Le point sur les maladies bovines
Début novembre, le Groupement de Défense Sanitaire a organisé trois réunions cantonales pour faire le point sur l'actualité sanitaire en élevage.
Après être allé à la rencontre des éleveurs de Migennes, Toucy et de Guillon-en-Terre-Plaine, le Groupement de Défense Sanitaire de l'Yonne (GDS) souhaite revenir sur l'avancée de la rhinotrachéite infectieuse bovine connue sous le nom de l'IBR. D'après l'ANSES, c'est une maladie infectieuse hautement contagieuse qui affecte les bovidés. Cette maladie induit des troubles respiratoires, des infections bactériennes, des conjonctivites et une atteinte de l'appareil général et du trouble reproductif. Pour autant, l'ANSES explique que l'élevage bovin français est souvent asymptomatique à cette maladie. Le 10 juin 2024, un arrêté ministériel a été mis en place, afin de favoriser la réforme des bovins positifs à l'IBR et de sécuriser les échanges de bovins non qualifiés pour protéger les cheptels indemnes. Dans l'Yonne, le GDS annonce qu’en juin 2024, huit exploitations étaient concernées par la réforme des bovins positifs, pour un total de 381 bovins dans les secteurs Avallonais, Sénonais et Florentinois. Le calendrier de réforme de l’arrêté a été respecté, l’Yonne n’est plus concerné que par deux exploitations en juin 2025 pour un total de 160 bovins positifs dans l’Avallonais. D’ici juin 2026 plus aucune exploitation ne devrait être concernée. À compter du 1er janvier 2026, l'arrêt prévoit une nouveauté : tous les animaux de cheptels non qualifiés devront uniquement partir à l'abattoir. Parmi les cheptels non qualifiés, notamment pour raisons sanitaires ou administratives, nous retrouvons : les cheptels suspendus, les cheptels en retrait, le cheptel en cours de gestion, les cheptels en cours de qualification, les cheptels en assainissement et les cheptels non conformes. Les animatrices rappellent également l’importance de respecter les dates de prophylaxie (1er novembre – 15 avril) et les délais de la prise de sang d'introduction (entre 15 et 30 jours après introduction de l’animal) afin de ne pas se retrouver « dans les cheptels en suspension de qualification ».
Du nouveau sur la Besnoitiose
Malheureusement, l'IBR n'est pas la seule maladie qui touche les éleveurs bovins. La Besnoitiose fait également partie des sujets qui ont été abordés lors des réunions cantonales. La Besnoitiose bovine est une maladie infectieuse qui se transmet par la piqûre d'insectes hématophages, comme les taons ou les stomoxes. Ce virus peut avoir des effets lourds sur les bovins, comme un amaigrissement des bêtes, des œdèmes, la peau plissée/cartonneuse douloureuse et des difficultés à renouveler les cheptels notamment dus au fait que la maladie peut rendre les animaux stériles. Pour l'instant, aucun vaccin et traitement ne sont déclarés. Depuis 2023, les techniciennes du GDS de l'Yonne ont recensé onze exploitations où les bovins ont été signalés positifs à la besnoitiose. Parmi ces onze, neuf sont situées dans le sud-est du département, une dans l'Est et une autre dans l'Ouest. En octobre 2025, la situation a évolué : deux d'entre elles ont été assainies ; cinq ont refusé le plan d'assainissement dont quatre qui ont encore des animaux positifs à leur actif et quatre qui sont en cours d'assainissement avec un plan signé du GDS. Les techniciennes ont informé que les administrateurs ont « validé la reconduction de la recherche de la Besnoitiose lors de la campagne de prophylaxie 2025-2026 ».
Un point sur la BVD
La diarrhée virale bovine (BVD) est une maladie virale très contagieuse. Le virus se transmet par contact direct entre animaux de n'importe quel âge. Les bovins infectés ont des symptômes généraux et digestifs très variables qui fragilisent leurs immunités. Si la vache est gestante au moment de l'infection, cela peut également inclure des troubles de la reproduction, des avortements, des malformations. Quant aux veaux, ceux qui sont infectés lorsqu'ils ont entre 2 et 4 mois seront considérés comme infectés permanents immunotolérants (IPI). Cela signifie que la vache sera immunisée mais que le veau sera infecté à vie. C'est le 7 octobre 2024, que le Comité Régional d'Orientation Politique Sanitaire Animale et Végétale (Cropsav) a donné son aval pour la généralisation de l'Arrêté préfectoral sur le mouvement des « bovins atteints de la BVD ». Après avoir annoncé la présence d'un cas dans le secteur de la Puisaye, les techniciennes du GDS ont souhaité revenir sur cette réglementation. L'objectif de cette réglementation est de pouvoir gérer le risque d'infection au départ, en ne déplaçant aucun veau considéré IPI, en ne déplaçant aucun « cheval de Troie », c'est-à-dire, en ne faisant vêler aucune femelle potentiellement gestante d’un IPI dans un autre troupeau que celui où elle a été contaminée et ne déplacer aucun animal en phase de virémie. Le GDS en a également profité pour revenir sur les nouveautés de la campagne : des cartilages BVD en mélange PCR, si les prélèvements datent de moins de 15 jours ainsi que de la mise en place de la BVD à l'introduction s’il existe une absence de marquage non IPI sur l'ASDA.