Grandes Cultures
Coûts de production élevé, euro fort... La mauvaise passe des céréaliers français
Agritel révèle son inquiétude pour la filière céréalière, dont les prix sont enlisés sous les coûts de production. Des rendements trop justes ne permettent pas aux céréaliers de relever la tête. Élément de consolation, la bonne qualité du blé doit permettre de mieux figurer sur la scène internationale.
Michel Portier, directeur général de la société de conseil Agritel, estime que la campagne 2017-2018 va «continuer de dégrader la trésorerie des exploitations». «Il manque 30 euros la tonne de blé» entre le prix payé au producteur de quelques 135 €/t et le seuil de rentabilité à 164 €/t. Cela représente une perte d’environ 200 €/ha cette année qui s’ajoute aux pertes des précédentes campagnes. À la moisson catastrophique de 2016 succèdent des rendements en blé 2017 légèrement inférieurs à la moyenne et très hétérogènes, a-t-il indiqué.
Un potentiel de hausse limité
Agritel juge le potentiel de hausse limité sur les marchés mondiaux, autour de 25 $/t cet hiver, la Russie en dépit d’une grosse récolte pourrait rencontrer des problèmes logistiques du fait de capacités portuaires limitées et de difficultés de transport. Par ailleurs, les taux de change et la bonne santé de l’euro par rapport au dollar pèsent aussi sur les prix. Les stocks mondiaux de blé apparaissent «très confortables», les grands pays exportateurs affichant un surplus de 35 Mt.
Point positif, Agritel annonce un «retour de la France à l’export». La récolte nationale est estimée à 36,78 Mt de blé tendre, après 27,56 Mt l’an dernier. Surtout, la qualité est au rendez-vous: le taux de protéines dépasse 12 % pour 66 % de la collecte, un niveau exceptionnel, le poids spécifique et l’indice de Hagberg sont satisfaisants.
Ce qui n’est pas le cas pour d’autres pays exportateurs et , globalement selon un analyste réputé, le marché du blé présente «un manque de protéines au niveau mondial». Aux États-Unis, la sécheresse a entraîné de mauvais rendements pour les blés de printemps, qui sont les plus protéinés. En Russie, c’est la production record qui va de pair avec une moindre qualité. Elle est estimée à plus de 80 Mt, en hausse de 65 % par rapport à la moyenne 2001-2015. L’amélioration des rendements est synonyme d’une dilution de la protéine.
Autre facteur, la montée en puissance des blés d’hiver, moins riches en protéines. L’Allemagne connaît pour sa part une faible récolte. Et d’abondantes précipitations ont dégradé la qualité : près de la moitié du blé allemand serait déclassé en fourrager, selon Agritel.
Rebond à l’export
«La qualité de la récolte française est un atout pour regagner des parts de marché significatives sur l’Afrique de l’Ouest et le Maroc», selon ce même analyste de renommée internationale. Ces deux destinations figurent parmi les marchés traditionnels du blé tricolore, en perte de vitesse l’an dernier faute de volume et de qualité suffisante. «Ça va être compliqué de regagner des parts de marché quand le client a goûté à la concurrence», a-t-il tempéré. L’Algérie, client numéro un, plébiscite quant à elle l’origine France, qui a représenté 100% de ses approvisionnements à l’international en juillet/août.
Le blé français opère globalement «un début de campagne correct», tiré par un bon courant d’export vers l’UE. Agritel explique cette tendance par une moisson tardive outre-Rhin, qui a créé un appel d’air au moment où l’Hexagone en a connu une très précoce et qualitative.
Un potentiel de hausse limité
Agritel juge le potentiel de hausse limité sur les marchés mondiaux, autour de 25 $/t cet hiver, la Russie en dépit d’une grosse récolte pourrait rencontrer des problèmes logistiques du fait de capacités portuaires limitées et de difficultés de transport. Par ailleurs, les taux de change et la bonne santé de l’euro par rapport au dollar pèsent aussi sur les prix. Les stocks mondiaux de blé apparaissent «très confortables», les grands pays exportateurs affichant un surplus de 35 Mt.
Point positif, Agritel annonce un «retour de la France à l’export». La récolte nationale est estimée à 36,78 Mt de blé tendre, après 27,56 Mt l’an dernier. Surtout, la qualité est au rendez-vous: le taux de protéines dépasse 12 % pour 66 % de la collecte, un niveau exceptionnel, le poids spécifique et l’indice de Hagberg sont satisfaisants.
Ce qui n’est pas le cas pour d’autres pays exportateurs et , globalement selon un analyste réputé, le marché du blé présente «un manque de protéines au niveau mondial». Aux États-Unis, la sécheresse a entraîné de mauvais rendements pour les blés de printemps, qui sont les plus protéinés. En Russie, c’est la production record qui va de pair avec une moindre qualité. Elle est estimée à plus de 80 Mt, en hausse de 65 % par rapport à la moyenne 2001-2015. L’amélioration des rendements est synonyme d’une dilution de la protéine.
Autre facteur, la montée en puissance des blés d’hiver, moins riches en protéines. L’Allemagne connaît pour sa part une faible récolte. Et d’abondantes précipitations ont dégradé la qualité : près de la moitié du blé allemand serait déclassé en fourrager, selon Agritel.
Rebond à l’export
«La qualité de la récolte française est un atout pour regagner des parts de marché significatives sur l’Afrique de l’Ouest et le Maroc», selon ce même analyste de renommée internationale. Ces deux destinations figurent parmi les marchés traditionnels du blé tricolore, en perte de vitesse l’an dernier faute de volume et de qualité suffisante. «Ça va être compliqué de regagner des parts de marché quand le client a goûté à la concurrence», a-t-il tempéré. L’Algérie, client numéro un, plébiscite quant à elle l’origine France, qui a représenté 100% de ses approvisionnements à l’international en juillet/août.
Le blé français opère globalement «un début de campagne correct», tiré par un bon courant d’export vers l’UE. Agritel explique cette tendance par une moisson tardive outre-Rhin, qui a créé un appel d’air au moment où l’Hexagone en a connu une très précoce et qualitative.