Agent de scierie, un métier attendu
Disparu des radars de la formation régionale depuis une vingtaine d'années, le baccalauréat professionnel "Agent polyvalent de scierie" revient au CFAA de Chateaufarine à Besançon. Profils des jeunes recrues, temps de formation et débouchés… Pierre Bassez, responsable de la formation, nous livre son point de vue.
L'ouverture de la formation agent polyvalent de scierie répond à un besoin des acteurs professionnels de la région. Étaient-ils nombreux à solliciter ce retour ?
Pierre Bassez : « Toutes les scieries étaient favorables à l'ouverture de ce bac professionnel. C'est un besoin de main-d’œuvre qualifié et récurrent auquel nous tentons de palier. Les besoins des scieries sont différents. En fonction de leurs spécificités, résineux ou feuillus, destination du bois, taille de l'entreprise… Les exigences sont multiples.
C'est la raison pour laquelle j'insiste sur le qualificatif polyvalent qui accompagne le diplôme. Chaque scierie a des attentes particulières auxquelles nous répondons. Au centre de formation, nous allons balayer assez large pour former des agents polyvalents capables de travailler dans l'une ou l'autre de ces entreprises ».
La première session de formation a ouvert en septembre dernier. Quatre jeunes suivent le cursus. De quelle filière sont-ils issus ? Faut-il être apprenti pour intégrer cette formation et quelle en est la durée ?
P. B. : « L'apprentissage est obligatoire pour la formation que nous proposons. Les jeunes sont issus de CAP travaux forestiers ou de CAP menuiserie ou de seconde professionnelle Pimia (métiers du pilotage et de la maintenance d'installations automatisées). Si la théorie est importante, la pratique s'acquiert principalement sur le terrain. Comprendre le bois, être capable de lire une qualité de bois, aiguiser son œil et saisir les rouages du métier ne peut pas se faire qu'en salle. Pour cette première session, nous avons un effectif de quatre apprenants. Nous sommes quasi sur du cours particulier, c'est une chance pour nos jeunes. Avec une implication remarquable des scieurs de la région, nous avons aussi chaque jeudi de présence au centre des TP (travaux pratiques) sur site professionnel.
C'est une sacrée chance pour eux. Les apprentis sont une semaine au centre, une semaine en entreprise et la formation s'étend sur deux années ».
Quels sont les débouchés ?
P.B. : « En sortie de baccalauréat, les jeunes auront l'opportunité de trouver du travail en région. L'implication des scieurs, de leurs syndicats, leur investissement tant au niveau de la communication et de la promotion du métier que sur le plan de la mise à disposition de matériels et de personnels en nous accueillant sur site en sont les preuves concrètes.
Poursuivre en BTS, technico-commercial, est aussi une option intéressante. Quoi qu’il en soit, des perspectives de carrière s'ouvrent à ces jeunes qui auront choisi cette filière qui recrute ».
La filière bois régionale en chiffres
La région Bourgogne Franche-Comté se classe 5e des régions les plus boisées de France.
La forêt couvre 1,74 million d'hectares soit 37 % du territoire régional et 18 % du volume national. L'activité de sciage hisse la région au 4e rang national. 1 410 000 m³ de bois sciés par an pour 202 entreprises de sciage.
Le volume de sciage résineux est plus important que celui des sciages feuillus. (77 % du volume de sciages produits est issu des résineux contre 23 % en feuillus).
En résineux, il existe de grandes entreprises capables de scier 500 000 m3 par an et des entreprises de plus petites tailles. Les scieries "feuillus" sont plutôt des entreprises de taille moyenne.
L'ensemble du cœur de la filière régionale (sylviculture, sciage, travail du bois, industrie du papier et du carton) compte plus de 12 500 postes salariés (chiffres 2019) répartis dans près de 4 800 établissements.
L'ADN du métier
Le technicien de scierie exerce dans des scieries de toutes tailles, en particulier celles dont l'activité est complétée par la fabrication industrielle de produits divers tels que les palettes, emballages, parquets… Nombre de compétences sont attendues.
Acteur d'une des principales ressources régionale (le bois et la forêt), l'agent de scierie doit avoir plusieurs cordes à son arc. Avec le développement des nouvelles technologies, les compétences attendues ont évolué et nécessitent une solide formation.
• Le métier
L'agent participe à l'approvisionnement de matières premières en fonction des contraintes de l'entreprise et du produit fabriqué. Il prépare le processus de réalisation d'un produit à partir du dossier de fabrication ou de la demande du client. Il réalise les produits selon les techniques et procédés attendus, met en œuvre, organise, anime et gère le suivi de la réalisation d'un produit dans le cadre d'une équipe de plusieurs ouvriers.
• Le diplôme
La formation s'étend sur 2 ans après une seconde générale ou une seconde professionnelle PMIA (Pilotage et maintenance d'installations automatisées). Les CAP travaux forestiers, CAP Conducteur opérateur de scierie, mécanicien de scierie ou menuiserie sont acceptés.
Elle se réalise en apprentissage avec un contrat de 2 ans signé exclusivement avec une scierie. Cela permet une immersion complète dans le monde du sciage tout en validant un diplôme reconnu.
• Les débouchés
Un panel large s'ouvre aux futurs diplômés. Avec les professionnels de la filière, sont recensés plusieurs métiers :
- Agent polyvalent de scierie
- Gestionnaire de production
- Conducteur de ligne
- Opérateur de scierie
- Chef d'équipe
- Responsable de production
- Responsable de scierie
Les salaires se négocient en fonction du secteur géographique et des compétences acquises. Au cours de la formation, les jeunes ont le statut d'apprentis et sont rémunérés en fonction de leur âge.