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Sport

On a parlé « foot » avec Gabin

Deuxième article « foot » en l'espace de trois journaux : mais que se passe t-il à Terres de Bourgogne ? Rassurez-vous, nous ne prenons pas le chemin de l'Équipe. C'est juste que l'actualité sportive est très chargée avec la coupe du monde qui débute ! Nous avons échangé avec Gabin Lechenault, agriculteur à Foissy et footballeur à Pouilly-en-Auxois.


 

Par AG
On a parlé « foot » avec Gabin
SC Photography
Gabin Lechenault pense que l'Espagne est la grande équipe favorite de la coupe du monde.

Il est déjà passé dans nos colonnes à trois ou quatre reprises, à chaque fois avec l'un de ses veaux charolais. Pour ce nouvel article, c'est avec le maillot de foot de Pouilly-en-Auxois que Gabin Lechenault apparaît dans notre journal ! Nous avons parlé « coupe du monde » avec cet agriculteur du canton d'Arnay-le-Duc. Mais avant d'évoquer cet événement qui vient de débuter en Amérique, abordons d'autres points plus « locaux » avec ce jeune homme de 30 ans. Gabin Lechenault évolue donc au club de Pouilly, lui qui n'a commencé le foot que sur le tard. « Tout petit, je faisais du hand à Arnay. Mais je me suis laissé convaincre par des amis de changer de balle et de terrain, chose que j'ai faite à 18 ans… Ça m'a tout de suite plu et je n'ai jamais décroché. J'ai débuté au club de Thury, avant d'aller jouer un peu plus haut à l'ASP ».

La coupe à la maison

Le défenseur central d'1,90 m vient de vivre ses deux meilleurs souvenirs sportifs en l'espace d'une semaine, avec une montée en division 1 départementale et la victoire finale en coupe complémentaire Crédit Agricole : « nous avons terminé à la deuxième place de notre poule de championnat de D2, cela nous permet d'accéder à l'échelon supérieur. Et oui, quelques jours plus tard, nous avions rendez-vous pour la finale de la deuxième coupe départementale. Depuis peu, cette rencontre se déroule à Gaston-Gérard à Dijon, le stade du DFCO ! Autant dire que c'était un excellent moment, avec une pelouse magnifique. Entre 400 et 500 personnes de Pouilly et des environs avaient fait le déplacement pour nous encourager… C'était super et nous avons eu la chance de gagner ! ».

L'agriculture bien représentée

Malgré sa position reculée sur le terrain, Gabin Lechenault marque assez régulièrement avec notamment 7 réalisations cette saison et 9 l'année d'avant. Les deux tiers de ses buts ont la particularité d'être inscrits de la tête ! La finale de la coupe Crédit Agricole a été l'occasion de faire trembler à nouveau les filets d'un joli « coup de boule », lors du troisième des cinq buts de son équipe (victoire 5-2 contre Corgoloin-Ladoix). D'autres agriculteurs ou salariés du para-agricole font partie de la formation : « il y a Lucas Jeannin, notre gardien, qui s'installera le 1er janvier sur la ferme familiale à Chazilly. Arthur Pharaboz, technicien à Dijon Céréales, est notre numéro 9 et a dépassé les 20 buts cette saison ! Il n'a pas marqué en finale mais a tout de même délivré trois passes décisives. Il y a aussi Louis Deroye, qui travaille chez Bobard, entreprise spécialisée dans le tracteur enjambeur ».

Un coach de « poids »

C'est plus qu'une anecdote : l'entraîneur de Pouilly-en-Auxois est un ancien demi-finaliste de la Ligue des champions et se nomme Zito Rozborski. Ce Polonais de 71 ans s'était hissé dans le dernier carré de la plus prestigieuse des coupes européennes, c'était en 1983 avec son club de Widzew Łódź : « cela va sans dire, c'est une chance énorme d'apprendre à ses côtés, nous parlons à un vrai pro. C'est une personne très rigoureuse, très exigeante, mais qui a des valeurs humaines remarquables. Il sait aussi se montrer conciliant, je l'ai bien vu il y a six mois quand j'ai été papa pour la première fois… J'ai eu droit à un peu plus de souplesse que les autres aux entraînements ! ».

Un double arrosage

La finale de la coupe Crédit Agricole avait lieu le 30 mai, jour du match PSG-Arsenal en Ligue des champions. Les footballeurs de Pouilly-en-Auxois, rentrés juste à temps pour regarder le match tous ensemble, ont donc « arrosé » deux trophées, le leur et celui du PSG : « notre soirée était d'autant plus belle avec la performance de Paris, car gagner deux fois de suite cette compétition est tout simplement incroyable sachant qu'en France, nous ne la gagnons quasiment jamais ! Oui, la soirée a été arrosée même si, personnellement, la finale de la LDC, je ne l'ai pas aimée plus que ça, le jeu proposé n'était pas très beau. Mais l’essentiel est d'avoir gagné, me direz-vous ».

Jamais deux sans trois

Gabin Lechenault espère célébrer une troisième coupe d'ici quelques semaines : « en effet, ce serait top si la France venait à gagner la coupe du monde… Mes pronostics ? J'espère me tromper mais je pense que ce sera dur pour les Bleus, je crains qu'ils échouent aux portes de la finale. Je ne les imagine pas aussi forts qu'en 2018. Je pense que les Espagnols sont les grands favoris, il sera très difficile de les battre à mon avis. La France arrive juste après selon moi. Il faudra aussi surveiller de très près les Anglais ». Le Côte-d'Orien envisage de regarder tous les matchs de l'équipe de France et les plus belles affiches du tournoi : « certaines rencontres auront lieu la nuit. Je suis passionné mais pas au point, non plus, de me lever à 3 heures du matin pour regarder du foot ! Les moissons ? Elles ne devraient pas trop nous perturber pour regarder la coupe du monde : nous ne sommes pas dans un coin très céréalier et tout devrait aller assez vite ».

 

 

 

Le sport pour s'aérer

Le foot monopolise Gabin Lechenault trois fois par semaine. Celui-ci met en place une organisation de travail spécifique pour ne rien rater : « les jours de match et d'entraînements, je commence systématiquement le boulot plus tôt. Je peux aussi compter sur l'aide de mon père ! Pour l'instant, j'ai de la chance, je n'ai jamais été blessé et cette activité sportive ne m'a jamais pénalisé dans mon quotidien ». Le football lui permet aussi et surtout de s'aérer : « il me permet de sortir de la ferme, d'avoir un lien social ainsi qu'une ouverture d'esprit, du fait que je côtoie des personnes venant d'autres milieux professionnels. Je trouve cela très important ».