Le travail en réseau, un incontournable de l'enseignement agricole
Face aux nécessités de faire exister l'enseignement agricole aux yeux d'un public élargi, d'innover dans les approches pédagogiques, de renforcer la position d'établissements confrontés à une inévitable baisse de la démographie, fonctionner individuellement ne suffit plus. Le Repafeb est un réseau qui accompagne les démarches collectives dans le cadre de l'adaptation à ces défis.
On évoque souvent, lorsqu'on parle des métiers agricoles, l'isolement comme une caractéristique de ces professions. Un sentiment qui peut aussi s'éprouver parmi les dirigeants d'établissements d'enseignement ou même les enseignants. Favoriser et accompagner des fonctionnements en réseau plutôt qu'en silo devient aujourd'hui indispensable dans l'univers de l'enseignement agricole. C'est la raison d'être du Réseau des établissements publics agricoles de formation et d'enseignement (Repafeb) Bourgogne-Franche-Comté. Sa mission première est d'assurer la promotion de l'enseignement agricole, à travers les Établissements publics locaux d'enseignement et de formation professionnelle agricole (Eplefpa), les Centres de formation pour apprentis (CFA) et les Centres de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA). On y travaille sur le recrutement des élèves, des apprentis et des apprenants en formation continue. Le Repafeb permet également à différentes filières ou métiers de travailler en collectif, procéder à des échanges de pratiques et monter des actions de soutien. « Aujourd'hui, souligne Alexandra Peyraud-Magnin, animatrice au sein du Repafeb pour les Eplefpa, diriger un lycée agricole ou un CFA-CFPPA demande beaucoup de courage. Il est essentiel pour ces personnels de bénéficier de lieux et de temps en commun, pour parvenir à échanger et construire des fonctionnements en collectif. »
Deux piliers
Le Repafeb repose sur deux piliers : des collectifs de directeurs (de lycées, d'exploitations, de CFA, de CFPPA) et des commissions thématiques (transitions, politiques éducatives, coopération internationale, et communication). Autant d'outils destinés à renforcer le positionnement de l'enseignement agricole face au défi de la baisse démographique, en plus d'une présence accrue sur les salons dédiés à l'orientation ou l'apprentissage. Au-delà des deux animatrices que le Repafeb emploie aujourd'hui avec Laure Binet sur les CFA et CFPPA (voir encadré) le réseau vient aussi de renforcer ses capacités en recrutant Lucas Finez, un alternant de l'Université de Bourgogne, en charge de la communication. Pour illustrer les actions que mène le Repafeb, on peut revenir sur la rencontre régionale de fin 2025 dans le Jura. Cet événement, organisé sur deux jours, était destiné à former les délégués, élus pour chaque établissement (lycée, CFA ou CFPPA) parmi les apprentis, adultes en formations ou lycéens. 135 jeunes étaient réunis à cette occasion.
Découverte du supérieur
L'évènement proposait des ateliers pour former les participants à ce qu'impliquent l'engagement et le fait d'être le représentant d'un collectif, au sein de son établissement mais aussi, plus largement, dans la société. « Ces délégués, précise Alexandra Peyraud-Magnin, représentent les publics qui sont accueillis et formés dans nos établissements. Certains peuvent même intégrer le Conseil régional de l'enseignement agricole (Crea) ou son pendant national. Durant les deux jours de cette rencontre régionale, j'ai été impressionnée par la capacité de ces jeunes à prendre la parole, argumenter, débattre, écouter… Au-delà de la formation, on sent que l'enseignement agricole a une vraie volonté d'ouvrir sur l'extérieur, la citoyenneté. » Autre illustration de ce fait : les lycées, CFA et CFPPA de BFC vont contribuer aux Assises de l'agroécologie qui vont avoir lieu à Dijon les 21 et 22 septembre. On peut enfin évoquer l'action Pass' au Sup, dont la 4è édition s'est tenue le 13 janvier à Agro Campus, à Quetigny, près de Dijon. Mise en place par un collectif des adjoints de direction d'établissements agricoles, elle poursuit l'objectif d'ouvrir des horizons sur des filières proches du milieu agricole, mais parfois peu connues, à des jeunes qui, parfois, s'arrêtaient au bac, sans avoir toujours conscience qu'ils pouvaient poursuivre leurs études. « Elle s'adressait, explique Alexandre Adam, directeur-adjoint d'Agro Campus Dijon, aux élèves de terminal STAV et bac pro de l'enseignement agricole. 500 jeunes des établissements de toute la BFC étaient rassemblés à cette occasion pour découvrir un panel de 21 BTS. »
Les portes ouvertes à noter sur vos agendas
Exemple de travail en collectif réalisé par le Repafeb : la mutualisation des communications concernant les portes ouvertes organisées dans les établissements agricoles de BFC. Voici ce qu'il en est de ces rendez-vous pour les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de l'Yonne :
En Côte-d'Or :
- À Agro Campus Dijon (Quetigny et Plombières-lès-Dijon) : journées portes ouvertes toutes formations les 31 janvier et 21 mars. Spécial apprentissage le 6 juin.
- À Beaune Viti Agro Campus : journée portes ouvertes toutes formations le 7 mars de 9 heures à 16 heures.
- À l'EPL de La Barotte, Haute Côte-d'Or de Châtillon-sur-Seine : journée portes ouvertes toutes formations le 14 mars de 9 heures à 17 heures. Matinale orientation le 25 avril de 9 heures à 13 heures.
Dans la Nièvre :
- Morvan Château-Chinon : matinale post-bac le 24 janvier de 9 heures à 13 heures. Journée porte-ouvertes le 14 mars de 9 heures à 17 heures. Après-midi de l'orientation le 29 avril de 13 h 30 à 18 heures.
- Nevers-Challuy/Plagny/Cosne : journée portes ouvertes toutes formations le 7 mars de 9 heures à 17 heures.
Dans l'Yonne :
- EPL des Terres de l'Yonne, à Venoy et Champs-sur-Yonne : journées portes ouvertes toutes formations les 24 janvier, 14 mars et 6 mai, de 9 heures à 17 heures.
Pour les CFA et CFPPA, le besoin d'élargir, là aussi.
Laure Binet est animatrice du Repafeb pour les CFA et CFPPA. Un secteur préoccupé par la réforme de l'apprentissage et de ses financements. Dans ce contexte, les Opérateurs de compétences (Opco) tels qu'Ocapiat pour l'agriculture, voient leurs budgets fragilisés ce qui pose la question de leur pérennité. « Les CFA et CFPPA, précise Laure Binet, travaillent pour s'adapter à cette nouvelle donne, poursuivre leurs actions de promotion des formations agricoles et, en parallèle, diversifier leurs offres de formations. Il s'agit aussi de faire prendre conscience à un public élargi des profondes innovations qui traversent aujourd'hui les métiers agricoles ». C'est d'autant plus important que la part des hors-cadre familial parmi les jeunes qui se dirigent vers les CFA va croissant. Pour les CFPPA, le questionnement est identique, en regard de la réforme en cours. La quête d'un public élargi est là aussi une piste possible. Laure Binet cite l'exemple d'un appel d'offres récent émanant du ministère des Armées, portant sur la reconversion des militaires, à la fin de leur carrière : « Les CFPPA de toute la France, qui ont répondu à l'appel d'offres de manière collective, ont remporté cet appel d'offres. » En BFC, on compte 15 CFPPA et 12 CFA pour le secteur agricole.
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