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Manifestation

« Le flou artistique »

Ce lundi 12 janvier, le réseau FDSEA-JA de l'Yonne s'est réuni devant plusieurs institutions gouvernementales pour lutter contre les surcharges administratives, l'accord contre le Mercosur, le MACF ou encore la baisse du budget de la Pac.

Par Charlotte Sauvignac
Manifestation
Le réseau FDSEA-JA de l'Yonne a manifesté, ce lundi 12 janvier devant la DDT de l'Yonne.

C'est à 14 h 30 que le réseau FDSEA-JA de l'Yonne a déchargé les premières bennes devant la DDT de l'Yonne pour montrer son mécontentement. Damien Brayotel, président de la FDSEA de l'Yonne attend le cortège de tracteurs pour commencer son discours devant les manifestants. « Le Mercosur, on le redit à chaque fois, mais on n'en veut pas. On ne peut pas laisser rentrer des produits qui ne correspondent à rien, qui ne respectent aucune norme. On nous demande des tonnes de normes, des paperasses à remplir et les produits qui vont rentrer, ils rentreront sans aucune norme. C'est totalement incohérent et inadmissible. L’Europe et la France doivent garantir que les paysans puissent vivre dignement de leurs métiers », attaque-t-il, le mégaphone dans la main. En regardant les nombreux jeunes agriculteurs présents, il ajoute « qu'aujourd'hui, c'est difficile d'engager des gens dans des productions en difficulté. Ce qu'on reproche énormément à l'État et à l'Europe, c'est de ne pas donner de vision d'avenir. On l'a dit, la souveraineté alimentaire a été inscrite dans la loi comme étant d'intérêt général majeur. Mais au-delà de ça, concrètement, les actes, quels sont-ils ? », interpelle-t-il devant le grand bâtiment de la DDT de l'Yonne. Avant de poursuivre la manifestation au rond-point de Paris à Auxerre, il s'exclame une seconde fois. « On a des projets dans le département qui n'avancent pas, comme pour stocker de l'eau, pour nous redonner des possibilités de produire en grandes cultures, en élevage, en viticulture, dans tous les domaines. Ce n'est plus possible pour un certain nombre d'entre nous. On va perdre des agriculteurs. Alors, il y a tous ceux qui partent en retraite, mais je crains qu'il y en ait qui arrêtent et qui veuillent aller faire autre chose parce qu’ils ne pourront pas tenir jusqu'à la fin de leurs carrières. Et ça, ce n'est pas acceptable », hèle-t-il.

Lutter pour l'avenir du secteur

Après un arrêt au rond-point de Paris, le cortège de tracteurs rencontre les Auxerrois du centre-ville. Les klaxons se multiplient et les messages de courage également. « Ce soir, ce sont les vœux du préfet, donc il y aura du monde et il faut qu’ils sachent que l’agriculture va mal aujourd’hui. Il faut que les paysans soient respectés », informe-t-il. Mission réussie. Après avoir déposé du fumier devant le symbolique portail, Charles Baracco, président des Jeunes Agriculteurs de l'Yonne et Damien Brayotel sont reçus par le préfet. Le moment pour le président des JA de s'exprimer sur la jeunesse agricole. « Qu'elle soit installée ou en passe de l'être, ou en étude encore actuellement, il n'y a aucune vision pour les jeunes, aucune perspective positive pour la profession. Il me semble quand même qu'elle a du sens cette profession. Je trouve ça dramatique qu'on soit encore là auprès de vous pour témoigner notre désarroi. Je n'arrive pas à comprendre que le gouvernement ne s'empare pas de ce sujet essentiel qu'est l'alimentation. Entre le Mercosur, la baisse du budget de la Pac, la taxe aux engrais… Enfin, dites-nous, où est-ce que le gouvernement veut en venir ? », interpelle-t-il, en regardant le préfet, Pascal Jan. Il prend à son tour le mégaphone pour répondre aux présidents et s'adresser aux manifestants. « Aujourd'hui, vous êtes dans la concurrence déloyale. Je me suis entretenu avec la ministre de l'Agriculture lors de sa venue dans l'Yonne. Je l'ai avertie de cette réalité. En ce qui concerne la présidente de la Commission européenne, elle affirme qu'elle applique le Mercosur avant même la ratification du Parlement européen, ce qui semble, entre nous, assez surprenant quand même, dans le respect des procédures démocratiques. Dans ces cas-là, il faut que les organisations politiques saisissent la Cour de Justice de l'Union européenne parce que cela a un effet, c'est la suspension immédiate de l'accord », affirme-t-il. Les agriculteurs s'emparent alors du mégaphone pour parler de problématiques locales, comme la difficulté d'implanter un poulailler, les contrôles Pac, ou encore les surcharges administratives. Avant de partir, le réseau FDSEA-JA donne rendez-vous aux agriculteurs le jeudi 15 janvier à Dijon et le mardi 20 janvier à Strasbourg pour poursuivre les manifestations.