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Ovins

Tondeur, c'est du sport

Félicien Saunois est l'un des trois tondeurs de moutons professionnels qui exercent en Côte-d'Or, avec Éloi Mony et Gérald Dupaquier. Nous l'avons rencontré la semaine dernière près de Vitteaux.

Par AG
Tondeur, c'est du sport
Vendredi dernier, au Gaec des granges de Vesvres.

Ne lui demandez pas d'aller faire un 10 km ou bien d'aller taper la balle sur un terrain de foot après une grosse journée de travail. Félicien Saunois aura eu sa dose d'activité physique après une bonne séance de tonte. « C'est sûr, ce ne sera pas la peine d'essayer, surtout s'il y a eu un long déplacement pour rentrer ! », plaisante le jeune homme de 26 ans. Cet habitant de Laignes, fils d'éleveur ovin, tond entre 15 000 et 20 000 moutons par an, dans toute la Côte-d'Or et parfois même dans des départements limitrophes. Son activité débute tous les matins à 6 heures : « c'est une habitude que j'ai prise, pour éviter de rentrer trop tard chez moi le soir. Alors oui, s'il y a deux heures de trajet, ça me fait lever très tôt ». Félicien Saunois a tondu son tout premier mouton lorsqu'il avait 14 ans : « Gérald Dupaquier était venu sur la ferme familiale et m'avait expliqué les bases. J'ai suivi un stage junior dans la foulée et tout est parti de là… J'ai toujours voulu tondre, même si personne à la maison ne le faisait. J'ai lancé mon activité en 2022, à la sortie du BTS Acse ». Le jeune tondeur suit un stage de perfectionnement tous les deux ou trois ans : « il est très utile car même si les tâches quotidiennes sont répétitives, on en apprend tous les jours dans ce métier. Tous les ovins sont différents ».

Toute l'année

En cette période hivernale, Félicien Saunois tond principalement des brebis qui mettront bas dans un peu moins d'un mois : « au printemps, j'interviendrai juste avant la mise à l'herbe. L'été, je tondrai majoritairement des agneaux à l'engraissement. Cette activité me monopolise toute l'année, sachant que les éleveurs font tondre une à deux fois par an leurs ovins. Cela dépend des races, du mode d'élevage… La tonte représente tout de même un coût et il n'y a pas de valorisation pour la laine : c'est pourquoi, dans la majorité des cas, les éleveurs se contentent d'une seule tonte ». Les tarifs varient en moyenne de 2,70 à 3 euros par animal : « je raisonne plutôt à la journée de travail, et par rapport au trajet. Vous n'avez qu'un seul mouton à tondre ? Oui, je peux venir, mais le coût à l'unité ne sera pas le même que si vous en avez une centaine ! ». La plus grande « tâche » annuelle du tondeur se trouve dans l'Yonne, avec une troupe de 750 brebis : « je m'y rends avec un collègue de la Haute-Marne, il nous faut deux jours pour tout tondre ». Félicien Saunois envisage de poursuivre l'activité une dizaine d'années, le temps d'arriver sur la ferme familiale : « j'arrêterai à ce moment-là. Je ne tondrai alors que mes moutons, ce sera déjà pas mal ! Ce métier est exigeant physiquement, je ne me vois pas continuer bien vieux… Je suis jeune et il faut en profiter, mais ce n'est pas facile tous les jours. Il ne faut pas avoir peur de prendre des coups dans les genoux, dans les bras, avoir de la fatigue musculaire… Certains moutons ne sont pas très dociles ! Les tâches sont tellement répétitives que tout se joue dans le mental ou presque ! ». Le jeune Côte-d'orien répond à une dernière question : faut-il réellement avoir une bonne « descente » lorsque l'on est tondeur ? « Oui, c'est vrai, c'est une autre caractéristique du métier ! Nous sommes toujours très bien accueillis chez nos clients, il y a toujours de quoi boire et manger. J'ai ici l'occasion de les remercier, alors je le fais ! ».