Une plateforme qui met en relation agriculteurs et étudiants
Pour répondre au besoin de renforts des agriculteurs, notamment sur des missions courtes et parfois différentes du cœur de métier agricole, deux jeunes ingénieures agronomes ont développé un site web qui permet une mise en relation avec des profils motivés et compétents.
Clara Silveiro et Marnie Atgé, la vingtaine, sont devenues chefs d'entreprise au cours de leur dernière année à l'École nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensat). Leur projet d'études a en effet fait mouche, à tel point qu'à peine diplômées, elles en ont fait leur métier : « Nous avons créé Clarnie, une plateforme de mise en relation entre exploitants agricoles et étudiants ou jeunes actifs. L'idée est que ces étudiants ne soient pas forcément issus du milieu agricole, au contraire. Nous visons beaucoup les écoles de commerce, marketing, communication. Leurs élèves peuvent apporter aux agriculteurs leur expertise sur des missions de développement de boutique à la ferme, de création de logo, de gestion des réseaux sociaux, etc. ».
Sélection des meilleurs candidats
La plateforme permet ainsi aux agriculteurs de déposer leurs offres de stage, d'apprentissage ou de missions de courte durée. Ils payent le service au dépôt de l'annonce. Deux options sont possibles. Dans le premier cas, l'équipe de Clarnie détermine les deux meilleurs candidats et envoie leur fiche aux exploitants. Dans le second, Clarnie aide le déposant à rédiger l'annonce de la manière la plus attractive possible et va jusqu'à mener des entretiens d'embauche en visio avec les meilleurs candidats. Lancée en décembre 2024, la plateforme a traité près de 60 dépôts d'annonces, qui ont été pourvues avec satisfaction dans 98 % des cas.
Répondre à une problématique professionnelle et sociétale
Le projet des deux jeunes étudiantes détenait une double exigence : répondre à une problématique professionnelle (libérer du temps aux agriculteurs) et sociétale (le renouvellement des générations en agriculture). Donnant souvent des coups de main à la ferme chez des connaissances, Clara et Marnie trouvent l'expérience inspirante, pour les jeunes comme pour les exploitants. « Notre plateforme n'est donc pas gérée par des algorithmes mais bien par deux personnes qui savent de quoi elles parlent », résument les deux fondatrices. À noter que la plateforme vise avant tout les stages et prestations ponctuelles, ce qui représente une économie financière pour les exploitants.
Immersions rurales, belles rencontres
Les annonces sur Clarnie peuvent être des missions « hors-champs » (pas purement agricoles) : par exemple une prestation de six mois comme photographe pour développer l'identité visuelle d'une ferme, ou encore de la vente sur un festival ou les marchés… D'autres prestations sont agricoles : « on a trouvé une fois une équipe de six jeunes ultra motivés pour nettoyer un poulailler sur quelques heures ». Clarnie se charge de trouver les profils, l'exploitant gère ensuite les démarches administratives (contrats, Tesa…).
« Ce qui nous fait plaisir, c'est de voir des personnes très éloignées du monde agricole découvrir toute l'énergie et la passion qu'il y a derrière les métiers de la terre et de l'élevage. Une étudiante parisienne en marketing a par exemple fini par se spécialiser dans la communication agricole après avoir cumulé plusieurs stages en fermes via Clarnie », évoque Clara Silveiro.
Démarcher les coopératives
Pour se faire connaître, Clara et Marnie se rapprochent des écoles d'enseignement supérieur, sont présentes sur les salons agricoles et surtout, investissent à haute dose les réseaux sociaux. « C'est surtout grâce aux réseaux que nos offres sont vues, partagées puis pourvues », détaillent-elles.
Mais plus que les écoles, ce sont les coopératives que visent avant tout les deux jeunes filles : « Nous souhaitons les inviter à financer l'achat d'annonces sur Clarnie pour leurs adhérents, afin de les soutenir dans leur recherche de main-d’œuvre, voire de futurs repreneurs de ferme », appellent-elles de leurs vœux. Pour l'instant seule la coopérative Aveyron Brebis bio a sauté le pas.
Clarnie rayonne surtout en Occitanie pour le moment, avec, à la marge, quelques annonces dans d'autres régions. Si la belle histoire se poursuit, la plateforme pourrait rendre service à des agriculteurs de toute la France.
https://clarnie.com/