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GIE Charolais Évaluation

Un vendredi 13 pas comme les autres

Quarante reproducteurs seront mis en vente le 13 février au pôle agricole de Créancey. La génétique ne laissera aucune place au hasard.
Par Aurélien Genest
Un vendredi 13 pas comme les autres
Les membre du GIE Charolais Évaluation, réunis en assemblée générale mercredi 21 janvier.
Chance ou malchance en ce vendredi 13 février ? Pour les futurs acheteurs de la vente de Créancey, la question ne se posera pas : chacun saura précisément à quoi s’attendre. Les quarante reproducteurs mis aux enchères pourront répondre à toute attente concernant la descendance de leur cheptel. «Le lot est encore plus homogène que les autres années. Aucun veau ne se distingue plus qu’un autre. Il devrait, en toute logique, y avoir beaucoup de preneurs» relève Jean-Pierre Godot, président du GIE Charolais Évaluation. Ce groupement d’intérêt économique s’est réuni en assemblée générale la semaine dernière à Créancey pour peaufiner les derniers détails de l’organisation. La mise à prix restera à 2 500 euros. Le système de boîtiers électroniques est reconduit avec des enchères de 20 euros. Les photos, vidéos et fiches techniques de chaque bovin sont d’ores et déjà disponibles sur le site internet de la station (www.stationevaluation21.com). Ceux qui le souhaitent peuvent obtenir des informations supplémentaires auprès des techniciens Bovins Croissance et venir voir les veaux sur rendez-vous. L’achat à distance sera même possible en cas d’indisponibilité le jour J.

Un travail collectif
Si tout est mis en place pour assister à une belle vente, le responsable du GIE ne cache pas les difficultés du moment: «on le sait tous, la situation est délicate dans les fermes. Le commerce des broutards et le prix de la viande ont du mal à reprendre. Si cette conjoncture devait avoir un impact sur notre vente, ce serait vraiment dommage : l’investissement dans un reproducteur est très utile pour contrer les difficultés. La génétique contribue à l’optimisation des conditions de naissance, de la morphologie et des croissances, permettant d’accroître la productivité d’un élevage. Ce n’est pas le seul levier disponible, mais c’est sans doute le plus accessible». Durant cette assemblée générale, Céline Zanella, responsable de l’EDE de Côte d’Or et du Pôle Elevage, a salué l’important travail collectif réalisé autour de la station et la volonté commune de faire progresser la race charolaise. Concernant le prix des pensions -considéré élevé par certains-, Jean-Pierre Godot a rappelé qu’il s’agissait d’un «investissement» devant «se raisonner sur sa globalité» : «il ne faut pas considérer la seule vente d’un bovin. A l’exception de certains animaux, on ne fait généralement pas de gros coup de commerce. Il faut considérer l’ensemble des bénéfices : l’éleveur va disposer d’une publicité de 150 jours sur notre site internet. Son exploitation est mise en avant le jour de la vente et le suivi des animaux après celle-ci lui assure également des retombées».

Le moment d’acheter ?
Sébastien Tursin, de Villargoix, prenait part à cette réunion, de même qu’à la visite de la station proposée l’après-midi : «C’est le deuxième bovin que j’emmène ici. Je ne l’avais pas revu depuis la rentrée. Je m’étais contenté de regarder ses croissances sur internet. Mes impressions ? Il a bien changé et visiblement bien profité !» Pour cet éleveur de 32 ans, la station «est un endroit où il faut  être présent pour vendre des animaux, et pas uniquement le jour de la vente». Concernant le contexte, «ce sera forcément tendu, mais les éleveurs ont besoin d’un taureau car il ne s’est quasiment rien vendu à l’automne».