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Fourrage

Préserver la qualité de l'herbe, de la fauche au silo

L'institut technique Arvalis mène des travaux sur les meilleures pistes de préservation de la qualité des fourrages. L'un de ses ingénieurs est intervenu sur le thème lors du dernier Sommet de l'Élevage.

Par Berty Robert
Préserver la qualité de l'herbe, de la fauche au silo
Préserver la qualité des fourrages dans les étapes qui jalonnent le fauchage et la mise en silo peut s'avérer économiquement important.

Entre le moment où l'on récolte de l'herbe et celui où elle est stockée en silo, l'agriculteur peut accuser des pertes en quantité comme en qualité, qui peuvent affecter la performance de son troupeau. Lors du dernier Sommet de l'Élevage, Silvère Gelineau, ingénieur Agronomie et Production fourragère au sein d'Arvalis (ferme expérimentale de La Jaillière, en Loire-Atlantique), a réalisé une intervention riche d'enseignements sur cette problématique. Les situations sont différentes en fonction des fourrages mais, de manière globale, au moment de la récolte, les pertes de feuilles peuvent atteindre 15 % du total récolté, et à cela s'ajoute de la perte en matière sèche. Il faut aussi compter avec les pertes lors de la conservation (moisissure, pourriture, déviation fermentaire), qui peuvent atteindre 15 % en quantité. Quant aux pertes en qualité, elles ont pour conséquences une baisse d'Unité fourragère lait (UFL), de Protéines digestibles dans l'intestin (PDI), ou d'appétence.

Vigilance sur les conditions de fauche

Afin de préserver au mieux quantité et qualité, Silvère Gelineau incite à prêter attention aux conditions de fauche : « il importe de faucher dès disparition de la rosée pour ne pas piéger l'eau dans les andains. Il faut aussi adopter une hauteur de fauche de 7-8 cm. Des andains plus larges assurent un séchage plus rapide du fourrage. » Sur le fanage et l'andainage après la fauche, subsiste un risque de pertes mécaniques et de contamination du fourrage par de la terre. Il est préférable d'intervenir le matin sur un fourrage réhumidifié. Sur un fourrage sensible et/ou sec, il faudra réduire la vitesse du tracteur et travailler à 350/450 tr/min. Pensez également à régler vos toupies pour éviter de gratter le sol. Sur l'étape de la conservation en silo, il importe de rechercher un PH assez bas afin de limiter le développement de micro-organismes. Arvalis a mesuré que l'activité biologique pouvait entraîner une perte en quantité de 5 % dans le cas d'un ensilage en laboratoire en bocaux parfaitement étanches et de 3 % en balles d'enrubannage parfaitement filmées et non empilées. « Il faut veiller, poursuit l'ingénieur d'Arvalis, à ensiler ou enrubanner un fourrage avec un taux de matière sèche adapté : 30 à 35 % de MS pour du maïs ensilage ou des graminées prairiales, 35 à 40 % pour des légumineuses et 50 à 60 % pour de l'enrubannage, ce qui représente un bon compromis entre la tenue des balles et le risque de moisissure. » Le silo doit également être bien tassé, par couches fines de 10 cm avec un engin lourd aux pneus gonflés et qu'il soit hermétique. Se pose enfin la question du recours à des conservateurs d'ensilage. Ils peuvent être biologiques (bactéries lactiques ou enzymes) ou chimiques (acide formique, acide propionique, sels, tanins) « mais ils servent à sécuriser les fourrages à risque et non à compenser des négligences lors des chantiers de récolte » conclut Silvère Gelineau.