Dans le cadre du Plan France Relance, la fédération départementale des chasseurs (FDC 58) propose un accompagnement pour l'implantation de haies mellifères et fruitières. 

Les haies de la vie
Les haies d'Hervé Compot (à gauche accompagné, à droite, par Romain Laveau) mettront environ 10 ans pour arriver à maturité. Elles pourront accueillir passereaux, grives, merles et insectes divers.

« Nous sommes complémentaires de la Chambre d’Agriculture de la Nièvre en ce qui concerne l’implantation de haies. Si de son côté elle est axée sur les haies « énergies », du nôtre c’est la biodiversité qui permet de les valoriser autrement » soulignent Romane Boismenu et Benjamin Gauthier, techniciens en charge du dossier à la FDC58. Ainsi, dans le cadre du Plan France Relance, des subventions de l’État ont permis la mise en place de 1,6 km de haies mellifères et fruitières l’an dernier. Pour 2022, une dizaine de projets sont en cours pour un total de 7 km.

Un agriculteur concerné

Hervé Compot, exploitant agricole installé vers Limon, a fait opter pour ce projet : « J’ai implanté deux haies sur mes terres, pour un total de 860 m, pour plusieurs raisons. La première est dans le but de briser un peu le vent, afin de protéger mes cultures. La seconde est d’offrir aux petits animaux ou encore aux insectes pollinisateurs un endroit refuge où trouver de la nourriture. Cela vient d’ailleurs en complément des bandes intercalaires de culture faunistique ou de jachères. Je suis très attaché à la préservation de la biodiversité, car sans tous ces petits animaux, nous ne sommes pas grand-chose ».

Nerf de la guerre

Même si Hervé Compot est serein dans son choix, il regrette : « Il est nécessaire d’avancer les frais pour la plantation. Je trouve cela dommage car une trésorerie est nécessaire pour participer et vu la conjoncture actuelle, je pense qu’une avance de l’État, aurait été la bienvenue pour persuader plus exploitants à passer le pas ». Au total, Hervé Compot a avancé environ 18 000 euros pour ces deux haies. Romain Laveau, technicien FDC 58 et en charge de ces dossiers « haies » rebondit : « Un des derniers projets à mettre en place en 2022 s’élève à 33 000 euros. C’est un investissement non négligeable et nous regrettons que le paiement des subventions ne soit pas plus prompt ».

À la racine

Pour le choix des plants, une liste est fournie par l’État, mais, un tri est fait par les techniciens : « Nous choisissons des essences variées et pouvant résister au changement climatique » détaille Romain Laveau. Ainsi, chez Hervé Compot, ce sont 20 essences qui ont été choisies : pruniers sauvages, aubépines, houx, viornes ou encore pommiers. « Nous nous fournissons auprès des pépinières Bauchery (41), car ils ont assez de quantités pour répondre à nos demandes » explique Romain Laveau avant d’ajouter : « nous aurions apprécié travailler avec une entreprise locale, mais nos commandes sont trop importantes ». Néanmoins, c’est l’entreprise de Gilles Lavault (Parcs et Jardins) de Saint-Pierre-le-Moûtier (58) qui fut sélectionnée pour implanter les fameuses haies sur place. Hervé Compot conclu : « Même si mon parcellaire sera un peu plus découpé, rendant mon travail un peu plus complexe, cela ne me dérange pas car les bénéfices à long terme sont, eux, inestimables ». Les dossiers de demandes de subventions pour haies mellifères et fruitières, dans le cadre du Plan France relance, sont recevables jusqu’en septembre (avec une implantation obligatoire d’ici 2024). Renseignements : FDC 58 au 03 86 36 93 16.