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Sécurité

Le secours animalier s'entraîne en exploitations

Une équipe dédiée s'est montée en Saône-et-Loire, où 250 à 300 interventions concernent annuellement du secours aux animaux. Récemment, une quinzaine de femmes et d’hommes se sont exercés dans deux exploitations.

Par Frédéric Renaud
Le secours animalier s'entraîne en exploitations
Les sapeurs-pompiers volontaires pour se former au secours animalier ont appris à manipuler des chevaux...

« Je leur ai conseillé de garder une distance de sécurité avec les chevaux », déclare Adeline Commerçon. La jeune éleveuse de chevaux de Saint-Huruge, près de Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire, a accueilli pendant une demi-journée une équipe de sapeurs-pompiers désireux de se former au secours animalier. Dans la carrière de l’Écurie des Rêveries, des binômes et trinômes se sont exercés à poser des licols et à maîtriser le comportement d’un cheval. « Cette distance sert à prévenir d’éventuelles réactions de l'animal, ou qu’ils puissent les exprimer sans danger pour l’intervenant. Il y a une notion de taille à prendre en compte : l’animal est beaucoup plus imposant donc il a besoin de plus d’espace pour s’exprimer ». Les secouristes se sont entraînés dans des exploitations des environs. Avec un leitmotiv : « se tenir en sécurité soi-même quand on intervient », précisait le lieutenant Lionel Despouy, l’un des officiers encadrant la journée. Objectif ? « Pousser l’approche, la technicité et les équipements pour une prise en compte optimale et adaptée de l’animal à secourir en situation d’urgence. Depuis le début de leur formation, les apprenants ont arpenté refuges, parc animalier et exploitations agricoles, tout en rencontrant des éleveurs, vétérinaires, voire des fauconniers », continuait Lionel Despouy.

Rester calme

Pour accompagner la formation de cette équipe, « nous avons obtenu l’encadrement pédagogique des sapeurs-pompiers de Moselle qui disposent d’une structure aguerrie et d’un recul de plus de dix ans de pratique ». L’Écurie des Rêveries a fourni le cadre pour s’exercer à la maîtrise des chevaux. « Je leur ai expliqué le besoin de rester calmes. Comme ils le font dans des cas concrets avec des humains, l’essentiel est de conserver son sang-froid, même si l’animal est en panique », décrivait Adeline Commerçon. « Je leur ai conseillé d'abandonner la force face à des chevaux, car l’animal répond, lui aussi, par la force. Donc, le mieux est d’y aller en douceur ». Au menu des ateliers, « comprendre comment maîtriser un cheval, réaliser des nœuds et faire monter un cheval dans un van », poursuivaient Lionel Despouy et l’adjudant-chef Jean-Marc Picard. Les futurs secouristes animaliers sont aussi passés par un élevage ovin de Cluny. « Nous avons mené des exercices pour apprendre la manutention des ovins ». Avec des explications déterminantes de l'éleveur, ancien tondeur : « une des techniques les plus efficaces, ce serait de passer la main sous la ganache, puis de tourner la tête vers l’arrière », commentait Chloé, l’une des apprenantes. Le groupe a aussi remarqué l’utilisation importante d’une canne pour saisir les jarrets arrière et a trouvé un volontaire pour en fabriquer quelques-unes à l’identique. Les futurs sauveteurs ont évalué les dangers susceptibles de survenir sur une bétaillère accidentée. « Il faut notamment être prudents avec la porte arrière - dont l’ouverture, souvent décrite comme inhabituelle par ceux qui l’actionnent - provoque parfois des blessures », signalaient l'éleveur Éric Bernollin et des secouristes amenés dans leur profession à utiliser ces bétaillères.

Animaux inhabituels

Cette journée de pratique avec des animaux d’élevage se justifiait aisément, selon l’adjudant-chef Jean-Marc Picard. « Les trois quarts du département sont en zone d’élevage et des accidents surviennent, comme dans toutes les professions ». Entre 250 et 300 interventions de secours animalier ont lieu chaque année. Les sapeurs-pompiers croisent également des animaux inhabituels comme « les wallabys ou des nandous, des autruches, des individus imposants et qui courent parfois très vite ». Les interventions animalières revêtent aussi un caractère saisonnier. « Au printemps, les premières chaleurs amènent des cas avec des serpents ; lors des périodes de forte humidité, l’activité s’oriente vers des bovins et des équins pris dans les eaux », révélait Jean-Marc Picard. Les périodes sèches entraînent des situations « d’animaux enlisés à proximité de points d’eau ou de rivières ».