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Restaurations collectives

Travail sur le « Rungis rural »

Début janvier se tenait un comité de pilotage du Conseil départemental de la Nièvre pour mettre en lumière les bilans des études menées et les axes pour l'avenir.

Par D'après communiqué
Travail sur le « Rungis rural »
Conseil départemental de la Nièvre
Depuis 2024, les quatre porteurs d’un projet alimentaire territorial (PAT), les Pays Nivernais-Morvan et Val de Loire-Nivernais, Nevers Agglomération et le Conseil départemental, sont investis dans le « Rungis rural ».

Depuis de nombreux mois, la création d'un « Rungis rural » a été évoquée par le Conseil départemental de la Nièvre, afin de faciliter l'approvisionnement des restaurations collectives en produits locaux. En somme, « Rungis rural » est l’appellation provisoire d’un équipement visant à rapprocher l’offre et la demande, les producteurs et les cantines des écoles, collèges, lycées, maisons de retraite, hôpitaux, etc. Soit un « gisement » de 7 millions de repas par an dans lesquels la portion d’aliments nivernais semble encore légère.

Dans ce contexte, un comité de pilotage a eu lieu le 7 janvier. À cette occasion Christian Paul, président du Pays Nivernais-Morvan, rappelle : « Si on tâtonne sur ces sujets depuis vingt ans, ce n’est pas un hasard » et ajoute : « Il faudra sûrement quelques années et plusieurs modèles d’organisation successifs pour arriver à une part majoritaire d’approvisionnement local et/ou bio dans la restauration collective. Nous y parviendrons si les producteurs en ont envie, si nous les aidons et s’il y a une augmentation de la production agricole, car celle qui existe actuellement n’est pas à la hauteur des niveaux attendus d’ici trois à cinq ans ».

Quels freins ?

Pour mémoire, un travail d’enquête et d’analyse a été confié à BioBourgogne et au Centre d’études et de ressources sur la diversification (CERD). Les conclusions de leurs échanges avec 35 acteurs de la restauration collective et 40 producteurs ou acteurs intermédiaires (abattoirs, ateliers de découpe, collectif de maraîchers) ont été présentées lors du comité de pilotage, dont plusieurs obstacles ont été mis en évidence : méconnaissance de l’offre, disponibilité incertaine des produits, manque de capacité de livraison, difficulté d’accès aux marchés publics, équilibre dans la valorisation des carcasses, inadéquation entre la saisonnalité de l’offre et de la demande en légumes, etc. Et, surtout, la question du « bon prix » entre une restauration collective au budget limité (entre 2 et 2,30 euros par repas pour l’achat de denrées alimentaires dans une cantine scolaire, 3,11 euros par jour en Ehpad) et des producteurs dont les tarifs professionnels sont déjà à l’os.

À court terme

Année dite de préfiguration, 2026 est annoncée par le Conseil départemental comme celle du passage au concret, autour du sujet des marchés publics. Le Conseil départemental précise d'ailleurs que l’arrivée à échéance de plusieurs d’entre eux sera l’occasion d’intervenir côté demande, en aidant les clients à mieux ouvrir leurs marchés aux producteurs locaux, et, côté offre, en accompagnant les fournisseurs dans une réponse commune aux appels d’offres. En plus, d’autres services sont à l’étude, tels que la promotion de l’offre locale (catalogue, site internet, etc.) et des solutions logistiques mutualisées. Enfin, un voyage d’étude est prévu en février dans les Deux-Sèvres, où une plateforme d’approvisionnement en produits locaux pour la restauration hors domicile est en service depuis près de quinze ans. Des réunions d’information et de concertation des producteurs et des ateliers thématiques seront également au menu de cette année.