Méthanisation
Retour d’expérience avec Groupama Val de Loire sur les facteurs de réussite
M. Julien Wyckaert est un agriculteur satisfait. En effet, selon ses dires : «Si c’était à refaire, je ferais pratiquement pareil. J’améliorerais juste le système de chauffage du digesteur pour éviter que la température ne baisse de 1 ou 2 °C en cas de température extérieure inférieure à 0°C».
L’installation en question est située en Nord Picardie et fonctionne depuis Septembre 2013. Elle est de type méthanisation en voie humide avec valorisation par production électrique. Après une période de démarrage avec un seul moteur de cogénération d’une puissance de 250 kW, la capacité de production d’électricité a été doublée par l’ajout d’un second moteur en novembre 2015. La suite de cet article vous livre les éléments qui selon M. Julien Wyckaert de la SAS Agri Flandres Energie, ont été déterminants dans la réussite de son installation, ainsi que les difficultés auxquelles lui et ses associés ont dû faire face.
Les différentes phases du projet
Garantir le Gisement de matières est primordial.
La réussite du projet est conditionnée par l’élaboration d’un plan d’approvisionnement des intrants prenant en compte leur coût éventuel, leur quantité, leur qualité, leur disponibilité, leur proximité, le mode et le type de transport, ainsi que les conditions de stockage. Dans tous les cas, il convient d’avoir des solutions de secours pour palier à la rupture en approvisionnement d’un des intrants. La SAS Agri Flandres Energie valorise les effluents d’élevages bovins des 2 Gaec pour 60%. Ce type de valorisation optimise le coût de rachat de l’électricité par ERDF (20,5 cts € /kW). Une usine d’agroalimentaire située tout près de l’installation permet de disposer de déchets de légumes toute l’année, soit environ 35% du total des intrants consommés. Le reste provient de déchets de collectivités, de déchets verts, d’issues de céréales et de déchets de pommes de terre. Les fournisseurs ont été sensibilisés au fait de livrer des intrants exempts de matières indésirables telles que des cailloux, des bâches plastiques, des métaux. Enfin, l’épandage du digestat est valorisé sur les terres des Gaec et pour le compte d’autres agriculteurs. Pour cela des machines permettant un épandage de qualité (sans tasser la terre) ont été inclues dans le plan de financement initial.
Réunir les compétences
Dès le départ du projet, l’implication personnelle, l’addition de compétences diverses et la passion ont contribué à sa réussite. C’est la création d’une SAS émanant de deux Gaec qui a permis à cette unité de méthanisation de voir le jour. A l’exception des employés des deux Gaec, personne ne s’est versé de salaire dans les phases de projet, de réalisation et de démarrage de l’installation. Deux ans se sont passés avant la construction. Ce délai a permis de visiter différents types d’unités de méthanisation, de s’entourer de conseils judicieux, de monter le projet avec la Chambre d’Agriculture et de choisir un installateur avec bureau d’études intégré Français et disposant d’une bonne expérience (Ex : AES Dana)
Prendre en compte les délais administratifs et de raccordement au réseau ERDF.
Dans le cadre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, il convient d’intégrer les délais d’instruction du dossier dans le phasage du projet. Il faut aussi tenir compte des délais de raccordement au réseau électrique géré par ERDF. Dans notre cas, ils ont été de l’ordre d’une année avec une incertitude quant au coût de raccordement de l’installation électrique (entre 20 000 et 200 000 €), dans la constitution du plan initial de financement. En effet, ERDF n’a examiné le dossier qu’après l’obtention du permis de construire. Le coût réel a été de l’ordre de 60.000 € comprenant un transformateur d’une puissance de
630 kVA.
Intégrer l’acceptabilité sociale le plus tôt possible.
Il faut donc présenter le projet aux élus, à la population, aux voisins et intégrer tous les moyens pour faire accepter cette installation. L’insertion paysagère, la maîtrise du bruit, la gestion des odeurs ont conduit à planter
200 arbres, faire un bâtiment de stockage couvert pour les intrants avec bio filtres pour éliminer les mauvaises odeurs du stock de déchets de légumes. La trémie, le broyeur d’incorporation, le stockage d’autres intrants ainsi que les engins de manutention et d’épandage sont également dans un bâtiment attenant. Les installations sont maintenues les plus propres possibles. Les moteurs de cogénération sont chacun dans un caisson insonorisé.
Anticiper la continuité d’activité lors de la demande de financement.
Outre la qualité du projet, le banquier a apprécié que les membres des 2 GAEC portent et connaissent très bien le dossier. De ce fait, chacun était en capacité de conduire l’installation en cas de défaillance d’un des autres membres.
Construction
Deux des membres des Gaec ont participé avec les entreprises à la construction. Ceci a permis de bien connaître les installations et facilite au quotidien la conduite de cette unité de méthanisation. Auparavant, l’étude de sol (gage de pérennité de l’installation), avait été prise en compte. Il est à noter que le choix des entreprises a été effectué sur des critères de qualité, de fiabilité, d’expériences réussies, et non pas sur le seul facteur tarifaire.
Exploitation
Il est à noter que la chaleur provenant des moteurs de cogénération est vendue à une société industrielle productrice de germe de soja. M. Julien Wyckaert souligne le fait que la production de méthane dans une exploitation agricole comporte des risques : intoxication, incendie, explosion, pollution, bris de machine. A ce titre, il recommande d’accorder une attention particulière à la sécurité des personnes et des biens. Ainsi, les vérifications des installations électriques doivent être réalisées tous les ans par un bureau de contrôle. Pour déceler un échauffement anormal pouvant générer une panne ou un départ d’incendie, il conseille de procéder à une thermographie infrarouge des installations électriques, voire des moteurs de cogénération. Les sondes de détection et de contrôle doivent également être vérifiées et étalonnées tous les ans. L’étanchéité des raccords de canalisations de méthane doit être vérifiée régulièrement afin de déceler des fuites qui peuvent être dangereuses et diminuer la rentabilité. Veiller au quotidien à la qualité du biogaz est important afin de diminuer l’usure et le risque de casse du matériel et notamment des moteurs de cogénération. Le biogaz brut est corrosif et toxique. Un système de puits de condensat et ensuite de réfrigération déshumidifie le biogaz brut. Il est indispensable d’assurer également sa purification par l’injection d’air dans le ciel des digesteurs, puis par filtration sur charbon actif. D’autres moyens peuvent être utilisés si besoin. L’entretien des deux unités de cogénération a été confié à l’installateur qui doit assurer par contrat leur fonctionnement en quasi permanence. En cas de panne, s’il est prouvé que le méthane est en qualité et quantité suffisante, l’installateur prend en charge les pertes d’exploitation. De par sa conception (2 unités de cogénération de même puissance), l’arrêt total de la production électrique est fortement diminué.
Enfin, la conduite, incluant le suivi biologique, le suivi administratif, les contrôles et l’entretien doivent être réalisés avec sérieux, comme pour une installation industrielle. Cela représente un Equivalent Temps Plein de travail réparti entre trois membres des deux Gaec sur toute l’année.
Les différentes phases du projet
Garantir le Gisement de matières est primordial.
La réussite du projet est conditionnée par l’élaboration d’un plan d’approvisionnement des intrants prenant en compte leur coût éventuel, leur quantité, leur qualité, leur disponibilité, leur proximité, le mode et le type de transport, ainsi que les conditions de stockage. Dans tous les cas, il convient d’avoir des solutions de secours pour palier à la rupture en approvisionnement d’un des intrants. La SAS Agri Flandres Energie valorise les effluents d’élevages bovins des 2 Gaec pour 60%. Ce type de valorisation optimise le coût de rachat de l’électricité par ERDF (20,5 cts € /kW). Une usine d’agroalimentaire située tout près de l’installation permet de disposer de déchets de légumes toute l’année, soit environ 35% du total des intrants consommés. Le reste provient de déchets de collectivités, de déchets verts, d’issues de céréales et de déchets de pommes de terre. Les fournisseurs ont été sensibilisés au fait de livrer des intrants exempts de matières indésirables telles que des cailloux, des bâches plastiques, des métaux. Enfin, l’épandage du digestat est valorisé sur les terres des Gaec et pour le compte d’autres agriculteurs. Pour cela des machines permettant un épandage de qualité (sans tasser la terre) ont été inclues dans le plan de financement initial.
Réunir les compétences
Dès le départ du projet, l’implication personnelle, l’addition de compétences diverses et la passion ont contribué à sa réussite. C’est la création d’une SAS émanant de deux Gaec qui a permis à cette unité de méthanisation de voir le jour. A l’exception des employés des deux Gaec, personne ne s’est versé de salaire dans les phases de projet, de réalisation et de démarrage de l’installation. Deux ans se sont passés avant la construction. Ce délai a permis de visiter différents types d’unités de méthanisation, de s’entourer de conseils judicieux, de monter le projet avec la Chambre d’Agriculture et de choisir un installateur avec bureau d’études intégré Français et disposant d’une bonne expérience (Ex : AES Dana)
Prendre en compte les délais administratifs et de raccordement au réseau ERDF.
Dans le cadre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, il convient d’intégrer les délais d’instruction du dossier dans le phasage du projet. Il faut aussi tenir compte des délais de raccordement au réseau électrique géré par ERDF. Dans notre cas, ils ont été de l’ordre d’une année avec une incertitude quant au coût de raccordement de l’installation électrique (entre 20 000 et 200 000 €), dans la constitution du plan initial de financement. En effet, ERDF n’a examiné le dossier qu’après l’obtention du permis de construire. Le coût réel a été de l’ordre de 60.000 € comprenant un transformateur d’une puissance de
630 kVA.
Intégrer l’acceptabilité sociale le plus tôt possible.
Il faut donc présenter le projet aux élus, à la population, aux voisins et intégrer tous les moyens pour faire accepter cette installation. L’insertion paysagère, la maîtrise du bruit, la gestion des odeurs ont conduit à planter
200 arbres, faire un bâtiment de stockage couvert pour les intrants avec bio filtres pour éliminer les mauvaises odeurs du stock de déchets de légumes. La trémie, le broyeur d’incorporation, le stockage d’autres intrants ainsi que les engins de manutention et d’épandage sont également dans un bâtiment attenant. Les installations sont maintenues les plus propres possibles. Les moteurs de cogénération sont chacun dans un caisson insonorisé.
Anticiper la continuité d’activité lors de la demande de financement.
Outre la qualité du projet, le banquier a apprécié que les membres des 2 GAEC portent et connaissent très bien le dossier. De ce fait, chacun était en capacité de conduire l’installation en cas de défaillance d’un des autres membres.
Construction
Deux des membres des Gaec ont participé avec les entreprises à la construction. Ceci a permis de bien connaître les installations et facilite au quotidien la conduite de cette unité de méthanisation. Auparavant, l’étude de sol (gage de pérennité de l’installation), avait été prise en compte. Il est à noter que le choix des entreprises a été effectué sur des critères de qualité, de fiabilité, d’expériences réussies, et non pas sur le seul facteur tarifaire.
Exploitation
Il est à noter que la chaleur provenant des moteurs de cogénération est vendue à une société industrielle productrice de germe de soja. M. Julien Wyckaert souligne le fait que la production de méthane dans une exploitation agricole comporte des risques : intoxication, incendie, explosion, pollution, bris de machine. A ce titre, il recommande d’accorder une attention particulière à la sécurité des personnes et des biens. Ainsi, les vérifications des installations électriques doivent être réalisées tous les ans par un bureau de contrôle. Pour déceler un échauffement anormal pouvant générer une panne ou un départ d’incendie, il conseille de procéder à une thermographie infrarouge des installations électriques, voire des moteurs de cogénération. Les sondes de détection et de contrôle doivent également être vérifiées et étalonnées tous les ans. L’étanchéité des raccords de canalisations de méthane doit être vérifiée régulièrement afin de déceler des fuites qui peuvent être dangereuses et diminuer la rentabilité. Veiller au quotidien à la qualité du biogaz est important afin de diminuer l’usure et le risque de casse du matériel et notamment des moteurs de cogénération. Le biogaz brut est corrosif et toxique. Un système de puits de condensat et ensuite de réfrigération déshumidifie le biogaz brut. Il est indispensable d’assurer également sa purification par l’injection d’air dans le ciel des digesteurs, puis par filtration sur charbon actif. D’autres moyens peuvent être utilisés si besoin. L’entretien des deux unités de cogénération a été confié à l’installateur qui doit assurer par contrat leur fonctionnement en quasi permanence. En cas de panne, s’il est prouvé que le méthane est en qualité et quantité suffisante, l’installateur prend en charge les pertes d’exploitation. De par sa conception (2 unités de cogénération de même puissance), l’arrêt total de la production électrique est fortement diminué.
Enfin, la conduite, incluant le suivi biologique, le suivi administratif, les contrôles et l’entretien doivent être réalisés avec sérieux, comme pour une installation industrielle. Cela représente un Equivalent Temps Plein de travail réparti entre trois membres des deux Gaec sur toute l’année.
Conseils
Bien d’autres conseils seraient à mentionner, c’est pourquoi, nous vous conseillons de vous rapprocher des services des Chambres d’Agriculture et du Pôle Prévention de Groupama Paris Val de Loire
Contact : 01 49 85 52 05
Site Internet «vivons prévention.com»
L’expérience de la prévention depuis 60 ans.
Contact : 01 49 85 52 05
Site Internet «vivons prévention.com»
L’expérience de la prévention depuis 60 ans.