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La vice-présidente du Conseil régional dans la Nièvre agricole

Sophie Fonquernie : «Stimulons la demande de proximité» 

La 14ème vice-présidente de la Bourgogne-Franche-Comté, dans l’ordre protocolaire, est à la fois une proche de Marie-Guite Dufay, la présidente, mais aussi une éleveuse de bovins laitiers dans le Doubs. Pour sa première visite concernant son portefeuille -l’agriculture-, Sophie Fonquernie a choisi la Nièvre, où elle a passé deux jours, les 12 et 13 avril, à la rencontre du monde professionnel.
Par Emmanuel Coulombeix
Sophie Fonquernie : «Stimulons la demande de proximité» 
Sophie Fonquernie (en bas, à droite) a visité mardi matin le marché au cadran de Moulins-Engilbert, avant une rencontre de travail avec les élus consulaires et professionnels.
Ancienne vice-présidente chargée de l’agriculture dans l’ex-région Franche-Comté, Sophie Fonquernie connait moins bien l’agriculture de la Bourgogne, désormais réunie avec sa voisine dans la nouvelle entité. Pour assumer la demande de Marie-Guite Dufay de faire l’état des lieux de l’agriculture dans la région, l’élue a donc décidé d’aller sur le terrain, à la rencontre des acteurs agricoles, et en priorité ceux de la Bourgogne. Mardi et mercredi, pour son premier déplacement officiel, un emploi du temps très chargé l’attendait dans la Nièvre   : de l’abattoir de Luzy à trois visites d’exploitations, de la rencontre avec les élus consulaires départementaux au marché au cadran de Moulins-Engilbert à des entretiens avec les organisations syndicales, de la visite des salaisons Ducerf à Château-Chinon à celle de l’agropôle du Marault, sans oublier un café-débat sur l’agriculture, en soirée, à l’auberge de Poil. Tous les rendez-vous n’étaient pas publics ni ouverts à la presse mais les échanges avec les professionnels sont bien passés. A la Sicafome, mardi, Sophie Fonquernie a pu prendre le pouls de l’agriculture nivernaise avec ses responsables, dans une ambiance d’autant plus détendue qu’elle entame juste son mandat. Les messages sont passés et cela n’empêche pas pour autant les questions et les revendications...

Circuits courts, exports diversifiés, co-construction...
Devant les salles des ventes du cadran, en plein rush, Benoît Blandin, jeune agriculteur du Morvan, s’est interrogé : «Pouvons-nous lui demander ce qu’elle fera pour les prix, qui sont notre problème numéro 1»   ? Plus loin, Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA 58, a lui, insisté sur la demande récurrente pour un approvisionnement dans la restauration collective publique et «comment le Conseil régional peut-il exercer une pression plus forte sur les gestionnaires de restaurants collectifs», rappelant qu’avait été publié, récemment, l’objectif de la région d’un minimum de 50% de produits locaux... La vice-présidente de région a écouté, noté «ce qui va  et ne va pas», et échangé. Avec la nouvelle répartition des compétences territoriales, la région devra prendre en compte et harmoniser les politiques en faveur de l’agriculture des deux anciennes régions. Jocelyne Guérin, la vice-présidente du Conseil départemental de la Nièvre, n’était pas pour rien dans l’accueil de son homologue régionale, tant le Département entend co-construire avec Dijon. «Tirer les filières vers le haut, trouver de la valeur ajoutée, construire ensemble»  : tel est son credo. Évoquant le Plan d’actions voté au Conseil régional, l’élue a dit réfléchir à «comment stimuler la production en crise, sachant qu’on ne peut pas agir sur les politiques commerciales de la distrivution ni sur les outils de régulation européens. On peut travailler sur les débouchés, via les lycées, mais cela ne suffira pas : nous devons organiser d’autres circuits de proximité, avec l’objectif de 20% de produits en circuits courts dans la restauration collective d’ici 2020, travailler sur l’export, peut-être en captant plus de valeur ajoutée sur les débouchés existants et en diversifiant les destinations pour rendre notre dépendance moins grande». Sur la répartition des compétences, Sophie Fonquernie s’est enfin prononcée en faveur de la co-construction, par exemple en utilisant les EPCI, grâce à la loi NOTRe, pour partager la compétence économique avec les territoires... «C’est le souhait de Marie-Guite Dufay d’une vision plus territorialisée» a-t-elle indiqué.