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Assurances

Une couverture en cas de coup dur

Groupama prépare un nouveau produit qui permettra à un maximum d’agriculteurs de «repartir» après un sinistre.
Par Aurélien Genest
Une couverture en cas de coup dur
Le contrat socle sera applicable dès cet automne et s’intéressera à toutes les productions, y compris les prairies.
Contrat socle. Retenez bien ce nom. Il sera prochainement proposé par plusieurs assureurs, dont Groupama. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, relaie régulièrement l’information dans ses allocutions. «L’idée est d’avancer dans la gestion des risques» relève François Schmitt, président de Groupama Grand-Est, lors d’une récente conférence de presse, «la profession, les OPA et les Pouvoirs Publics sont entrés dans une réflexion commune. Le terrain a besoin d’une couverture beaucoup plus importante pour sécuriser les revenus face à une volatilité des prix de plus en plus grande et des aléas climatiques particulièrement nombreux ces dernières années». François Schmitt évoque la multirisque climatique de Groupama : «elle a dix ans. Le produit fonctionne mais peine pourtant à décoller. En 2014, seuls 35% des surfaces de grandes cultures étaient couvertes, 20% des surfaces viticoles et très peu en arboriculture». L’équilibre technique de cette multirisque climatique n’est pas atteint depuis sa création et ces  dernières années y ont fortement contribué. «Elles ont coûté plus cher en sinistres qu’elles n’ont rapporté. En 2013, pour 240 millions d’euros de cotisations, 290 millions ont été indemnisés» illustre le président.

Plus attractif
L’idée d’un produit «coup dur» a vocation de «permettre aux exploitants de repartir après un important sinistre». «Pour la première fois, tous les assureurs ont travaillé ensemble à livre ouvert» commente François Schmitt. Le contrat socle sera plus «attractif» car moins cher de 15 à 20% par rapport à l’actuelle multirisque climatique. «Il y aura quelques options en moins mais nous proposerons des garanties supplémentaires pour ceux qui veulent souscrire davantage» précise le président. L’offre sera commercialisée dès cet automne, toutes les productions seront concernées y compris les prairies. L’objectif est de couvrir au moins 70% des surfaces agricoles : une superficie nettement supérieure à celle constatée aujourd’hui. «Il est impératif d’avoir ces 70% pour garantir les tarifs. Sinon, le risque est d’arriver à une anti-sélection. Dans ce cas, seuls les plus exposés aux risques s’assurent et le système ne fonctionne pas» avertit François Schmitt. Au moins quatre «blocs» composeront ce contrat socle : un premier s’intéressera aux grandes cultures, un second à la viticulture, un troisième à l’arboriculture et un dernier aux prairies, avec obligation de s’assurer pour toutes les productions composant un même bloc.

Une belle suite aux calamités
Groupama a été très acteur sur le dossier prairies. En pratique, une observation par satellite évaluera la dynamique de la culture. Des courbes de production seront obtenues puis comparées à un historique de l’exploitation. L’indemnisation sera automatique, sans expertise individuelle. Par rapport aux calamités agricoles, le contrat socle offrira une plus grande réactivité : les indemnités ne seront plus versées après plusieurs mois, quelques semaines suffiront. La situation individuelle de l’exploitation sera prise en compte, le raisonnement ne se fera plus par petite région agricole ni sur un forfait départemental ou régional. Il n’y aura d’ailleurs plus besoin de décret préfectoral.