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Colza, blé et orge

Ça dit quoi dans les champs ?

Arnaud Pillier, conseiller en productions végétales à la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or, livre son ressenti sur les parcelles de colza, blé et orge.

Par AG
Ça dit quoi dans les champs ?
Une recrudescence des altises est observée en colza. Les levées en blé et en orge sont, elles, plutôt correctes.

Après la moutarde la semaine dernière dans Terres de Bourgogne, parlons aujourd'hui d'autres grandes cultures du département, à savoir le colza, le blé et l'orge. Pour obtenir un état des lieux, nous prenons la même direction que l'autre fois, c'est-à-dire le premier étage de la Maison de l'agriculture à Bretenière. Coup de chance : la première personne que nous croisons est un conseiller en productions végétales, celui-ci accepte de nous consacrer quelques minutes. Il s'agit d'Arnaud Pillier, en poste depuis 2006 à la Chambre d'agriculture qui opère sur le territoire de la plaine dijonnaise et partage le même bureau que Dimitri Deher, plus axé sur les plateaux. Débutons par le colza. Arnaud Pillier observe une recrudescence d'altises après plusieurs campagnes « plus calmes » que les précédentes. « En plus d'une pression relativement plus importante, les vols ont commencé plus tôt que d'ordinaire, dès début septembre, soit près de deux semaines par rapport à ce que nous constatons d'habitude », souligne le conseiller. La présence de ces insectes n'a pas été la bienvenue dans les parcelles qui peinaient à lever : « il y a eu pas mal d'interrogations courant septembre sur le devenir de certains colzas, principalement les moins développés. Il s'avère qu'un certain nombre s’est bien refait. Mais la situation actuelle est toujours fragile par endroits, avec des biomasses plutôt moyennes et des hétérogénéités assez importantes avant l'hiver. C'est mieux qu'un temps mais ce n'est pas génial pour autant ».

Inverse de l'an passé

Pour le blé et l'orge, Arnaud Pillier fait la comparaison avec 2024 : « l'an passé, avec les pluies abondantes que nous avions eues, rappelez-vous : il n'avait pas été possible de semer quoique ce soit avant le 20 octobre ! À cette date, cette année, le gros des semis était fait et heureusement, car les conditions se sont très vite détériorées par la suite. C'est totalement l'inverse de 2024 ». Le bilan des levées est « plutôt moyen » selon le conseiller : « les semis se sont passés dans d'excellentes conditions mais c'est après, que ça s'est compliqué. Nous avons eu des phénomènes de tassements, avec des densités un peu faibles par endroits. Avec parfois de l'excès d'eau, des grains ont pourri dans les parcelles les plus hydromorphes. La phytotoxicité liée aux herbicides a également été marquée dans plusieurs champs. Tout cela tend à affaiblir les peuplements. Si certains champs sont aujourd'hui très beaux, d'autres le sont beaucoup moins. À noter que des bouts de parcelles ont été resemés chez un certain nombre d'exploitants ». En termes de variétés de blé, Arnaud Pillier observe le développement progressif de Thermidor et Conquistador, en plus du désormais très prisé LG Absalon, sans oublier son homologue Kws Sphère. « Ces variétés sont plutôt tolérantes aux principales maladies : cela tombe bien, dans ce contexte économique compliqué. En effet, ces variétés sont susceptibles d'alléger les programmes de protection des plantes si le contexte le permet, en vue de réaliser d'éventuelles économies de charges », fait remarquer Arnaud Pillier. Concernant l'orge, la variété la plus utilisée semble être Kws Faro. « Je pense que Carrousel n'est pas très loin derrière, mais ce ne sont que des impressions », termine le conseiller.