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Dégâts de gibier

S'inspirer de ce qui marche

Thierry Besançon, président de la commission « dégâts de gibier » de la FDSEA de Côte-d'Or, dresse un état des lieux des populations de sangliers dans le département. Des propositions pour se sortir des situations les plus difficiles sont en cours d'écriture.

Par AG
S'inspirer de ce qui marche
L'agriculteur d'Avelanges, près d'Is-sur-Tille, était il y a quelques jours à Bretenière.

Dégâts de gibier rime avec sangliers. À ce titre, quelle est la situation en Côte-d'Or ? Nous avons posé la question à Thierry Besançon, responsable syndical à la FDSEA. Une réunion se tenait sur cette thématique le 11 février et a permis de dresser un état des lieux assez précis. « Il y a des secteurs où tout se passe plutôt bien en termes de prélèvements, de populations et donc de dégâts. En revanche, dans d'autres, la situation est toujours aussi alarmante. Dans la grande majorité des cas, il s'agit toujours des mêmes endroits et il n'y a aucune amélioration », déplore notre interlocuteur. Ce dernier ne veut pas entendre parler d'effet climat ou de baisse du nombre de chasseurs : « encore une fois, dans certains secteurs, cela fonctionne, alors pourquoi n'est-ce pas le cas partout, dans le département ? Il faut s'inspirer de ce qui marche. Là où rien ne va, le problème vient très souvent des hommes ! Il n'est pas possible d'avoir de bons résultats lorsque le nourrissage est abusif, lorsque la pression de chasse n'est pas assez importante, lorsqu'il y a des réserves et lorsqu'il est interdit de tirer des femelles. Quand on cumule tout cela, les conséquences sont désastreuses pour nos parcelles ». Les agriculteurs en font « constamment les frais », comme le rappelle Thierry Besançon : « pour les prairies, c'est la cata. Elles ne retrouvent jamais leur état initial, leurs potentiels sont systématiquement impactés, les dégâts collatéraux sont nombreux et les indemnisations sont toujours loin du compte. Pour les grandes cultures, certes, nous repartons souvent à zéro à la fin de la campagne et les indemnisations sont plus proches de la réalité, mais cela reste une énorme problématique. Pour ceux qui travaillent en direct, c'est une histoire sans fin ! ».

Des solutions

La commission dégâts de gibier a listé différentes mesures qui seront présentées au conseil d’administration de la FDSEA. Elles le seront également à différentes organisations professionnelles agricoles, dans le but d'adresser un courrier commun à l’administration et à la Fédération des chasseurs. « Nous devons sortir tous ensemble de cette situation qui ne veut plus rien dire, il y a beaucoup trop de sangliers. Ce futur document pourra être complété si besoin, notamment par des arguments d'ordre sanitaire », souligne Thierry Besançon, qui poursuit : « là où la situation dérape, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour accroître la pression de chasse. Il y a l'OFB, la Fédération des chasseurs, l'ONF, la DDT… Surveiller l'agrainage est une autre priorité. Sur ce point, nous avions pourtant un engagement avec la Fédération des chasseurs : il y a deux ans, nous avions accepté de lever l’interdiction sur cette pratique, à condition que celle-ci soit scrupuleusement encadrée et suivie de sanctions en cas d'abus. Il n'y a vraisemblablement rien de fait dans ce domaine. Nous leur redemandons d'agir. Pour augmenter les prélèvements, nous demandons également à l'ONF, quand il s'agit de forêts domaniales, d'établir et de faire respecter des cahiers des charges stipulant des objectifs de régulation. Pour nous, cet organisme est beaucoup trop dans la gestion ». Le responsable syndical enchaîne avec le prélèvement des femelles : « pour revenir à une situation acceptable, il sera obligatoire de passer par une année ou deux avec de forts prélèvements de femelles. J'entends dire qu'il n'est pas très éthique de tirer les mères sangliers : je réponds qu'avant toute chose, l'éthique de la chasse, c'est de respecter tout le monde, y compris nous, agriculteurs. Ce n'est pas à nous de payer les frais de surpopulations de sangliers ». Le Côte-d'orien cite également l'intervention des louvetiers, par tous les moyens possibles, dont le piégeage : « tout peut être imaginé pour réguler. Notre initiative n'est pas une attaque contre les chasseurs ni contre leur fédération. Encore une fois, la situation ne s'arrange pas et il faut absolument trouver des solutions pour revenir à l'équilibre à tous les niveaux. Même les grands cervidés nous inquiètent : leur présence se généralise dans tout le département, la Fédération des chasseurs doit augmenter la cadence en termes d'attributions de bracelets ».