriculture a fait le point sur les installations dans le département en 2023. Une année marquée par un dynamisme certain et un rééquilibrage entre agriculture diversifiée et traditionnelle.

Activité soutenue et rééquilibrage
Ce point annuel sur les installations dans la Nièvre permettait de découvrir l'application Aptimiz, destinée à aider les agriculteurs à mieux gérer leur temps de travail, une dimension particulièrement importante à prendre en compte lorsqu'on se lance !

2023 restera comme une « grosse » année en termes de volonté d’installations agricoles dans la Nièvre. C’est ce que révélaient les chiffres du Comité orientation transmission-installation (Coti) de la Chambre d’agriculture, réuni au Marault, le 21 mars. Le Point accueil installation (PAI) a vu son nombre de visites augmenter de 23 % par rapport à 2022, avec un total de 145 personnes reçues. La Nièvre est, de ce point de vue, le seul département de Bourgogne-Franche-Comté (BFC) en progression. Cette évolution ne fait pas pour autant perdre de vue l’esprit dans lequel l’accompagnement des futurs installés doit se faire : permettre des installations qui soient économiquement viables. Il n’est pas impossible que la fin de la Dotation jeune agriculteur (DJA) « ancienne version » ait aussi joué dans ce surcroît d’activité. Autre fait notable : parmi les productions envisagées par les personnes se présentant au PAI en 2023, les productions diversifiées (caprins, ovins, apiculture, maraîchage…) et celles dites traditionnelles (bovins viande, bovins lait, grandes cultures…) font quasiment jeu égal alors que, ces dernières années, entre 2016 et 2021, les productions diversifiées étaient plus nombreuses que les traditionnelles.

Une bonne dynamique

Dans le détail, les projets d’installation en bovins viande, en ovins viande, en arboriculture, apiculture, viticulture et plantes à parfum, aromatiques et médicinales sont en hausse, alors que les projets en poules pondeuses ou en caprins sont en baisse, mais, sur ces deux derniers exemples, ils sont aussi peu nombreux. 50 Plans de professionnalisation personnalisés (PPP) ont été agréés en 2023 contre 43 l’année précédente. 2024 semble s’inscrire dans la même bonne dynamique avec, en trois mois, 45 personnes reçues au PAI, contre 22 sur la même période, en 2023. En 2023 toujours, environ un tiers des candidats à l’installation recherchaient du foncier avec une surface de 11 ha en moyenne. Les installations aidées sont en hausse assez significative dans la Nièvre, 2023 marquant une progression relativement importante, comparée aux six années précédentes, avec 52 installations aidées, contre entre 25 et 35 de 2017 à 2022. En fait, pour retrouver autant de DJA envoyées, il faut remonter à 2013. Sur le début 2024, on en est, pour l’instant, à 8 dossiers DJA.

L’effet des taux d’intérêt bancaires

Ces installations supposent des investissements. Pour celles accomplies dans un cadre sociétaire, le montant moyen reste relativement stable depuis 2016, tournant autour de 300 000 euros. En 2023, il marquait toutefois une hausse, s’établissant à un peu plus de 320 000 euros. Pour les installations en individuel, les variations sont plus importantes et l’on note une forte hausse depuis 2019. En 2023, le montant moyen sur cette catégorie était de plus de 508 000 euros. La hausse des investissements est sans doute à mettre en lien, en partie, avec celle des taux d’intérêt bancaires. Au-delà de ces chiffres, qui témoignent d’un intérêt indéniable pour l’agriculture, l’idée de travailler sur l’attractivité agricole du département de la Nièvre, sur le modèle de ce qui se fait déjà pour attirer des professionnels de santé, par exemple, a été évoqué lors de cet événement. Chacun garde en tête la proportion importante d’agriculteurs proches de la retraite et de l’enjeu du renouvellement des générations. C’est dans ce contexte qu’Eric Guyot, président du pays Val de Loire Nivernais, a lancé l’idée de prises de contacts avec des agriculteurs proches de la retraite afin d’établir des fiches sur les éventuelles exploitations à reprendre et mettre ainsi en lumière les potentiels d’activités agricoles propres au département. Une autre façon de cultiver l’attractivité…

 

Si l’on fait un focus sur l’agriculture biologique, on constate qu’en 2023, 27 candidats à l’installation dans la Nièvre étaient intéressés par ce secteur (soit environ 20 % du total, ce qui est relativement important lorsqu’on garde à l’esprit que les exploitations bio ne représentaient que 13,41 % des exploitations en 2021). En 2023 dans le département, le bio aura représenté 15 % des installations aidées, mais, au regard de la conjoncture actuelle concernant ce secteur agricole, il ne serait pas surprenant que cette proportion baisse. Sur le début de l’année 2024, 9 personnes ont, pour l’heure, annoncé vouloir s’installer en bio.