Cédric Mayet préside l’Ajec de la Nièvre depuis un an
«En attendant de pouvoir m’installer»
Sur le pont avec l’équipe départementale de l’Ajec en vue de l’AG de la semaine prochaine, Cédric Mayet, à Livry, n’est pas encore installé. Il est salarié de l’exploitation de son père, Gilles. Rencontre.
«Cela fait 2 ou 3 ans que je souhaite m’installer mais on m’a conseillé d’attendre de pouvoir apporter 40 ha à l’exploitation familiale. Sauf que si mon père part en retraite, d’ici dix ans, je me vois mal, seul, à la tête d’une ferme de 200 ha (et 30 ha de cultures auto-consommées) et de 140 vêlages, tous inscrits au HBC». Le jeune éleveur est donc provisoirement devenu salarié de l’élevage de son père et entrevoit la possibilité de s’associer prochainement, malgré tout. A 30 ans, fils unique et père de deux enfants en bas âge, Cédric le reconnaît : «l’avenir du métier n’est pas évident. Il y a de moins en moins d’éleveurs et de moins en moins de jeunes» ! Pour autant, il reste lucide : «ici, il faut avoir des parents agriculteurs, sinon ce n’est pas possible». Dans la Nièvre, il n’y a que de très rares exceptions de jeunes qui s’installent en hors cadre familial en bovins allaitants. Et puis l’avenir, il se construit sur des bases solides. «Il faut être passionné et déterminé, c’est ce qui nous motive, la passion du métier et des concours, surtout quand, comme moi, il s’agit de faire de la reproduction... Cela nous occupe, tous les jours, toute l’année. C’est du travail en plus» confie Cédric Mayet. D’autant que la ferme de Livry est exploitée avec un système à part : «nous faisons du plein air intégral. Nous n’avons pas de bâtiment car nous avons le terrain pour le faire, sablonneux, en bord de Loire. En voiture, ça passe tout le temps». Bercé dans l’élevage charolais (son père s’est installé en 1963), le jeune éleveur est président de son AJEC départementale depuis un an. «Une expérience enrichissante qui me permet de rencontrer d’autres éleveurs et de me confronter à d’autres réalités» s’enthousiasme Cédric. Une nécessité aussi, pour ne pas res ter isolé et partager des moments amicaux et professionnels avec des jeunes de sa génération. Car malgré la fougue des 30 printemps, Cédric n’en est pas moins, comme tous ses collègues, dépendant des aléas économiques, climatiques et sanitaires que connaît la profession. Dans la Nièvre, 2015 a été une année difficile pour tout le monde. L’éleveur en veut pour preuve le témoignage de son paternel : «les prix sont toujours les mêmes depuis 30 ans !» Pourtant, Cédric garde la foi : au concours de Nevers, il a emmené 17 bêtes, contre 10 à 15 auparavant. A Paris, son taureau, Gandin, a fait 2è prix de championnat (premier à Nevers) et au National adultes du Mans, Cédric a obtenu un «gratifiant» 1er prix de famille et un 1er prix de section. Ce mercredi, un fils de Gandin part pour le Portugal : «c’est grâce aux concours!»