« Une fédération au service des agriculteurs »
Le 14 novembre dernier, la Fédération Française des Producteurs Agrivoltaïques a renouvelé son bureau. Parmi sept agriculteurs, deux visages icaunais représentent la Bourgogne.
Créée en décembre 2021 à Mont-de-Marsan, la Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) est née « d'un besoin commun pour les agriculteurs de trouver une activité de diversification résiliente. Nous voulions créer une structure qui accompagne les agriculteurs qui souhaitent développer des ENR », manifeste Alexandre Bardet, agriculteur à Noyers-sur-Serein. À l’origine, les agriculteurs qui ont fait naître le projet étaient en partenariat avec le développeur GLHD, mais « nous avons une volonté d'indépendance pour que tous les développeurs adhérents à la doctrine puissent être présents au sein de notre fédération », explique-t-il. Céréalier et éleveur, Alexandre Bardet est aussi l'un des fondateurs de la fédération. Il en a d'ailleurs été le premier président. En tant qu'association, la FFPA souhaite avant tout « se battre pour les intérêts des agriculteurs au sein du territoire national ». La FFPA défend la notion de pluralité des projets car « chaque terroir a ses propres problématiques », témoigne-t-il. Après le renouvellement du bureau de la FFPA, le 13 novembre dernier, Alexandre Bardet est le nouveau porte-parole. « L'objectif pour moi est de mettre en avant ce que porte la FFPA au sens large », confie-t-il. Les principales missions seront de « continuer à accompagner les agriculteurs dans la diversification ainsi que de sensibiliser et accompagner les collectivités dans le développement de projets agrivoltaïques ». Pour rappel, cet agriculteur fait partie du projet porté par les « Champs Solaires Nucériens », où les agriculteurs comptent réintroduire l'ovin sur des exploitations à l'origine en grandes cultures.
Trouver des alternatives
Hugues Trameau, agriculteur à Chatel-Gérard, vient quant à lui d'être nommé vice-président de la fédération. Après une reprise d'exploitation familiale avec son associé Nicolas Trameau, « nous nous sommes rendu compte que le système des plateaux de Bourgogne était obsolète. Nous avons rencontré des problèmes d'assolement de colza, nous avons perdu 1 t/ha en blé, sans parler de la baisse de 30 % des aides Pac ». Face à ce constat, les deux associés choisissent des alternatives en se tournant vers l'élevage ovin en 2018, puis bovin en 2022. « En prenant des brebis, nous pouvions valoriser notre luzerne, car nous sommes en bio ». Comme Alexandre Bardet, Hugues Trameau a souhaité prendre des ovins avant de se lancer dans un projet agrivoltaïque. « Mon projet n'a pas encore vu le jour. C'est un projet sur 38 ha où deux îlots sont prévus pour les ovins en plein air intégral. Il y a deux usages pertinents : pour l'agnelage et pour résoudre le problème de l'ombrage, notamment lors des fortes chaleurs », explique-t-il. Aujourd'hui, en tant que vice-président, cet agriculteur a de nombreuses revendications. « Il y a une idée préconçue selon laquelle les terres agricoles sont vouées à l'alimentation humaine, ce qui est faux. Historiquement, l'agriculture était également vouée à l'alimentation animale. Je me souviens que mon grand-père cultivait de l'avoine pour les chevaux », témoigne-t-il. « Et quand ce qu'on produit ne vaut rien, il ne faut pas que s'étonner que les agriculteurs se tournent vers la production d'énergie ». En tant que représentant des agriculteurs au sein de la fédération, il livre plusieurs conseils. « Même si notre projet est en lien avec les moutons, ce n'est pas le seul modèle agrivoltaïque possible. C'est à chacun de trouver comment adapter son modèle. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec nous pour accompagner les projets, notamment pour trouver le bon développeur », conclut-il.