Le numérique s’ancre dans les exploitations agricoles
En quelques décennies, le numérique s’est imposé dans les exploitations agricoles françaises. De la gestion comptable aux outils d’aide à la décision, en passant par les équipements de précision, les robots et les automatismes, les technologies numériques accompagnent désormais de nombreuses tâches. Leur diffusion reste toutefois très dépendante de la taille des exploitations et des filières.
L’informatisation des exploitations agricoles françaises a débuté dès les années 1980, avec l’apparition de logiciels dédiés notamment à la gestion et à la comptabilité. En 1988, seuls 10 % des agriculteurs déclaraient posséder un ordinateur ou un Minitel pour leur activité professionnelle. Trente-cinq ans plus tard, le paysage a radicalement changé : en 2023, plus des trois quarts des exploitations disposent d’un accès à Internet. Cette proportion atteint même 90 % dans les exploitations de moyenne ou grande dimension économique.
Cette généralisation de la connexion s’est accompagnée du développement de l’agriculture de précision. Le numérique s’intègre désormais directement aux outils et services utilisés au quotidien, avec des niveaux d’équipement qui varient selon la taille des exploitations et les productions.
Les outils d’aide à la décision (OAD) en sont un exemple. En croisant les données collectées sur l’exploitation avec des informations extérieures, comme la météo ou les images satellitaires, ils permettent de formuler des recommandations, notamment pour les traitements phytosanitaires ou la fertilisation. En 2023, environ 40 % des exploitations spécialisées en grandes cultures, en viticulture ou en polyculture-élevage y avaient recours. C’est également le cas de 40 % des élevages bovins lait et de 32 % des élevages granivores, notamment pour gérer les surfaces destinées à l’alimentation animale.
Des équipements adaptés à chaque filière
Dans les productions végétales, le numérique est largement mobilisé pour optimiser l’utilisation des intrants. Les trois quarts des équipements de précision répondent à cet objectif. Systèmes de guidage haute précision, capteurs de vitesse d’avancement ou encore dispositifs de coupure automatique des tronçons permettent ainsi d’ajuster les interventions au plus près des besoins des parcelles.
En élevage, les usages diffèrent. Près de 71 % des équipements de précision sont consacrés à la surveillance des animaux, au suivi continu de leur état de santé ou à la régulation automatisée des bâtiments. Température, ventilation ou brumisation peuvent ainsi être pilotées automatiquement.
La robotisation, elle, a fait son entrée dans les exploitations françaises dans les années 1990 avec les premiers robots de traite. Malgré l’arrivée de nouvelles technologies, ces équipements restent les robots agricoles les plus répandus. En 2023, près d’un quart des exploitations détenant plus de 50 vaches laitières déclarait en être équipé.
Robotisation : l’élevage en tête
À côté des robots, les automates permettent de réduire l’astreinte liée à certaines tâches répétitives. Nettoyage des sols, paillage des litières ou alimentation des animaux peuvent notamment être automatisés. Au total, les deux tiers des exploitations bovines lait ou mixtes, associant productions de lait et de viande, disposent d’un robot ou d’un système automatisé.
Dans les productions végétales, la robotisation reste en revanche émergente. Près d’un millier d’exploitations sont aujourd’hui équipées, principalement en maraîchage et en horticulture. Les robots y réalisent des opérations difficiles à mécaniser, comme le binage, l’effeuillage ou certaines étapes de récolte. Leur développement reste néanmoins freiné par le coût des machines et par la complexité des environnements ouverts que constituent les parcelles agricoles.
Du suivi des animaux à la gestion des intrants, en passant par l’automatisation des tâches, le numérique est ainsi devenu un outil à part entière de la conduite des exploitations. Si son adoption progresse, elle demeure étroitement liée aux besoins de chaque filière et aux capacités d’investissement des exploitations.
(1) Source Insee (Économie et société à l'ère du numérique - Édition 2025)