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Prévisions de revenu 2025 - Lait de plaine

Des revenus tirés par la hausse des prix du lait et de la viande

Chaque fin d’année, les équipes Inosys Réseau d'Élevage bovin lait Franche-Comté et Galacsy pour la Bourgogne s’associent pour effectuer un travail de prévision de revenus des exploitations laitières pour l’année en cours. Pour 2025, des simulations ont été réalisées sur trois cas-types représentant des systèmes laitiers régionaux.

Par L’équipe Inosys Franche-Comté - Galacsy en partenariat avec le service statistique de la DRAAF, les entreprises de conseil en élevage, Cerfrance Bourgogne-Franche-Comté et les conseillers des Chambres d’agriculture.
Des revenus tirés par la hausse des prix du lait et de la viande
TABLEAU 1

Lait dominant : 2 associés + salarié en période de pointe, 140 ha de SAU dont 38,5 ha de cultures de vente, 97 VL et la suite, 779 460 l produits, 1,38 UGB/ha SFP, 21 % maïs ensilage/SFP, pâturage des VL (21 ares/VL). Situé en zone à bon potentiel (14 tMS/ha maïs ensilage)

Lait grandes cultures : 3 associés, 340 ha de SAU dont 234 ha de cultures de vente, 86 VL et la suite, 690 600 l produits, 1,2 UGB/ha SFP, 25 % maïs ensilage/SFP, le pâturage est très limité. Situé en sols superficiels à faible potentiel.

Lait dominant bio : 2 associés, 150 ha de SAU dont 18,3 ha de cultures autoconsommées, 88 VL et la suite, 516 285 l produits, 0,95 UGB/ha SFP, 11 % maïs ensilage/SFP, pâturage des VL (30 ares/VL). Exploitation conduite en agriculture biologique.

L’objectif est d’estimer les tendances d’évolution des résultats économiques des exploitations en fonction de la conjoncture économique (prix de vente, coût des intrants, …) mais également technique et météo (productivité, effectif VL, rendements, …). Ces travaux se basent sur des constats et des hypothèses, et ont bénéficié de l’appui des experts du service statistique de la DRAAF, de Cerfrance Bourgogne-Franche-Comté et des Entreprises de Conseil Élevage.

Après plusieurs années aux climats très chahutés, l’année 2025 se caractérise par une météo plus favorable ayant permis de retrouver des rendements fourragers et culturaux supérieurs à la normale et de bonne qualité. Les sols très superficiels ont cependant souffert lors des périodes de canicule qui se sont succédées au cours de l’été, altérant fortement les rendements. L’autre caractéristique de cette année est l’impact des aléas sanitaires. En effet, la FCO a causé des pertes néonatales et des avortements à des degrés différents suivant les zones géographiques ainsi que des baisses de production laitière. Dans nos simulations, ces impacts sanitaires sont intégrés de manière médiane.

En 2025, le produit des exploitations laitières de plaine est tiré à la hausse principalement grâce à la valorisation des animaux à la viande mais aussi grâce à la poursuite de l’augmentation du prix du lait et du volume de lait vendu (+ 1 %). En bio, ces hausses de prix s’appliquent aussi mais le différentiel bio/conventionnel sur le lait reste limité du fait de volumes encore déclassés. Le volume de lait vendu est en revanche resté plus stable.

Ainsi le produit viande progresse d’environ 30 % et le produit lait de 5 %. L’évolution du prix du lait appliquée est une tendance moyenne qui lisse les écarts des stratégies prix entre laiteries (+ 17 €/1 000 l sur le prix de base en moyenne avec une variabilité allant de 0 à + 40 €/1 000 l).

Après une campagne 2024 pluvieuse très défavorable à l’atelier cultures de vente, en 2025 les rendements affichent des niveaux supérieurs à la normale excepté en sols superficiels (caractéristiques du cas-type lait grandes cultures). Malgré des cours des céréales et autres cultures de vente décevants, le produit culture a tendance à augmenter par rapport à 2024. Le produit des cultures de vente du cas-type Lait Dominant est impacté par la forte proportion de maïs grain dans les rotations et la moindre diversification de l’assolement. En bio, les rendements supérieurs en méteils grain ont permis plus d’autonomie contrairement à l’année précédente où des achats externes étaient nécessaires.

En 2025, les charges ont poursuivi leur tendance à la baisse retrouvant un niveau proche de celui de 2022. Le prix des concentrés enregistre une baisse moyenne d’environ 6,5 % avec une consommation qui reste stable grâce à des fourrages de qualité. Les frais vétérinaires sont impactés par la vaccination FCO et MHE à hauteur de 4,60 €/1 000 l en conventionnel et 11,20 €/1 000 l en bio. Le poste des intrants des surfaces diminue quant à lui de 4 % tiré par le prix des engrais.

Au niveau des charges de structure, les postes énergie sont nettement orientés à la baisse : la charge carburant diminue de 13 % et la charge électricité de 8 %. L’effet retard des cotisations sociales calculées sur une moyenne triennale explique l’écart de tendance entre les cas types : hausse pour les exploitations spécialisées lait, et baisse pour les exploitations les plus diversifiées grandes cultures.

Pour l’ensemble des cas-types, l’EBE est estimé en nette progression de + 12 % en lait bio et de + 17 à + 28 % en lait conventionnel. Les systèmes avec un atelier cultures significatif sont ceux dont l’EBE progresse le plus, relativement à une année 2024 catastrophique. Dans le sillon, l’ensemble des systèmes voient leur rentabilité progresser jusqu’à atteindre plus de 40 % en lait dominant. Avec ces résultats confortés et rassurants, la tendance est à la reprise des investissements consommant une partie de la hausse du revenu disponible.

Des annonces récentes de baisse du prix du lait dès fin 2025 par certaines laiteries, laissent présager une conjoncture laitière 2026 moins favorable. De même, les bouleversements des marchés liés à la Dermatose Nodulaire Contagieuse et à la concurrence du Mercosur pourraient se traduire par une baisse des prix des animaux. En revanche, la filière lait bio connaît un rééquilibrage lié surtout à la baisse de la production (-6,6 % sur 7 mois), alors que la demande repart légèrement (+ 3 % de fabrications, + 4 % de ventes). La restauration collective progresse nettement (+ 30 % de volumes), dépassant 10 % de bio mais reste loin des 20 % prévus par la loi Égalim. Le faible écart de prix avec le lait conventionnel fragilise les producteurs, entraînant de nombreuses cessations d’activité (près de 160 prévues au niveau national d’ici mi-2026), ce qui devrait continuer à tendre l’offre de lait bio.