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Actions syndicales

Remontés comme des pendules

De nombreux agriculteurs ont participé à différents blocages, la semaine dernière en Côte-d'Or. Une nouvelle action, cette fois-ci régionale, se tenait ce jeudi à Dijon.

Par AG
Remontés comme des pendules
À Arc-sur-Tille, où de nombreuses bennes ont été déversées devant le péage.

Le monde agricole gronde et le fait savoir. La semaine dernière, jusqu'à 11 blocages d'axes routiers ont été recensés en simultané en Côte-d'Or. « C'était jeudi et vendredi. Si certains en ont douté, la mobilisation a bien été remarquable dans sa globalité », décrivait Antoine Carré, le président de la FDSEA21. Le responsable syndical remercie et félicite ses troupes, ainsi que les nombreux JA qui étaient de sortie : « la météo n'était pourtant pas favorable mais ils n'ont rien lâché. Le soutien de la population avec de nombreux dons a été très appréciés. Les gars ont échangé entre eux et ce lien social ne fait pas de mal. Ces différentes actions syndicales ont été très bien gérées avec les forces de l'ordre, il n'y a eu aucun conflit, comme nous le souhaitions. Certains blocages ont duré jusqu'à cinq jours, c'était le cas à Til-Châtel et Beaune. Nous avons décidé de les lever : pour certains, c'était peut-être un peu prématuré, mais c'était pour assurer la sécurité et surtout, pour mieux ressortir par la suite. À commencer par ce jeudi à Dijon ! ». Des échanges entre JA BFC et la FRSEA le week-end dernier ont donc permis de déterminer cette date du 15 janvier. Contacté lundi juste avant un conseil d’administration JA-FDSEA21, Antoine Carré ne connaissait pas encore tous les contours de cette manifestation : « cela ne saurait tarder… Une chose est sûre : nous allons rendre visite à plusieurs services de l'État. Est-ce que ça va être chaud ? Ça peut. Une idée a été suggérée par les JA d'Arnay : celle d'aller récupérer en amont tous les drapeaux de l'Europe traînant dans le département, pour les emmener devant la préfecture avec des écriteaux mentionnant la mort de l’agriculture française. Cette idée me plaît bien, en tout cas ». Le Côte-d'orien n'excluait pas d'autres actions cette semaine : « nous allons sonder le terrain. Une autre date est déjà fixée, celle du 20 janvier, avec la mobilisation nationale à Strasbourg ». Antoine Carré rappelle qu'il n'y a pas que le Mercosur : « au niveau sanitaire, il n'y a pas que la DNC, il y a aussi la FCO et la tuberculose. Concernant cette dernière, nous avons demandé au préfet une revalorisation de l’abattage diagnostique. Aujourd'hui, une vache est indemnisée 2 500 euros : nous sommes loin du compte. Nous avons demandé 500 euros de plus et encore, nous sommes gentils. La DDPP21 doit prendre en charge ce montant pour que les gars abattent leurs bêtes rapidement, sans nuire aux enjeux sanitaires. Nous attendons une réponse rapide du préfet avec qui nous avons abordé bien d'autres dossiers, comme celui de l'OFB ». Le président de la FDSEA ajoute un mot sur la crise des productions végétales : « la situation est dramatique… Personnellement, je n'ai presque rien déstocké, j'espérais une évolution dans le bon sens. Je viens d'appeler ma technicienne et c'est encore pire, les orges sont à 143 euros/t et le blé à 150 euros/t. Nous avons encore perdu… L'annonce des 40 millions d'euros de la ministre, c'est une fumisterie. Si l'on divise par les 400 000 fermes du pays, nous serions à 100 balles chacun ! On marche toujours sur la tête. Il est grand temps de redonner une capacité de production à la France et à l'Europe. Sinon, on est mal barrés ! ».