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Rallye reproduction

Jérôme Svarovsky atteint 26% de taux de renouvellement des génisses

La Chambre d’agriculture vient de boucler un rallye «reproduction», en six visites chez des éleveurs du département. Le 23 mars, le rallye faisait étape chez Jérôme Svarovsky, à l’EARL de l’Autrevelle, à Crux-la-Ville.
Par Emmanuel Coulombeix
Jérôme Svarovsky atteint 26% de taux de renouvellement des génisses
Jérôme Svarovsky accuellait une étape du rallye reproduction de la Chambre d’agriculture, le 23 mars, sur son exploitation de Crux-la-Ville.
Pourquoi un rallye reproduction  ? En introduction de la visite, Christophe Dagouneau, le technicien de la Chambre d’agriculture qui l’a organisé, l’a justifié  : «Notre ambition est de réunir des situations très concrètes plutôt que de vous faire asseoir en salle et de vous apporter des recommandations. Le point fort est de vous offrir le témoignage d’un éleveur. Et le thème de la reproduction s’impose parce que c’est un paramètre qui impacte directement l’économie de l’exploitation et qu’il n’y a pas qu’une solution». Cette année, le thème, au cours des six visites, était particulièrement ciblé sur «la reproduction des primipares, une catégorie importante, qu’il convient de bichonner, puisqu’il s’agit de vaches qui vont vêler pour la première fois». L’attention doit être particulière, techniquement, sur la reproduction mais aussi sur la conduite alimentaire et sanitaire, le pâturage, les bâtiments, selon Frédéric Mongeville, l’invité de la Cecna, qui est intervenu sur l’insémination artificielle en fin de réunion, même si Jérôme Svarovsky, lui, pratique à 100% la monte naturelle...
Pour lancer la visite, dans le bâtiment où se reposaient les génisses, Christophe Dagouneau avait apporté des panneaux de présentation technico-économique de l’EARL de Jérôme Svarovsky. Et, l’éleveur pouvait commenter ses pratiques, au fur et à mesure...

Taux de renouvellement de 26%
C’est ainsi que les invités ont pu constater les bonnes statistiques de l’élevage de Crux-la-Ville. Installé en 2009 sur la ferme familiale, puis ayant racheté ses parts à son père, Jérôme assure aujourd’hui 130 vêlages avec 195 ha d’herbe (mais pas de prairies temporaires). «J’ai la chance d’avoir un parcellaire assez groupé» dit-il puisque qu’il n’a que deux sites, distants de 7 km, et que le principal, où avait lieu la réunion, se situe sur place, c’est-à-dire 120 ha d’un seul tenant autour de la ferme. «Toutes les vaches à veaux sont sur le site» explique-t-il, les 18 mois étant mises sur celui plus distant. Le jeune éleveur produit des broutards repoussés, pas d’engraissement, et il achète de la paille et des aliments. 150 femelles par an sont mises à la reproduction et les statistiques sont avantageuses  : «le taux de renouvellement est de 26%, soit 32 génisses à vêler par an, ce qui est au-dessus de la moyenne (22%), pour un taux d’élimination entre le 1er et le 2ème vêlage de 12%, c’est-à-dire celles qui n’ont pas réussi» informe Christophe Dagouneau. Les veaux naissent à 80% entre mi-janvier et mi-avril. L’objectif est de 130 vaches fécondées, «pour que ça rentre dans les bâtiments» ajoute l’éleveur.

Taux de réussite de 100% en 2013
D’autres chiffres plaident pour la qualité du travail de Jérôme Svarovsky. 90% de taux de gestation (sur 150), cela fait 135 vaches gestantes (1er tri) et un taux de mortalité «maîtrisé» de 7%, contre 8 à 9% en moyenne. Cela représente une perte de 10 veaux. Peut-être aussi parce que le cheptel reste le plus jeune possible  : «les vaches ont 10 ans maximum, car sinon les vêlages se passent moins bien et si elles étaient plus vieilles, cela nécessiterait plus d’entretien» indique-t-il. 90% des vêlages se font sur 100 jours (en tardif), ce qui est tout aussi maîtrisé, selon le conseiller de la Chambre. Et, pas moins intéressant, le taux de réussite des veaux nés sur l’exploitation tutoie le maximum, un des objectifs visés par l’éleveur: «100% en 2013 !». Et même si ce n’est pas tous les ans aussi parfait, le taux oscille toujours entre 95 et 99% les autres années... Parmi les secrets de Jérôme, «au vêlage, avant le lâcher, on fait toujours très attention aux vaches qui ont des problèmes de délivrance». L’éleveur pratique aussi le pâturage tournant, au minimum sur trois parcelles et après du déprimage «mais il n’y a pas de parcelle attribuée à un lot de vaches».  A la saison qui arrive, le chargement atteint 60 ares par UGB et l’été, 1 ha par UGB, «ce qui est largement suffisant» souligne Christophe Dagouneau. L’exploitant n’oublie pas de prévoir 70 ha de foin et 8 ha pour l’enrubannage, soit une fauche d’au moins 40%, pour les stocks en rendements normaux.