Trouver des solutions pour une filière pérenne
Après une assemblée générale à Paris en fin d'année dernière, la CGB, le syndicat betteravier, a organisé une réunion syndicale auprès de ses adhérents icaunais pour faire le point, ce mardi 13 janvier.
C'est au sein de l'hôtel Kyriad à Malay-le-Grand, que Benoît Yot, directeur de CGB Champagne Bourgogne et Sébastien Roger, vice-président de CGB Champagne Bourgogne ont donné rendez-vous aux betteraviers pour une réunion syndicale. Avec 135 planteurs icaunais et 2 280 hectares dédiés à la betterave, l'Yonne fait partie des départements de la région Champagne Bourgogne à produire des betteraves. Après l'arrêt de la sucrerie de Souppes-sur-Loing en janvier 2025, c'est désormais la sucrerie de Cristal Union à Corbeilles en Gâtinais (70 %) et de Tereos à Connantre (30 %) qui collectent les betteraves. Après une récolte mitigée, Benoît Yot souhaite revenir sur la campagne 2025. Cette année-là avait un potentiel « prometteur, avec des semis précoces, majoritairement réalisés en mars (99 %), contre une moyenne sur cinq ans, où près de 50 % des semis se réalisaient jusqu'au 1er avril », analyse-t-il, avant de poursuivre, un brin de déception dans la voix. « Cependant, nous avons subi une pression importante des pucerons ainsi qu'une forte expression de la jaunisse dans certains de nos secteurs », constate-t-il. Côté météo, « nous avons eu un printemps sec accompagné d'un épisode caniculaire à la fin du mois de juin, suivi par des précipitations estivales très disparates, avec des secteurs à fort déficit hydrique ainsi qu'une arrière-saison propice à la progression des rendements, poids et richesse », ajoute-t-il. À son tour Sébastien Roger convient que « le facteur limitant, tout au long de cette campagne, à part à la fin du mois d'août, a été l'eau ». Du côté de la récolte, « aucune non-conformité n'a été signalée sur l'ensemble de la campagne dans nos quatre sucreries ainsi qu'à Corbeilles-en-Gâtinais. Nous devons être exigeants afin que cela n'arrive pas. Après de vrais échanges avec nos interlocuteurs, nous avons la volonté commune de maintenir une qualité de réceptions. Tout cela pour un bon prix », manifeste Benoît Yot.
« On ne peut pas minimiser le changement climatique »
Du côté de l'actualité syndicale, Sébastien Roger interpelle les participants en revenant sur les « moyens de production de plus en plus contraints, notamment par rapport aux distorsions de concurrence française. Les molécules interdites en France sont utilisées chez tous nos principaux compétiteurs européens ». Dans ce cadre, le sujet se tourne désormais vers le rapport de l'Inrae publié en octobre 2025. Au-delà du traitement actuel, cette étude relate le fait que « des alternatives non chimiques qui ont été en partie reprises dans les travaux du PNRI et de l'ITB ont été proposées : usage de plantes compagnes, champignons entomopathogènes, variétés résistantes. L’Anses insiste sur le fait que ces solutions sont à efficacité insuffisantes si utilisées seules et que des stratégies combinatoires en lutte intégrée doivent absolument être développées, en raisonnant de la parcelle au territoire ». (source : Inrae). Face à « une absence de solution efficace », Sébastien Roger souhaite « relancer la suite de la proposition de loi dite « Duplomb », suivre le dossier NBT concernant de potentielles solutions génétiques au sein de l'UE et sécuriser les moyens de protections disponibles en 2026 ». Pour rappel : « Deux moyens de protections pourront être utilisés cette année, l'actuel et le second par dérogation » rappelle-t-il. À cela s'ajoute, « l'Axalion, une nouvelle matière active, en cours d'évaluation au niveau de l'Union Européenne ». Avec un brin d'espoir dans la voix, Benoît Yot termine la réunion par une analyse ciblée des marchés de la betterave. Considéré comme « un marché mature, le marché de la betterave est attaqué de toute part, par les spéculations ». « Nous avons un excédent de production, avec un stock bas, le plus bas sur les quinze dernières années », ajoute-t-il. Dans l'assemblée, les voix s'échauffent. « Personne ne gagne d'argent avec les cours actuels », manifeste-t-il. Sébastien Roger manifeste le fait que « si les stocks mondiaux sont bas, tout est fait pour que cela remonte » et « à la fin de cette année, il risque d'y avoir une augmentation des prix ».