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Point accueil installation

Le bureau où tout commence

Une structure spécifique à l’installation, basée à Bretenière, accueille et informe toute personne désirant se lancer en agriculture.
Par Aurélien Genest
Le bureau où tout commence
Près de 200 entretiens individuels ont été réalisés depuis le début de l’année.
Comment s’installer en agriculture ? Quelles sont les possibilités, les soutiens à envisager, les démarches et le chemin à suivre ? Autant de questions posées chaque semaine dans un des bureaux du deuxième étage de la nouvelle Maison de l’agriculture de Bretenière, à seulement quelques mètres des locaux de Terres de Bourgogne. «Ici, c’est le Point accueil installation, anciennement appelé Point info installation !» présente l’animatrice Maëlle Sureau, «il s’agit d’une structure neutre, sans la moindre orientation politique, qui est présente dans tous les départements».

«Débroussailler le terrain»
Plus de 200 personnes ont déjà été accueillies et renseignées depuis le début d’année, 223 visites avaient été recensées en 2014 dans les anciens locaux du
42, rue de Mulhouse à Dijon. «Nous accompagnons toutes celles et tous ceux qui ont un projet en agriculture, nous abordons toutes les dimensions de celui-ci. Nous parlons aussi bien de productions, de volumes, de surfaces, de bâtiments, d’investissements, de main d’œuvre, de soutiens que d’autres aspects somme celui des vacances et des remplacement possibles durant les futures indisponibilités» poursuit Maëlle Sureau. Si certains candidats sont déjà bien avancés dans leurs réflexions, d’autres n’en sont qu’aux prémices. «C’est un peu à l’image des profils du public que nous recevons : ils sont très variés» indique l’animatrice. Aucun profil type ne peut être établi : «tous les âges et sexes sont en effet représentés. Même si la tranche d’âge des 20-30 ans est majoritaire, l’an passé, nous avons reçu cinq personnes qui avaient plus de 50 ans» relève Maëlle Sureau.

Place à l’originalité
Si les projets les plus convoités s’intéressent majoritairement à des systèmes de polyculture-élevage, à la viticulture et aux grandes cultures, la diversification semble avoir de plus en plus la cote auprès des candidats, avec parfois des idées «sortant de l’ordinaire» : «certains prévoient de se consacrer intégralement à la diversification, d’autres envisagent de créer un atelier de ce type en supplément de leur production principale. Une personne que j’ai rencontrée récemment souhaitait par exemple se lancer dans un élevage d’insectes, orienté aussi bien dans l’alimentation humaine que dans l’approvisionnement de piscicultures» enchaîne l’animatrice. Spécialisée dans un public directement issu du milieu agricole, Maëlle Sureau est épaulée par trois autres conseillers dans cette fonction d’accompagnement avec Julien Morisot (pour la viticulture), Claude Delaporte (pour les personnes ne possédant pas de diplôme agricole) et Corine Garnier-Penning (public hors cadre-familial). Les projets «moins classiques» sont d’ailleurs majoritaires chez ces personnes n’étant pas issues du milieu agricole (voir encadré).

Aucun jugement
«Quelles que soient les questions qui nous sont posées, souvent très variées, nous ne portons jamais de jugements sur les projets des candidats. Nous ne sommes pas là pour ça» insiste Maëlle Sureau, «nous tâchons de les aiguiller au mieux, en les amenant à réfléchir sur tous les aspects auxquels ils n’auraient pas pensé». Un peu plus de soixante-dix installations accompagnées par le PAI sont recensées chaque année dans le département, «notre but premier n’est pas de faire le plus d’installations possibles, nous souhaitons avant toute chose que les installations réussissent et durent dans le temps !» termine l’animatrice.

Contact : info.installation21@laposte.net ou 03 80 68 67 72.

Les orientations des hors cadre familiaux

Corine Garnier-Penning, conseillère au Point accueil installation, évoque ses différentes rencontres avec le public hors cadre agricole : «En grande majorité, les candidats non issus du milieu agricole veulent produire des biens de qualité et souvent aller jusqu’au bout de la valorisation, en transformant et en vendant directement leurs produits aux consommateurs. En productions végétales, je rencontre régulièrement des candidats qui souhaitent développer des productions céréalières , maraichères ou plantes aromatiques et médicinales : nombre de ces projets comportent un volet transformation et vente directe. En productions animales, beaucoup de projets sont basés sur l’élevage de caprins ou ovins lait, volailles fermières de chair ou pondeuses, porcs fermiers avec là aussi, une transformation des produits et vente en circuits courts. Les projets apicoles sont également assez courants. Nous recevons régulièrement des personnes qui envisagent de créer une exploitation équestre (élevage, pension de chevaux ou enseignement) ou un élevage canin. De façon plus exceptionnelle, voire unique, j’ai déjà rencontré des personnes souhaitant se lancer dans un élevage de reptiles (serpents, gekkos...), dans une production de fleurs comestibles ou encore de spiruline, qui est une algue avec de grandes qualités nutritionnelles. Pour différentes raisons, tous ces projets n’aboutissent pas».