Une coopérative en pleine transition
Le 17 juin, la coopérative agricole Capdéa a réalisé son assemblée générale à Saint-Benoît-sur-Seine, dans l'Aube. Avec près de 15 % de ses adhérents icaunais, la coopérative auboise est un acteur majeur de diversification pour les céréaliers.
« Au niveau industriel, la campagne 2025 présente une production d'un total de 205 845 tonnes de luzernes, comprenant 182 639 tonnes de pellets et 20 978 balles », informait Florent Feige, directeur de la coopérative agricole auboise Capdéa, spécialisée dans la production de luzerne déshydratée. Ce 17 juin, Thierry Tissut, président de la coopérative et son directeur, ont invité leurs adhérents à rejoindre les rangs du clos de Bel Air, à Saint-Benoît-sur-Seine, dans l'Aube. La coopérative ne s'arrête pas là : elle affiche un taux moyen de décarbonation dans les différents sites, d'approximativement 90 % en moyenne. « Forte des résultats de la filière depuis plusieurs années consécutives, la luzerne déshydratée est aujourd'hui une source de protéine reconnue bas carbone dans les rations », justifie le président de la coopérative. Du côté de la production de betteraves, Capdéa expose une production totale de 116 166 tonnes de pulpes de betteraves. Un rythme de croisière. En ce qui concerne la production de paille, la campagne 2025 comptabilise 8 500 de tonnes produites par Capdéa. Florent Feige confie qu'il souhaiterait tout de même « atteindre, voire dépasser les 10 000 tonnes de production annuelles ». Pour cela, les deux dirigeants annoncent avoir la « volonté de mettre en place un troisième site dans les prochaines années ». Au-delà des productions majeures, Capdéa a de petites antennes pour diversifier la production de ses adhérents. Parmi elles, nous retrouvons : du marc de pomme, du sainfoin, du marc de raisin, de l'œillette et du miscanthus. Dans ces productions diversifiées, l'œillette tire son épingle du jeu. « C'est une culture qui a de très bons rendements. Aujourd'hui, la rémunération forfaitaire est maintenue pour 2026, à 1 000 € de l'hectare et le prix des capsules annoncées serait à 2 175 €/la tonne », informe-t-il. Pour cette campagne 2026, de nombreux adhérents ont répondu présents, correspondant à près de 250 hectares supplémentaires sur ce secteur d'activité.
« La luzerne a amorcé sa reconquête »
« Il y a un an, on vous annonçait cette opération ambitieuse de reconquête sur la production de luzerne. Aujourd'hui, on peut vous annoncer que la première phase de l'opération, celle des parts de marché, est globalement cochée. Cette année, nous laissons place à la seconde phase de l'opération reconquête, en l'occurrence : celle de la valeur du produit. L'objectif est de capter les signaux et les concrétiser par une augmentation de la valeur générée par le marché. En concrétisant ces dires, vous pouvez retrouver de la rémunération dans vos fermes et croire au fait que la luzerne a un potentiel d'avenir et qu'elle est même nécessaire pour nourrir les marchés que nous sommes allés chercher », analysait Pierre Begoc, directeur général de Désialis, opérateur majeur de la commercialisation de produits déshydratés à base de luzerne. En collaborant avec la coopérative Capdéa, Désialis a souhaité redynamiser le marché de la luzerne en allant capter les signaux au sein de pays européens, comme l'Allemagne, qui est considéré comme « le plus gros marché laitier européen ». « Notre niveau de pénétration sur le marché allemand n'est pas au potentiel du nombre d'animaux, et notamment des vaches laitières disponibles sur le marché. Le retour sur ce marché européen s'est opéré en pellets et en balles grâce à la fermeté du marché français et à la bonne tenue du marché belge », signalait-il. En arrivant l'année dernière, Pierre Begoc, a constaté, sur le marché européen, « une vraie baisse de la production de luzerne déshydratée qui a généré des opportunités pour placer nos produits. Le marché européen, à bien des égards, a des ressources qu'on n'a pas encore totalement optimisées. C'est ce à quoi on a choisi de s'atteler avec les administrateurs pour tracer la feuille de route 2030. L'objectif ? C'est d'être lucide sur notre contexte. On est en Champagne, on est au cœur de l'Europe, on est au cœur du bassin de production animale, mais on est handicapés parce qu'on est loin de l'export maritime et de l'accès aux océans. Donc l'export maritime, on l'a réduit », se justifie-t-il par la suite. Si les pays frontaliers sont les premiers concernés, c'est avant tout car cela était inscrit dans la feuille de route pour 2030, intitulée « Europa First ». « On a gardé un pied dans l'export. On privilégie les pays européens mais on est tout de même très contents de voir que cette année, peut-être, on pourra faire quelques tests vers le marché chinois parce que c'est une corde de plus à notre arc », conclut-il.