Pas cool pour les MFR
L'aide à l'embauche d'apprentis est supprimée pour les formations après le bac, suite à la non-adoption de la loi de finances pour 2026. Les Maisons familiales et rurales sont forcément impactées.
Les maîtres d'apprentissage percevaient jusqu'à présent une aide de 5 000 euros pour accueillir un apprenti. La note montait même à 6 000 euros pour un apprenant en situation de handicap. Ce dispositif se retrouve gelé pour les formations post-bac, suite à la non-adoption de la loi des finances pour 2026. Dans les MFR, on fait grise mine et cela se comprend : cette aide était un réel coup de pouce pour les employeurs. « Les fébrilités du gouvernement nous inquiétaient depuis un petit moment déjà et cela n'a pas raté… C'est effectif depuis le 1er janvier : il n'y a plus d'aides pour l'alternance au-delà du bac. Forcément, c'est un coup dur pour les BTS, les licences pros et les Bachelors. Certaines de nos formations sont uniquement sur de l'apprentissage… S'il n'y a pas de signature de contrat, il n'y aura pas d'élève ! », déplore Sophie Chainey, directrice de la MFR de Quetigny. Celle-ci poursuit : « cette situation n'évoluera pas tant qu'il n'y aura pas de nouveau budget, et tant que le gouvernement ne se positionnera pas clairement sur les dotations à l'apprentissage. Cela est d'autant plus contraignant que nous avons déjà débuté notre campagne de recrutement pour l'an prochain avec un forum de l'orientation dès le 7 janvier. Et notre première porte ouverte de l'année est déjà le 31 janvier ».
Dur pour les CFA
Sophie Chainay a une pensée toute particulière pour un type d'établissement : « à la MFR, nous avons heureusement des plans B dans plusieurs cas de figure. Nous avons des formations initiales dans lesquelles un jeune sans maître d'apprentissage pourra se rabattre, à l'exception du BTS Acse que nous ne proposons que par alternance. Environ 170 de nos 230 apprenants ne sont d'ailleurs pas apprentis. Mais je pense à tous les CFA qui se sont créés dans le supérieur : la situation sera beaucoup plus alarmante pour eux. Cela ne fait aucun doute : les branches professionnelles vont monter au créneau ! ». La directrice rappelle que les formations avant le bac ne sont — fort heureusement — pas concernées par cette suppression d'aide : « le dispositif est inscrit dans la loi et le gouvernement ne peut pas revenir dessus, ouf ! Ceci étant dit, il est tout de même regrettable que l'éducation soit systématiquement la cinquième roue du carrosse : ce n'est pas la première fois que le budget n'est pas voté et nous sommes constamment impactés. Il y a déjà eu des contraintes sur l'apprentissage, des coups de rabais sur les investissements des lycées, sur les dispositifs du Conseil régional… Je pense aussi au service civique, au pass culture… ». Sophie Chainey regrette plusieurs orientations prises lors de la réforme du bac en 2020 : « les aides avaient été accordées à tout le monde, y compris à de très grandes entreprises qui n'en avaient pas vraiment besoin ! Les vannes étaient grandement ouvertes, nous payons toutes ces dérives aujourd'hui ».